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Annonce de Trump: ce que pourrait dire l’ancien président américain

Donald Trump avait promis une « très grande annonce » ce mardi, prédisant qu’il pourrait s’agir de « l’une des journées les plus importantes de l’histoire de notre pays ».

Temps de lecture: 4 min

Il s’apprête à redescendre dans l’arène : Donald Trump devrait annoncer mardi sa candidature à la présidentielle américaine de 2024, ignorant les appels d’une partie de son camp à se retirer du jeu après les piètres performances de ses poulains aux élections de mi-mandat.

Le milliardaire républicain a promis une « très grande annonce » depuis sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago, en Floride, à 21h locales (3h mercredi, heure belge) – dont la teneur ne suscite plus vraiment de suspense mais qui devrait néanmoins ravir ses millions de partisans.

Son conseiller Jason Miller a promis une déclaration « très professionnelle, très soignée », lors de laquelle l’ancien président sera entouré d’un gros groupe de militants « brandissant des pancartes ». Connu pour son caractère imprévisible, Donald Trump, qui flirte depuis des mois avec l’idée de se représenter, pourrait encore chambouler le calendrier à la dernière minute.

Une reculade serait toutefois difficile, tant il a fait monter les attentes. L’homme d’affaires a prédit que mardi pourrait bien être « l’une des journées les plus importantes de l’histoire de notre pays ».

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Pas de « vague géante »

Arrivé au pouvoir en novembre 2016 dans un scénario politique inédit qu’aucun, ou presque, n’avait prédit, Donald Trump avait bafoué tous les usages pendant sa présidence. Il avait quitté Washington dans le chaos après avoir échoué à se faire réélire face à Joe Biden – une défaite qu’il n’a jamais reconnue. Cette nouvelle candidature serait donc la troisième du septuagénaire à la Maison Blanche.

Elle préfigure aussi un possible remake de la présidentielle de 2020 : le président Biden a récemment réaffirmé son « intention » de briguer un deuxième mandat, bien qu’il ait pris soin de repousser toute décision définitive à l’année prochaine.

Allait-il se déclarer candidat avant même la fin des « midterms » ? Les rumeurs allaient bon train ces dernières semaines sur une annonce imminente de Donald Trump, l’ex-président étant alors déterminé à surfer sur le succès pressenti des Républicains aux élections du 8 novembre pour reconquérir le pouvoir.

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Mais la « vague géante » prédite avec beaucoup d’aplomb par les conservateurs ne s’est pas matérialisée, loin de là : le parti démocrate du président Biden s’est assuré ce week-end de garder le contrôle du Sénat, et pourrait même élargir sa majorité, déjouant les prédictions des sondeurs.

Les Républicains reprendront eux très probablement la Chambre des représentants aux Démocrates, mais avec une majorité significativement plus faible que prévu. Pour ne rien arranger, une de ses proches alliés, Kari Lake, a échoué lundi à s’emparer du siège convoité de gouverneure de l’Arizona.

Cette performance plus que mitigée du camp républicain, notamment de la part de candidats adoubés par Donald Trump, a terni la réputation de faiseur de rois du tribun. Plusieurs voix influentes dans le camp conservateur ont ainsi appelé le magnat de l’immobilier à s’écarter du leadership républicain, jetant une ombre sur ses projets présidentiels.

Duel en Floride ?

Une partie de l’électorat conservateur s’est déjà tourné vers un autre possible prétendant à la Maison Blanche et résident de Floride : son gouverneur Ron DeSantis. Le quadragénaire, nouvelle star de la droite dure, qui sort lui renforcé des élections de mi-mandat, a assuré que son combat « ne faisait que commencer ».

Mais Donald Trump conserve pour le moment une popularité indéniable auprès de sa base, une marée de casquettes rouges qui continue d’affluer à ses meetings de campagne. La majorité des sondages le donnent d’ailleurs toujours gagnant d’une primaire républicaine.

Un obstacle pourrait toutefois compliquer l’ascension de Donald Trump vers la Maison Blanche : ses nombreux ennuis judiciaires, qui pourraient finir par le disqualifier. L’ancien président est visé par plusieurs enquêtes pour son rôle dans l’attaque contre le siège du Congrès le 6 janvier 2021 ou sa gestion des archives de la Maison Blanche. En s’appuyant sur un « instinct » toujours mis en avant, Donald Trump, dont la chute a été mille fois annoncée, a jusqu’ici survécu à tous les scandales. Comme si, à force d’accumulation, ils n’avaient plus d’effet sur lui.

 

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6 Commentaires

  • Posté par Van Ryn Charles-axel , mardi 15 novembre 2022, 10:15

    @Mr Van Obberghen, je partage à 100% votre analyse de "l'idéologie" trumpienne et le fait que cet individu n'est pas républicain au sens étymologique du terme et qu'il a sous l'étiquette du Gop réussi en 2016 et presque en 2020 à imposer à ce parti une déviance extrémiste auquel le Gop n'a pu et surtout voulu résister, essentiellement par électoralisme pur et par une forme de haine du camp démocrate.

  • Posté par Van Obberghen Paul, mardi 15 novembre 2022, 10:08

    @ Sergeant Philippe "le système de vote aux USA rend l'arrivée de tout nouveau parti au pouvoir impossible, car cela signifierait la disparition soit des républicains soit des démocrates." Ce bipartisme n'est pas institutionnalisé et n'existait pas lors de la création des Etats-Unis. Et il y a d'autres partis, certes anecdotique mais présents tout de même. Trump peux compter sur une base fidèle de plusieurs dizaines de millions de supporters, c'est loin d'être négligeable. A noter qu'il est très peu probable que Trump retourne jamais à la Maison Blanche par les voies légales. Il y a tout à parier qu'il suscitera une nouvelle insurrection qui cette fois-ci réussira. Il n'est pas du tout exclu qu'il ait suffisamment d'adeptes parmi les militaires, jusqu'aux plus haut-gradés, que pour se doter d'une véritable armée.

  • Posté par Van Obberghen Paul, mardi 15 novembre 2022, 9:08

    Il va annoncer la création d'un nouveau parti: le Parti Trumpiste, dont il sera le président et unique candidat à la Présidentielle de 2024. Il pourra ainsi se passer de la course à l'investiture du Parti Républicain. Ça serait bien dans son genre...

  • Posté par Van Obberghen Paul, mardi 15 novembre 2022, 10:01

    @ Van Ryn Charles-axel - Trump n'est PAS Républicain et les Trumpistes qui le suivent ne le sont pas plus. En tous cas, pas le Républicanisme tel que le concevait Lincoln, le créateur du Parti et que Reagan avait redéfini suite au désastre Nixon. Les Trumpistes sont des ultra-conservateurs suprémacistes blancs, machistes et nationalistes chrétiens. Le nationalisme n'est pas du patriotisme. Les vrais Républicains sont attachés fidèlement à la Constitution alors qu'ils n'hésitent pas à la vilipender, jusqu'à lui faire dire ce qu'elle ne dit pas. Le culte de la Personnalité est l'opposé du Conservatisme Républicain, mais les Trumpistes vouent une admiration aveugle à Trump qui exige de leur part une quasi-totale allégeance. Le Trumpisme a tout du Fascisme et pratiquement rien du Républicanisme. Pour le "vrai" Républicanisme, voir Liz Cheney, virée du GOP pour avoir voté le 2e impeachment de Trump, ou Mitch McConnell, le leader Républicain du Sénat. Les Républicains ont cru pouvoir rester/revenir au pouvoir, alors que la démographie U.S. ne les favorisent plus, grâce à la base "ultra" que Trump a su exploiter. Aujourd'hui, ils comprennent que Trump n'avait aucune intention de sauver le GOP, mais d'en faire son appareil personnel pour le conduire au Pouvoir suprême... et s'y maintenir ad vitam. Trump n'est pas Républicain. Il est fasciste et ceux qui le suivent aussi.

  • Posté par Sergeant Philippe, mardi 15 novembre 2022, 9:46

    A noter tout de même que le système de vote - dit démocratique - aux USA rend l'arrivée de tout nouveau parti au pouvoir impossible, car cela signifierait la disparition soit des répubicains soit des démocrates. Personnellement, je ne suis pas prêt à parier sur cette éventualité...

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