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Tentative d’évasion: l’avocat Olivier Martins définitivement blanchi

L’avocat pénaliste bruxellois Olivier Martins a bénéficié d’un non-lieu pour absence de charges, à la chambre des mises en accusation de Bruxelles, dans le dossier de l’évasion de Mohamed Benabdelhak.

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L’information a été confirmée ce mercredi matin par Maîtres Jean-Philippe Mayence et Michel Bouchat, qui le défendent : l’avocat pénaliste bruxellois Olivier Martins a bénéficié d’un non-lieu pour absence de charges, à la chambre des mises en accusation de Bruxelles, dans le dossier de l’évasion de Mohamed Benabdelhak. L’avocat, originaire de Perpignan, avait été renvoyé en correctionnelle par la chambre du conseil de Bruxelles, l’an dernier, comme co-auteur de prise d’otage et de tentative d’évasion et comme membre d’une organisation criminelle. Six autres personnes avaient fait l’objet d’un renvoi dans ce dossier.

Les faits avaient eu lieu en avril 2014 à la prison de Saint-Gilles, où un véhicule-bélier avait forcé la première porte du sas d’entrée. La seconde porte avait résisté, et les malfrats avaient alors utilisé des armes lourdes pour faire sauter le verrou. Ils avaient aussi pris en otage une infirmière qui arrivait sur les lieux pour travailler. L’évasion ratée avait été suivie par une course-poursuite durant laquelle les individus tiraient à la kalachnikov sur le ring de Bruxelles.

L’enquête avait rapidement révélé que c’est le baron franco-belge de la drogue Mohamed Benabdelhak, dont Me Olivier Martins était le conseil, qui était visé par la tentative d’évasion. En mars 2017, des perquisitions étaient menées au cabinet de Me Martins et à son domicile par les enquêteurs de la police judiciaire fédérale (PJF) de Bruxelles, tandis que l’avocat était privé de liberté. Un bracelet électronique lui avait été accordé par la chambre du conseil cinq jours plus tard, et il lui a été ôté au début avril.

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Depuis le début, Me Martins répète qu’il est tout à fait étranger à cette tentative d’évasion. « Il m’a appelé quand il a été perquisitionné, je suis directement allé l’assister pour son audition devant le juge d’instruction et j’ai demandé à Jean-Philippe (NDLR : Mayence) de m’accompagner dans ce dossier », se souvient Me Bouchat. « Je garderai en mémoire ce moment où il a été menotté dans le dos puis embarqué vers la prison dans un véhicule de la PJ, lorsque le juge d’instruction l’a placé sous mandat d’arrêt. Il a fallu retrouver ensuite sa compagne et ses deux enfants, tenter de leur expliquer… Quand nous sommes allés le voir et que nous l’avons retrouvé dans sa tenue de prisonnier, dans cette vieille prison de Saint-Gilles, nous sommes tombés dans ses bras, nous étions en larmes. C’est un ami, mais c’est aussi un grand avocat et c’est notre profession qui était attaquée. Les éléments retenus étaient absolument non fondés, mais il a fallu livrer un long combat. » Me Martins avait repris le travail dès sa libération, « avec une force de caractère inébranlable, déterminé à prouver son innocence », ajoute Me Bouchat.

Il avait été renvoyé en correctionnelle au début août 2021, dans une ordonnance que ses avocats jugeaient « complètement lacunaire et rédigée par un magistrat non habitué, siégeant au civil ». Ses conseils ont obtenu de la chambre des mises en accusation que les charges retenues soient réexaminées en profondeur : « des écoutes téléphoniques d’une avocate française, que la cour d’appel de Paris avait jugées illégales, ont par exemple été écartées par la chambre des mises, alors qu’on les avait laissées dans ce dossier », explique Me Mayence. Mais ce n’est pas cela, insistent les deux avocats, qui a changé la donne : « il fallait se repencher sérieusement sur ce dossier, en examiner tous les éléments, en refaisant l’enquête à zéro », poursuit Me Mayence. « C’est ce qui a été fait, et cela a permis de constater qu’il n’y avait pas de charges contre lui. C’est un énorme soulagement. »

Et ce, neuf années après les faits.

 

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