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isolants naturels Un choix de plus en plus avantageux

L’environnement et la crise énergétique rendent les isolants naturels de plus en plus intéressants en rénovation comme en construction. Ils sont particulièrement durables et deviennent compétitifs en termes de prix, mais ce ne sont pas leurs seuls avantages.

Temps de lecture: 5 min

Quiconque souhaite isoler son bâtiment a aujourd’hui un choix assez étendu en termes de matériaux à utiliser. Parmi ceux-ci, il y a les isolants biosourcés ou naturels (fibre de bois, laine de mouton, chanvre). Ces derniers suscitent encore parfois la méfiance or les isolants issus des filières végétale, animale et du recyclage s’imposent de plus en plus comme un choix avantageux.

Le premier argument en leur faveur est d’ordre écologique car la grande majorité des isolants naturels affichent un bilan carbone neutre ou négatif étant donné qu’ils ne nécessitent pas d’extraction ni de transformations très énergivores. Beaucoup sont également produits en Belgique, ce qui permet de développer des filières locales tout en réduisant les transports.

Ces éléments font qu’aujourd’hui, les isolants naturels affichent des tarifs assez similaires aux autres isolants. « La production d’isolants pétrochimiques réclame beaucoup d’énergie ainsi que des transports importants et comme les coûts de ceux-ci explosent, cela se répercute désormais sur les prix des produits », explique Jeremy Boomer, cofondateur de Natura Mater, entreprise qui accompagne les professionnels de la construction dans le choix, l’achat et l’utilisation de matériaux durables. « Les isolants naturels, quant à eux, impliquent peu de transformations énergivores et moins de transports, donc leurs prix sont beaucoup plus stables et prévisibles. Ils sont aussi généralement faits à base de sous-produits et ne concurrencent donc pas d’autres filières économiques. »

En termes de performance, les isolants naturels possèdent généralement un pouvoir isolant (valeur lambda) moins élevé que ceux d’origine pétrochimique, ce qui signifie qu’il faudra utiliser plus de volume de matériau pour obtenir le même résultat. « Par contre, grâce à leur masse et leur densité, les isolants végétaux empêchent mieux la chaleur d’entrer dans l’habitation en été », précise Jeremy Boomer. « Les isolants naturels sont aussi beaucoup plus durables dans le temps et ont généralement une bonne capacité à réguler l’humidité. »

On peut ajouter à cela qu’ils sont plus sains, aussi bien pour les habitants que pour les ouvriers qui les mettent en œuvre.

Pour ces raisons et parce qu’ils sont produits localement, Jeremy Boomer estime que « c’est presque un non-sens de ne pas utiliser d’isolants naturels en Belgique aujourd’hui ». Il existe par ailleurs une assez large variété de solutions, ce qui devrait permettre à chacun de trouver la plus adaptée à ses besoins. En voici un aperçu :

La fibre ou laine de bois

Disponible sous forme de panneaux, matelas ou en vrac, elle est généralement fabriquée à base des résidus de scierie. C’est un matériau facilement recyclable avec de bonnes capacités d’isolation thermique et acoustique. La fibre de bois est par ailleurs assez facile à trouver et profite du fait que la filière bois est déjà bien avancée en matière de normes et de certifications. A l’inverse, l’importance de la filière bois implique que cet isolant est parfois produit dans de grandes industries qui ne sont pas locales.

La laine de mouton

Peu connue et peu répandue, elle présente encore quelques lacunes en termes de certifications et est donc surtout adaptée aux auto-constructeurs. La laine de mouton a néanmoins des propriétés intéressantes, comme le fait qu’elle résiste à l’humidité et convient très bien aux vieilles demeures car elle épouse facilement les irrégularités des parois. « C’est vraiment une ressource à valoriser car actuellement, en Belgique, une grande majorité de la laine de mouton est brûlée faute de filières suffisantes pour la tisser », souligne Jeremy Boomer.

Le chanvre

Il se décline sous forme de panneaux ou rouleaux isolants, mais peut aussi être intégré directement à des blocs de maçonnerie non porteurs. Le chanvre régule bien l’humidité et a généralement un bilan carbone négatif. Sa culture ne nécessite pas d’engrais ni de pesticides et contribue à la biodiversité. C’est par ailleurs un produit local par excellence puisqu’il existe en Belgique des cultures et des sites de fabrication d’isolants à base de chanvre.

L’herbe

Déclinée sous forme de panneaux isolants, elle est aussi un produit belge par excellence. La filière utilise de l’herbe « perdue » provenant notamment de terrains non utilisés pour l’alimentation animale. Cette ressource est largement disponible et rapidement renouvelable, et la production d’isolants à base d’herbe dispose encore de grandes marges de progression. Le procédé de fabrication des panneaux est particulièrement vertueux puisqu’il ne génère pas de déchets et permet de produire du biogaz. Les isolants en herbe offrent globalement une bonne protection contre le froid et la chaleur, et garantissent une protection contre le feu, les champignons et les parasites.

Le coton recyclé

Les panneaux, rouleaux et flocons en vrac d’isolants en coton sont fabriqués à partir de fibres textiles recyclées issues principalement de jeans et vêtements en fin de vie. Emmaüs a mis en place une filière de ce type en France et les isolants sont notamment produits dans des usines qui favorisent l’insertion de personnes en situation d’exclusion. Outre ses propriétés thermiques, le coton offre aussi une bonne isolation acoustique.

La paille

Souvent oubliée, la paille est un isolant performant et avec un très bon bilan carbone, notamment car elle nécessite très peu de transformation. Elle peut être utilisée en vrac et mêlée par exemple à d’autres matériaux comme de la terre crue pour assurer le remplissage de murs, cloisons, toitures, etc. On peut également employer directement des bottes de paille comme isolant. Le principal inconvénient est l’épaisseur : il existe des ballots relativement fins (une vingtaine ou trentaine de centimètres de large) mais ceux-ci ne se prêtent cependant pas à tous les projets.

 

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