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«Inacceptable», «un échec n’est pas exclu»... la tension monte à la COP 27

La COP 27 devait se terminer initialement ce vendredi en fin de journée mais, une fois de plus, les négociations mondiales sur le climat vont s’étendre ce week-end pour tenter de trouver un accord ambitieux.

Temps de lecture: 3 min

La 27e conférence de l’Onu se prolonge samedi, après une nouvelle nuit d’âpres négociations, sans que la perspective d’un accord entre les près de 200 pays présents à Charm el-Cheikh ne semble proche.

Alors que l’Union européenne a fait une ouverture avec une proposition, sous certaines conditions, de créer un fonds pour le financement des dégâts dus au changement climatique (pertes et dommages), répondant partiellement à une demande des pays du Sud, le leader de la délégation européenne, Frans Timmermans, a réaffirmé la volonté des Vingt-Sept de ne rien accepter qui affaiblisse l’objectif de contenir le réchauffement climatique à +1,5ºC. « L’Union européenne préfère ne pas avoir d’accord qu’un mauvais accord », a laissé entendre samedi matin le vice-président de la Commission européenne.

« On est au-delà de la dramaturgie habituelle, un échec ne peut être exclu à ce stade », indiquait plus tôt dans la journée une source au sein de la délégation européenne. Plusieurs sources jugeaient en outre que la présidence égyptienne de la COP 27 « manquait de hauteur » dans les négociations et avait laissé traîner en longueur les négociations.

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« La proposition de l’Egypte est inacceptable et dépasse les lignes rouges »

Sur le volet atténuation, la ministre belge Zakia Khattabi, qui participe aux discussions, a jugé que la proposition mise sur la table par la présidence égyptienne était « inacceptable » et « dépasse les lignes rouges européennes ». « Le volet atténuation présenté cette nuit constitue un recul considérable par rapport aux acquis de Glasgow », a-t-elle encore déploré.

L’accord de Paris sur le climat ambitionne de contenir le réchauffement mondial « bien en-deça de +2ºC et si possible à 1,5ºC ». Cet objectif d’1,5ºC a été réaffirmé l’an dernier à Glasgow, lors de la COP 26. Mais les engagements pris jusqu’ici par les Etats, via leur « contribution déterminée au niveau national » (NDC, dans le jargon des négociations climat) sont toujours insuffisants et mèneraient vers un réchauffement d’au moins +2,5ºC au cours de ce siècle.

Le président de la COP 27, l’Égyptien Sameh Shoukry, se montre quant à lui plus optimiste et a déclaré samedi, au cours d’un point presse, qu’une grande majorité des pays trouvait les textes sur la table « équilibrés ». M. Shoukry a appelé les parties à saisir ce moment et à atteindre un consensus.

Sans véritable confirmation officielle, une source européenne évoque un accord partiel sur les dégâts climatiques subis par les pays pauvres.

Négociations difficiles

Outre les volets atténuation et pertes et préjudices, c’est-à-dire les dégâts déjà constatés dans certains pays, surtout du Sud, en raison du dérèglement climatique, qui est un sujet brûlant de cette COP27, les difficiles négociations en cours à Charm el-Cheikh portent sur le financement climat et l’adaptation au changement climatique.

Par rapport au financement, les pays développés ont échoué à atteindre leur promesse d’un financement de 100 milliards de dollars par an pour les pays du Sud dès 2020. Cet engagement ne serait respecté, au mieux, qu’en 2023, ce qui a abîmé la confiance des pays en développement envers les pays développés.

La COP27, qui a débuté le 6 novembre à Charm el-Cheikh, devait en principe se clôturer vendredi soir. Samedi, les allées étaient de plus en plus clairsemées, alors que les pavillons des différentes délégations étaient en cours de démontage, donnant au site de la COP des allures de fin de partie.

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16 Commentaires

  • Posté par Dufays Denise, samedi 19 novembre 2022, 15:22

    Même si je trouve les demandes des pays ''du Sud'' totalement justifiées... comment ne pas croire que plus de la moitié de nos aides partiraient dans la poche de politiciens locaux vereux, eux qui sont les champions de la corruption ? Leurs mascarades ne servent a rien, nous irons dans le mur quoiquil arrive.

  • Posté par VERDOODT Jean-marie, samedi 19 novembre 2022, 18:24

    Justifiées ?? Alors que c'est le continent au sous-sol le plus riche !! Ils demandaient 2.5 milliards de $ par an, ce qui représente PLUS du TIERS du total du PIB de l'Afrique.

  • Posté par Fonder Daniel, samedi 19 novembre 2022, 14:10

    L'étude d’Elia Group « Powering Industry towards Net Zero » met en avant un besoin clair de l’industrie : l’électrification combinée à un accès à une électricité bas carbone, à des prix stables et abordables. Et Écolo fait construire des centrales au gaz …. Et tient de beaux discours à la COP …

  • Posté par D. Frederic, samedi 19 novembre 2022, 12:46

    Oh, ça leur aura fait un petit voyage à nos frais en crédit illimité. Pour le reste, c'est bon pour les idiots écolos qui y croient encore.

  • Posté par Deladrier-rase , samedi 19 novembre 2022, 16:10

    je ris aussi (jaune ou...vert ;-)

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