Accueil Énergie

Engie profite largement des prix de l’électricité élevés

Le chiffre d’affaires de l’énergéticien a augmenté de 85 % sur les neuf premiers mois de l’année. Les centrales nucléaires belges lui ont rapporté 984 millions d’euros. Le groupe reconnaît que les discussions avec le gouvernement belge sur la prolongation des centrales nucléaires patinent.

Temps de lecture: 3 min

Le groupe énergétique français Engie a relevé ses objectifs pour l’année 2022 après des résultats en hausse au troisième trimestre, portés par les cours élevés de l’énergie et la croissance de la plupart de ses activités. Le résultat net récurrent (hors exceptionnels) du groupe devrait désormais se situer dans une fourchette de 4,9 à 5,5 milliards d’euros, indique l’énergéticien, qui a vu son chiffre d’affaires bondir de plus de 85 % sur neuf mois, à 69,3 milliards d’euros. Son résultat d’exploitation (Ebit) est à 7,3 milliards, en hausse de 84,4 %. Sur ce montant, 984 millions d’euros proviennent de l’activité nucléaire du groupe français, à savoir les centrales belges de Doel et Tihange.

Le principal fournisseur de gaz en France s’est aussi dit « confiant » dans sa capacité d’approvisionnement pour l’hiver prochain, sans gaz russe. Engie, dont l’État français détient près de 24 %, a continué de réduire son exposition aux volumes achetés précédemment à Gazprom, à un niveau aujourd’hui « epsilonesque » selon les termes de Pierre-François Riolacci, directeur général adjoint Finances, RSE et Achats. « Pour l’hiver 2023-24, le groupe reste confiant dans le fait que les volumes supplémentaires contractés par le biais de nouvelles sources d’approvisionnement y compris le gaz naturel liquéfié, ainsi qu’une diminution attendue de la demande, contribueront à remplacer le besoin en gaz provenant de Russie et à atteindre les niveaux de stockage requis », indique le communiqué.

Prime de 1.500 euros pour le personnel

« Notre situation financière nous permet de contribuer à la gestion de crise à travers la mobilisation de notre trésorerie, les mécanismes gouvernementaux de partage des bénéfices, ainsi que des dispositifs d’accompagnement de nos clients », a indiqué la directrice générale du groupe, Catherine MacGregor. Le personnel de l’entreprise devrait pour sa part recevoir une prime exceptionnelle de 1.500 euros, a annoncé le groupe.

Une partie des bénéfices revient au trésor public belge par le biais de la contribution de répartition (ou « taxe nucléaire »). Selon les dernières estimations du gouvernement belge, cette taxe devrait rapporter un peu moins de 1,6 milliard d’euros pour les années 2022 et 2023. De son côté, Engie, indique avoir déjà versé 900 millions d’euros au total aux Etats belge et français pour les neuf premiers mois de l’année.

À lire aussi La Belgique va prendre une (petite) part des profits colossaux des groupes pétroliers

Enfin, en marge de la présentation des résultats, l’énergéticien a reconnu que les négociations avec le gouvernement belge autour de la prolongation des réacteurs nucléaires Doel 4 et Tihange 3 jusqu’en 2035 « ont pris du retard ». Mais « les discussions avec le gouvernement belge se poursuivent », affirme Engie. Le groupe souligne toutefois travailler « de manière constructive » avec l’Etat belge pour contribuer à la sécurité d’approvisionnement énergétique en Belgique.

À lire aussi Nucléaire: sur la prolongation, le gouffre reste immense entre Engie et le gouvernement

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

10 Commentaires

  • Posté par Wauters Georges, jeudi 10 novembre 2022, 22:30

    On rappellera que pour le MR les surprofits ça n existent pas

  • Posté par Wauters Georges, vendredi 11 novembre 2022, 15:20

    Pauvre M Mauer, la gestion d entreprise c est précisément mon métier! J ai effectivement plein de formules différentes pour calculer les surprofits mais l UE a déjà fixé un cadre. Je peux toutefois vous suggérer par exemple une formule inspirée de celle utilisée pour les allocations de quotas co2: on définit un prix moyen de production par type d énergie, on y ajoute une marge normalisée pour le producteur (20 à 30%) on multiplie par le nombre de MWH produits et on compare par rapport au prix de vente. Pas très compliqué, à faire certifier par un réviseur d entreprises (comme pour les émissions de co2) et vous avez votre base de taxation complémentaire. A votre disposition pour pleins d autres suggestions si vous le souhaitez

  • Posté par Mauer Marc, vendredi 11 novembre 2022, 8:22

    Mais non, les « surprofits », cela n’existe pas ! Il n’y a pas de règle précisant ce que sont des profits normaux, et les autres. Rien dans la loi ne limite ou n’encadre ceux-ci. Il faut déjà savoir que les fameux « surprofits » sont déjà normalement taxés, comme les profits normaux, et comment veux-tu les définir ? Par rapport à l’exercice -1 ? Et si celui-ci était catastrophique ? Et si le prochain l’est ? Et dans quelle proportion ? Toute augmentation des bénéfices doit elle alors être considérée comme un « surprofit »? C’est insupportable d’entendre des âneries de ce type, prononcées évidemment par des gens qui n’ont pas la moindre idée de ce qu’est la gestion d’une entreprise ! Il faut faire une loi ? Faisons là ! Mais ne soyons pas surpris si en fin d’exercice les sociétés lèvent le pied, pour reporter du CA sur l’exercice suivant pour éviter un impôt excessif. Demandez à un salarié s’il accepterait d’être surtaxé sur une sur augmentation. Si tel était le cas, il prendrait des vacances et arrêterait de travailler, et c’est normal !

  • Posté par Otte Gérard, jeudi 10 novembre 2022, 22:19

    C'est quand même d'une hypocrisie non epsilonesque de se vanter d'un approvisionnement en gaz liquéfié, produit aux USA provenant en grande partie d'hydrocarbures séquestrés dans la roche par fracturation hydraulique, alors même que ce procédé est interdit en France. TotalEnergie n'a rien non plus à lui envier à cet égard.

  • Posté par Mauer Marc, jeudi 10 novembre 2022, 17:40

    Il s’agit d’une société commerciale, dont le but est de gagner de l’argent. Si quelqu’un a une autre idée, je suis preneur. Ce n’est pas Engie qui a généré la situation. Va-t-on faire une scène au fabricants de parapluies car il gagne de l’argent quand il pleut ?

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Énergie

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une