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Elections américains de 2024: qui sont les partisans de Donald Trump?

La plupart des sondages donnent encore l’ancien président, très à l’aise avec les foules, gagnant d’une primaire républicaine et une marée de casquettes rouges continue d’affluer à ses meetings.

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Pour la « grande annonce » de sa nouvelle candidature présidentielle, Donald Trump avait soigné le décor : une rangée d’immenses drapeaux américains, une vaste salle à colonnes, des militants chauffés à blanc sur des chaises dorées. C’est pourtant tout autre chose qui a été remarqué : les absents.

Pas de cadre du parti républicain, d’élu influent ni de sénateur… Après les piètres performances des candidats du milliardaire aux élections de mi-mandat, quasiment aucune personnalité de la droite américaine n’a fait le déplacement jusqu’au luxueux club de Mar-a-Lago mardi soir.

« Trump leur a coûté trois élections (en 2018, 2020 et 2022) et ils préféreraient ne pas le laisser en gâcher une quatrième, en 2024 », estime Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l’université de Virginie.

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Pence et Pompeo dégainent

Trois anciens membres de l’administration Trump --son vice-président Mike Pence, son secrétaire d’Etat Mike Pompeo et l’un de ses ministres de la Défense Mark Esper-- ont clairement indiqué mercredi qu’il était temps de tourner la page.

« Je pense que le temps est venu dans ce pays pour un nouveau leadership qui nous rassemblera autour de nos plus puissants idéaux », a commenté M. Pence lors d’une réunion publique organisée par la chaîne CNN.

Tout en refusant d’écarter tout soutien à l’ancien président s’il devait remporter l’investiture républicaine, M. Pence a relevé que le processus des primaires allait sans doute offrir des alternatives : « Je pense honnêtement que nous allons avoir de meilleures options ».

M. Pompeo, candidat potentiel comme Mike Pence pour 2024, a tweeté : « Nous avons besoin de davantage de sérieux, de moins de bruit, et de dirigeants qui regardent vers l’avenir et pas dans le rétroviseur en se faisant passer pour des victimes ».

Et Mark Esper n’a pas mâché ses mots sur CNN : « Je pense qu’il est inapte pour un mandat », a-t-il dit. « Ses actes ne sont que pour lui, pas pour le pays » et « je ne pense pas que ce soit une personne honnête ».

Mardi, la foule regorgeait de personnages hauts en couleur, qui gravitent autour de Donald Trump depuis sa défaite à la présidentielle de 2020. Le patron d’une entreprise d’oreillers qui nie fermement la réalité de l’élection de Joe Biden, un allié sulfureux de Donald Trump connu pour son tatouage de Richard Nixon dans le dos…

Signe que l’étoile du milliardaire, qui avait ces derniers mois regagné son emprise sur le parti républicain, a pâli, « le manque d’enthousiasme pour la troisième campagne présidentielle de Trump se fait sentir même au sein de sa famille proche », remarque le politologue auprès de l’AFP.

Ni son fils Don Jr., ni sa fille adorée Ivanka --une de ses plus proches conseillères à la Maison Blanche durant son mandat-- n’ont participé à cette annonce en grande pompe.

Quelques minutes après l’officialisation de la candidature de son père, Ivanka Trump s’est même fendue d’un communiqué. « J’aime beaucoup mon père », a-t-elle déclaré. « Mais cette fois-ci (…) je ne prévois pas de m’impliquer en politique ».

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« Moins d’agitation »

L’entrée dans la course à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui ne suscitait plus aucun doute, a été couverte a minima par certains médias conservateurs.

Fox News, l’une des chaînes les plus regardées des Etats-Unis et qui consacrait jusqu’à peu des heures d’antenne à Donald Trump, a choisi de le couper en plein discours.

Le New York Post, quotidien qui a une place prépondérante chez les conservateurs américains, a lui quasiment snobé l’annonce de Donald Trump.

« A 720 jours de la prochaine élection, un retraité de Floride a annoncé par surprise sa candidature à l’élection présidentielle », a écrit, de façon ironique, le quotidien à sa 26e page.

Les deux médias, propriétés du groupe de médias conservateurs de la famille Murdoch, ont choisi de braquer leurs projecteurs vers un autre résident de Floride, le gouverneur Ron DeSantis. Le quadragénaire, nouvelle star de la droite dure et susceptible de défier Donald Trump pour l’investiture républicaine, était lui aussi logiquement absent mardi soir.

Autre signe a priori inquiétant pour l’ancien président, plusieurs méga-donateurs du parti républicain ont fait connaître leur intention de ne plus financer quelqu’un qu’ils considèrent comme moins susceptible d’apporter une victoire à la droite.

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Candidat-rebelle

Mais n’enterrez pas Donald Trump trop vite, avertissent ses alliés.

La plupart des sondages donnent encore l’ancien président, très à l’aise avec les foules, gagnant d’une primaire républicaine et une marée de casquettes rouges continue d’affluer à ses meetings.

« Le noyau dur de la base qui a soutenu Trump pendant six ans lui restera en grande partie fidèle », prédit Larry Sabato.

Arrivé au pouvoir en novembre 2016 dans un scénario politique inédit qu’aucun ou presque n’avait prédit, Donald Trump pourrait d’ailleurs être tenté de jouer de cette position de candidat-rebelle, si les défections dans ses rangs venaient à se poursuivre.

Le milliardaire new-yorkais n’a d’ailleurs pas manqué mardi de rejouer sa partition bien connue d’un leader proche des Américains --majoritairement blancs, plutôt âgés-- pas comme ces « élites » de Washington, qu’il se plaît à moquer.

« Ce sera notre campagne à tous », a-t-il promis à ses partisans mardi soir. « La seule force assez forte pour vaincre la corruption massive à laquelle nous sommes confrontés, c’est vous, le peuple américain », a-t-il assuré.

 

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