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Le Nobel de littérature décerné à Annie Ernaux

L’écrivaine française Annie Ernaux a été récompensée par le Prix Nobel ce jeudi à 13 h. Pour son «courage et l’acuité clinique avec lesquels elle met au jour les racines, les ruptures et les contraintes collectives de la mémoire personnelle».

Responsable des "Livres du Soir" Temps de lecture: 3 min

C’est une récompense cent fois méritée. Annie Ernaux est sans conteste un des écrivaines phares de notre époque. Elle a creusé profond en elle-même pour en extirper ce qui l’a construite et détruite. Et par l’écriture, pour se retrouver une identité. Née Annie Duchesne le 1er septembre 1940 dans un milieu modeste, elle a commencé comme professeur de lettres, avant de se lancer dans l’écriture en 1974 avec Les armoires vides. En 1984, elle reçoit le Prix Renaudot pour La place. Suivent une vingtaine de titres, souvent autobiographiques, dont le plus connu est sans doute Les Années, en 2008. Son dernier livre a été publié cette année, Le jeune homme. Chaque fois chez Gallimard.

Une femme récompensée

Ce qui fait Annie Ernaux, c’est, outre l’introspection et l’analyse fine des racines de chacun et l’étude précise de la condition humaine particulièrement dans les milieux défavorisés, c’est son écriture, dénuée d’émotions. Une écriture neutre, « sans jugement, sans métaphore, sans comparaison romanesque », objectif, « qui ne valorise ni ne dévalorise les faits racontés », cherchant ainsi à « rester dans la ligne des faits historiques, du document », comme elle dit. Une écriture froide, ont lancé certains critiques. Non : une écriture juste. Qui n’oublie rien de ce qui fait la vie quotidienne des gens : le métro, le RER, le supermarché, la rue, sujets littéraires que d’autres écrivains ont rarement mis en valeur.

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Au moins d’août, Annie Ernaux avait accordé un entretien à notre consœur du Soir Joëlle Meskens, à l’occasion de la projection, à l’Intime Festival de Namur, du film Les Années Super 8, qu’elle venait de réaliser avec son fils David Ernaux-Briot. Elle nous avait parlé du temps, du féminisme et de la question sociale. Pour elle, l’écriture est plus importante que la vie. « C’est quelque chose que je constate depuis mes vingt ans. C’est un peu indépendant de ma volonté. C’est idiot de dire ça, bien sûr. L’écriture n’est pas plus importante que la vie. Mais elle accompagne ma vie dans un lien qui est vraiment étroit. Ce n’est tout simplement pas possible pour moi d’imaginer ma vie sans l’écriture. »

Au moment de la proclamation de la décision du jury, à Stockholm, le secrétaire de l’académie du Nobel a avoué n’avoir pas pu joindre Mme Ernaux pour lui annoncer la bonne nouvelle. Ce Nobel, pour elle, c’est le couronnement d’une carrière. Et aussi 10 millions de couronnes suédoises (soit 922. 000 €) qui lui seront données le 10 décembre. Annie Ernaux est le 16e écrivain français à être couronné du Nobel. Et la 17e femme seulement, sur 119 Nobel de littérature.

 

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2 Commentaires

  • Posté par Adolphe BoniZeur, president du Waalse Belang, jeudi 6 octobre 2022, 13:30

    Gauchiste, féministe, bref, rien dehors de la Doxa

  • Posté par massacry olivier, jeudi 6 octobre 2022, 15:42

    Tu peux pas comprendre, on parle ici de Littérature.

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