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La population dépasse les 8 milliards d’habitants: les infographies pour comprendre cette croissance «sans précédent»

Le cap des 8 milliards d’humains sur Terre a été dépassé ce mardi. Cette croissance sans précédent engendre de nombreux défis et un rappel, en pleine COP, de la « responsabilité partagée de prendre soin de notre planète » selon l’ONU.

Temps de lecture: 5 min

La population mondiale dépasse mardi les 8 milliards d’habitants, selon l’estimation officielle des Nations unies, qui y voit « un important jalon du développement humain » et un rappel, en pleine COP27, de « notre responsabilité partagée de prendre soin de notre planète ».

Pour l’ONU, « cette croissance sans précédent » – il y avait 2,5 milliards d’habitants en 1950 – est le résultat « d’une augmentation progressive de la durée de la vie grâce aux progrès réalisés en matière de santé publique, de nutrition, d’hygiène personnelle et de médecine ».

Alors que la Terre a compté moins d’un milliard d’habitants jusque dans les années 1800, elle n’a mis que douze ans pour passer de 7 à 8 milliards. Signe de son ralentissement démographique, il lui faudra environ quinze ans pour atteindre les 9 milliards en 2037. L’ONU projette un « pic » à 10,4 milliards dans les années 2080 et une stagnation jusqu’à la fin du siècle.

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Une envolée des chiffres qui provoque des sueurs froides et fait naître des images de métropoles surpeuplées, de hordes affamées, bref, d’une planète à bout de souffle. La croissance démographique pose aussi de redoutables défis aux pays les plus pauvres, où elle se concentre.

Un dépassement en pleine COP27

La barre des 8 milliards est franchie en pleine conférence mondiale sur le climat, la COP27, à Charm el-Cheikh, qui souligne une fois de plus la difficulté des pays riches, les plus responsables du réchauffement de la planète, et des pays pauvres, qui réclament de l’aide pour y faire face, à s’entendre pour faire baisser de manière plus ambitieuse les émissions de gaz à effet de serre provenant des activités humaines.

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Or, rappelle l’ONU, « si la croissance démographique amplifie l’impact environnemental du développement économique », « les pays où la consommation de ressources matérielles et les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont les plus élevées, sont généralement ceux où le revenu par habitant est le plus élevé et non ceux où la population augmente rapidement ».

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« Notre impact sur la planète est déterminé bien plus par nos comportements que par notre nombre », résume pour l’AFP Jennifer Sciubba, chercheuse en résidence au cercle de réflexion Wilson Center.

Disparités démographiques

Et c’est bien dans les pays qui concentrent déjà une forte pauvreté que la croissance démographique pose des défis majeurs. « La persistance de niveaux de fécondité élevés, à l’origine d’une croissance démographique rapide, est à la fois un symptôme et une cause de la lenteur des progrès en matière de développement », écrit l’ONU. Ainsi, l’Inde, pays de 1,4 milliard d’habitants, qui deviendra le plus peuplé du monde en 2023, surpassant la Chine, devrait connaître ces prochaines décennies une explosion de sa population urbaine avec des mégapoles déjà surpeuplées et en manque d’infrastructures essentielles.

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A Bombay, 40 % environ de la population vit dans des bidonvilles, des zones de misère surpeuplées, constituées de baraquements de fortune, pour la plupart dépourvues d’eau courante, d’électricité et de sanitaires.

Les chiffres mondiaux masquent une immense diversité démographique. Ainsi, plus de la moitié de la croissance de la population d’ici 2050 viendra de seulement 8 pays selon l’ONU : République démocratique du Congo, Egypte, Ethiopie, Inde, Nigeria, Pakistan, Philippines et Tanzanie. Et à la fin du siècle, les trois villes les plus peuplées au monde seront africaines : Lagos au Nigeria, Kinshasa en RD Congo et Dar Es Salaam en Tanzanie.

Amélioration des conditions de vie

Si le nombre d’habitants a crû d’une façon aussi spectaculaire, c’est parce que les conditions de vie se sont singulièrement améliorées ces dernières décennies, ce qui est incontestablement une bonne nouvelle. Grâce à la généralisation des soins de santé, la mortalité infantile a diminué, on vit mieux et plus longtemps. Même si ces progrès sont inégalement répartis, il s‘agit d’une « success story » qui mérite d’être saluée.

Mais puisque, aujourd’hui déjà, le système climatique de notre vieille Terre, malmené par l’exploitation à outrance de ses réserves, se dérègle, qu’en sera-t-il demain ? Ne faudrait-il pas, pour sauver la planète, essayer de réduire drastiquement le nombre d’humains à venir ?

Et où ça ? Dans les pays industrialisés, énormes émetteurs de gaz à effets de serre ? La fécondité y est déjà basse, autour de 1,5 enfant par femme. Jusqu’où faudrait-il descendre pour avoir un impact ?

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En Afrique subsaharienne, qui sera le berceau de l’essentiel de la croissance de la population jusqu’en 2100 ? Les démographes que nous avons interrogés sont unanimes : l’évolution de la population est comme un porte-avions lancé sur sa trajectoire. Elle est, à moyen terme, quasiment impossible à faire dévier. Même si la fécondité diminue en Afrique, comme partout dans le monde, sa population est extrêmement jeune – 70 % des Subsahariens ont moins de 30 ans – et ces nombreux enfants arriveront, dans les prochaines décennies, à l’âge où ils pourront procréer.

Mortalité infantile

Mais si l’on veut inciter les familles à faire moins d’enfants, il faut d’abord faire baisser la mortalité infantile : tous les parents veulent être sûrs d’avoir des enfants vivants… Puis garantir à tous l’accès au planning familial. Et enfin veiller à ce que les jeunes puissent aller à l’école secondaire, meilleur moyen de limiter les grossesses précoces.

Trois sacrés défis à relever en Afrique subsaharienne. Mais, même s’il y avait dans cette région moins de naissances que prévu, il faut garder à l’esprit que les émissions de gaz à effet de serre y sont très basses. La solution n’est donc pas là. Si l’on veut sauver la planète, nous n’avons guère le choix : ce sont surtout nos habitudes à nous, Occidentaux gâtés et gourmands, qu’il faut changer. Sans tarder.

 

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5 Commentaires

  • Posté par collin liliane, mardi 15 novembre 2022, 14:43

    Chronique d'une désastre annoncé. Global Footprint Network publie chaque année la date du « Jour du dépassement », le jour où l’humanité a épuisé le budget écologique annuel de la planète : pour 2018, c'était le 1er août alors qu'en 1970 c'était le 29 décembre 72.

  • Posté par Dupont Vincienne, mardi 15 novembre 2022, 11:48

    Tant que certains feront des enfants comme les lapins, il n'y aura pas de vraie solution.

  • Posté par Masure Luc, mardi 15 novembre 2022, 11:20

    Sur le site worldometers, on peut voir qu'à presque l'unité près il y a un accroissement de population égal au nombre de décès car pour un décès, il y a pratiquement 2 naissances. Préférer une énorme population pauvre à une faible population riche, telle est la préférence des politiques et des religieux (les 2 faisant souvent la paire).

  • Posté par Masure Luc, mardi 15 novembre 2022, 11:15

    LA phrase irresponsable: ""les pays où la consommation de ressources matérielles et les émissions de gaz à effet de serre par habitant sont les plus élevées, sont généralement ceux où le revenu par habitant est le plus élevé et non ceux où la population augmente rapidement "" Donc continuez à procréer sans limite, vous resterez sous-développés. Certes, le sous-développement est autant la cause que la conséquence de la démographie galopante mais dans un tel processus, il faut s'attaquer aux 2 composantes de ce processus et ne pas en ignorer un seul.

  • Posté par Bouko Christian, mardi 15 novembre 2022, 12:10

    Vous avez totalement raison ; les dangers "potentiels " dus au réchauffement climatique sont beaucoup plus lointains et moins certains que les dangers présents et bien réels dus à la surpopulation et dont la dernière pandémie est un parfait exemple .

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