Sortie de l’Euro interdite pour les Diables

A l’image de De Bruyne, dont la Belgique attend beaucoup, Mertens, Nainggolan et Dembélé, les Diables étaient relax avant de mettre le cap sur Toulouse. © Photo News
A l’image de De Bruyne, dont la Belgique attend beaucoup, Mertens, Nainggolan et Dembélé, les Diables étaient relax avant de mettre le cap sur Toulouse. © Photo News -

Toute sortie est définitive. C’est presque écrit noir sur blanc au tableau de l’Euro comme d’ordinaire aux portes d’accès des stades. Les règles du jeu vont changer dès ce week-end, mais seulement en apparence. Cette phase à élimination directe qui s’amorce dans 2 parties de tableau parfaitement déséquilibrées (Allemagne, Espagne, Italie, Angleterre et France sont dans le même hémisphère des angoisses existentielles), les Diables l’ont déjà appréhendée au cours des deux derniers matchs. Dont ils sont sortis sans casse, mais sans rassurer pleinement non plus.

Les voilà aujourd’hui affublés d’une étiquette de favoris de leur partie de tableau, avec le Portugal et la Croatie qui s’affrontent samedi. Pourtant rompu à la critique, Marc Wilmots va devoir s’habituer à vivre avec une pression qu’il n’a peut-être jamais connue depuis ses débuts dans le métier d’entraîneur tant elle émanera, cette fois, de tous, partisans comme détracteurs.

L’occasion de gagner s’est aujourd’hui muée en interdiction de perdre. Le pile ou face inhérent à toute forme de compétition a réussi le pari presque surnaturel de retomber sur les deux faces en même temps : d’un côté la Belgique ne pouvait rêver de perspectives plus ouvertes alors que de l’autre, cette possibilité accroît la tension qui va régner autour de l’équipe nationale au cours de ces prochains jours.

Au micro de la RTBF (qui avait bénéficié de l’exclusivité du temps de parole du sélectionneur vendredi après-midi en vertu de la détention des droits TV), ce dernier a clairement admis qu’une sortie anticipée de l’Euro prendrait des allures de drame national : «  On n’accepte plus une seule défaite (…). Il faut donc trouver le bon équilibre, regarder le bilan de ces 4 dernières années. (…) Chaque élimination est un échec. (…). Si on est éliminé, tout le monde va partir avec un goût amer, nous les premiers. On part peut-être avec 60 % de chances, mais cela ne veut rien dire.  »

A la veille de se lancer de plain-pied dans ce qui constituera le défi de leur carrière et peut-être leur bâton de maréchal, les Diables de la génération dorée ont déjà jaugé le poids de leurs responsabilités. Ils seront les seuls à même de les soulager jusqu’à une inversion des rôles prévue pour un peu plus tard dans le tournoi. En attendant, il conviendra de rester en vie dans cette douce France qui fait sa révolution du printemps 98 au son d’un hymne ressuscité de Gloria Gaynor.

Et si l’Union belge contactait d’urgence Stromae et faisait appel à son génie créatif pour concocter une version décalée d’I Will Survive  ?

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