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Affaire Van Quickenborne: l’enquête se poursuit «tous azimuts», en attendant la remise de quatre suspects

Quatre suspects néerlandais interpellés samedi et dimanche à La Haye s’opposent à la demande de remise de la Belgique. Ils ne seront pas auditionnés sur le projet présumé d’enlèvement du ministre de la Justice avant plusieurs semaines.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

L’enquête « se poursuit assez intensivement, tous azimuts », indique lundi le parquet fédéral à propos du projet présumé d’enlèvement du ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD). En attendant un devoir d’enquête qualifié de « crucial et essentiel » : l’audition de quatre suspects de cette tentative de rapt, tous arrêtés aux Pays-Bas, à La Haye.

Ce lundi, quatre hommes âgés de 20, 21, 29 et 48 ans ont comparu devant le procureur du Roi à Amsterdam. La Belgique demande leur remise, en exécution du mandat d’arrêt européen les concernant. Si les suspects avaient accepté une procédure de transfert accélérée, ils auraient pu être transférés en Belgique dans les dix jours. Mais ils ont choisi de s’y opposer. Conséquence : la procédure implique que le tribunal d’Amsterdam doit se prononcer dans les 60 jours sur une remise éventuelle. Les individus restent en détention.

Mandat d’arrêt européen

En tout état de cause, l’audition de ces quatre hommes sur le fond du dossier ne pourra se faire que dans plusieurs semaines. Ce qui n’empêche pas le parquet fédéral, le juge d’instruction et les enquêteurs de faire progresser leurs investigations : on pense à des vérifications de téléphonie, de perquisitions aux domiciles des suspects ou dans leur environnement… Exemple ? Les enquêteurs vont tâcher de vérifier si un lien matériel peut être établi entre la voiture volée, retrouvée vendredi matin chargée d’une arme automatique et d’un bidon d’essence près du domicile du ministre, et les quatre Néerlandais contrôlés (par hasard) jeudi après-midi non loin de là. Trois d’entre eux ont été arrêtés à La Haye dans la nuit de vendredi à samedi, le quatrième a été interpellé dimanche après-midi.

Rendez-vous annulés

Jeudi passé, le procureur fédéral avait informé le vice-Premier et ministre de la Justice Open VLD d’un projet violent le concernant, émanant d’un groupe criminel actif dans le trafic de drogue. Simultanément, quatre Néerlandais ont été contrôlés non loin du domicile de Vincent Van Quickenborne, à Courtrai. Le lendemain, la police a découvert une Renault Mégane volée dans le quartier, avec à bord cette arme de type kalachnikov et de quoi incendier le véhicule. Le ministre a lui-même avoué avoir échappé de justesse à une tentative d’enlèvement.

Depuis, Vincent Van Quickenborne et sa famille ont été placés sous protection rapprochée et mis en lieu sûr. L’agenda ministériel a été fortement allégé et le ministre de la Justice devrait rester sous protection un certain temps. Pour preuve ? Ce lundi après-midi était prévue une réunion spéciale à la Chambre, une commission réunie de l’Intérieur et de la Justice, dont M. Van Quickenborne était le protagoniste. Elle a été annulée en début de matinée, reportée à une date inconnue.

Le thème de cette commission : l’escalade de la violence liée à la drogue.

 

Drogues: scanner 100% des containers «à risque» pour lutter contre le trafic

La menace contre Vincent Van Quickenborne braque à nouveau le projecteur sur la problématique de la lutte contre le trafic organisé de stupéfiants. Tour d’horizon des principales mesures sur la table du gouvernement.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 4 min

La menace planant sur le ministre de la Justice vient une nouvelle fois braquer le projecteur sur une problématique qui s’est largement imposée dans le débat public cette année : celle des moyens de l’Etat dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Car si la question de savoir si la Belgique risque de devenir un « narco-Etat » se doit d’être traitée avec une grande prudence, force est de constater que l’on s’accorde de part et d’autre de l’échiquier politique pour reconnaître que l’heure est grave. Face au constat, la réponse gouvernementale a pris pour l’heure la forme d’un « Stroomplan XXL », pensé comme un assemblage de mesures émanant des ministres de la Justice, de l’Intérieur, des Finances et de la Santé.

L’effet a été présenté en grande pompe il y a deux semaines aux bourgmestres du pays par Alexander De Croo lui-même. Annoncé avec beaucoup d’enthousiasme, le dispositif laisse songeurs certains spécialistes de ces questions, tant au sein de la Vivaldi que de l’opposition. « Je dois le déplorer, mais c’est insuffisant » constate ainsi Ahmed Laaouej, président du groupe PS à la Chambre et membre de la commission Intérieur, tandis que Vanessa Matz (les Engagés), qui suit depuis des années les matières policières à la Chambre, évoque « des mesures sans cesse recyclées et annoncées comme nouvelles ». Mais de quoi parle-t-on au juste ? Tour d’horizon des principales mesures sur la table.

1

(Un peu) plus de policiers pour la PJ

Annelies Verlinden (CD&V), la ministre de l’Intérieur, a fait du recrutement annuel de 1.600 policiers l’une de ses principales promesses pour cette législature. Une promesse qui n’est pour l’heure pas vraiment en mesure de tempérer les inquiétudes exprimées par les cadres de la police judiciaire fédérale (PJF), en première ligne dans la lutte contre le crime organisé. A ce stade, un renfort de 195 enquêteurs leur est promis d’ici 2024. Assez pour rassurer la chaîne judiciaire ? Dans un discours prononcé lors de la présentation du Stroomplan XXL, le procureur général de Bruxelles, Johan Delmulle a estimé que c’était « un pas dans la bonne direction ». Avant d’ajouter : « Mais nous ne pourrons vraiment pas inverser la tendance avec cela. »

2

100 % des containers « à risque » scannés, sur le long terme

En 2021, les douanes annonçaient un record de 90 tonnes de cocaïne saisies à Anvers. Le sommet seulement de la montagne de poudreuse qui transiterait annuellement par le port. Mais l’objectif annoncé, désormais, est celui d’un contrôle effectif de 100 % des containers « à risque » transitant par la métropole. Ni plus, ni moins. Une ambition qui ne pourra être atteinte qu’à long terme, reconnaît Kristian Vanderwaeren, administrateur général des douanes, rappelant que, pour l’heure, ses services scannent en réalité « entre 1,5 et 2 % des containers qui arrivent à Anvers ». Le fédéral entend accélérer la tendance à l’aide d’un investissement de 70 millions d’euros, qui doit permettre le recrutement de 108 nouveaux douaniers et l’achat de cinq scanners qui permettront d’analyser le contenu des containers directement depuis les principaux terminaux du port.

3

De nouvelles prérogatives pour les bourgmestres

Un projet de loi concocté par Verlinden permettra bientôt aux bourgmestres de faire fermer sur leur territoire les commerces jugés « douteux », et ce sur base de l’existence d’un « risque sérieux démontrable ». Une manière de répondre à la demande de plusieurs maïeurs s’estimant désarmés au niveau local pour lutter contre le blanchiment d’argent lié aux stups. Le texte est récemment passé en première lecture au sein du conseil des ministres.

4

Un fonds dédié pour la justice ?

Si elle ne semble pas figurer à proprement parler sur la table du gouvernement, une autre piste a récemment été lancée par le procureur général de Bruxelles Johan Delmulle. Il s’agit de la création d’un fonds Justice, vers lequel serait redirigé un pourcentage fixe des montants perçus par l’Etat grâce aux transactions pénales, aux amendes pénales et aux confiscations judiciaires. « Une partie importante du produit de ce fonds pourra ensuite être affectée, de manière récurrente à la police judiciaire fédérale et au ministère public », fait valoir Delmulle, catégorique. « Un tel fonds doit être créé. Nous ne pouvons vraiment plus attendre. » Si, à ce stade, le ministre de la Justice ne s’est pas publiquement exprimé au sujet de cette piste, au sein de la majorité, l’idée semble faire son chemin. « A la base, je ne suis pas favorable au principe d’affectation des recettes », évoque ainsi Ahmed Laaouej. « Mais s’il faut passer par ça pour faire évoluer les choses, je ne suis pas fermé. »

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5 Commentaires

  • Posté par El Pasajero , lundi 26 septembre 2022, 18:49

    Cette justice à deux vitesses, une pour les puissants et une autre pour le peuple me donne envie de vomir.

  • Posté par Visiteur, mardi 27 septembre 2022, 12:49

    Compréhension d'un texte écrit ?

  • Posté par Visiteur, mardi 27 septembre 2022, 12:47

    @ J Delhait. " les petits voleurs sont envoyés en prison " Faut remettre votre logiciel à jour. Des gars ( insolvables ) libérés quelques heures apres leur larcin , qui se trouvent être des multi multi récidivistes , jamais entendu parler ? Par contre le vrai sujet , que la Belgique devient un narco état ne semble choquer personne

  • Posté par Jeanine Delhait, mardi 27 septembre 2022, 8:14

    @MO, n'empêche que c'est une justice à deux vitesses selon que vous êtes puissant ou pas. Il y a plein de cas qui le démontrent. alors que les petits voleurs sont envoyés en prison, les grands voleurs eux sont envoyés au sénats, parlements, ministères, intercommunales, sociétés détenues par les états, etc... c'est partout la même chose

  • Posté par massacry olivier, lundi 26 septembre 2022, 19:24

    Relisez donc l'article, il n'est pas question de procès belge.

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