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Egypte: sur fond de COP27, le prisonnier politique Alaa Abdel Fattah entame une grève de la soif

Militant laïc de la démocratie et des droits humains, Alaa Abdel Fattah vit en prison de condamnation en condamnation depuis dix ans. En grève de la faim depuis le 6 avril, il entame ce jour, sur fond de COP27, une grève de la soif qui met sa vie en danger à très court terme.

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Un homme va-t-il mourir dans sa cellule au Caire d’ici quelques jours ? C’est un scénario plus que plausible. Alaa Abdel Fattah, 40 ans, fait partie des dizaines de milliers de prisonniers politiques en Egypte. C’est aussi l’un des plus célèbres. Depuis la révolution de 2011, il a connu peu de périodes de liberté. Le régime ultra-répressif du maréchal Sissi, instauré après le coup d’Etat de 2013, en a visiblement fait une de ses cibles principales, lui, le laïc qui se bat pour la démocratie et pour les droits de l’homme.

Le 6 avril dernier, il y a sept mois, il avait entamé une grève de la faim, ne buvant plus que de l’eau avec une solution salée et un peu de miel, soit 100 calories par jour au lieu des 2.000 nécessaires. Depuis ce dimanche 6 novembre, jour d’ouverture de la grand-messe environnementale à Charm el-Cheikh, en Egypte (la fameuse COP27), Alaa Abdel Fattah a décidé de faire également la grève de la soif. C’est-à-dire que s’il n’est pas très vite libéré, lui qui est déjà très affaibli mourra dans les jours qui suivent.

Sa dernière lettre

Voici le contenu de la dernière lettre qu’il a réussi à adresser à sa famille : « Lorsque les lumières s’allumeront le dimanche 6 novembre, je boirai mon dernier verre d’eau. Ce qui suivra est inconnu. Cette semaine a été légère et la prochaine le sera aussi. J’ai poursuivi ma routine comme si de rien n’était parce que j’ai pris la décision de passer à l’escalade à un moment que je considère comme approprié pour ma lutte pour ma liberté et la liberté des prisonniers d’un conflit auquel ils n’ont pas participé ou auquel ils essaient d’échapper ; pour les victimes d’un régime qui est incapable de gérer ses crises autrement que par l’oppression, incapable de se perpétuer autrement que par l’emprisonnement. La décision a été prise alors que je suis submergé par votre amour et que je désire ardemment vous retrouver. »

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La famille du prisonnier espère que la délégation britannique emmenée par le nouveau Premier ministre Rishi Sunak réussira à faire bouger le régime. Alaa dispose en effet de la double nationalité égypto-britannique. Cet espoir se fonde sur la réaction de Rishi Sunak qui a écrit à Sanaa, une des sœurs d’Alaa, que le cas de l’écrivain emprisonné était « une priorité pour le gouvernement britannique, à la fois en tant que défenseur des droits de l’homme et en tant que ressortissant britannique ».

Abdel Fatah al-Sissi voudra-t-il que « sa » COP27 soit ternie par la mort, par le martyre, d’un innocent dans ses prisons ?

 

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