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Kevin De Bruyne revient sur sa colère contre le Canada: «Mes réactions ne sont pas toujours positives, je dois apprendre à mieux les gérer»

Alors que le deuxième match des Diables rouges contre le Maroc approche à grands pas, le médian de Manchester City est revenu sur la prestation des Diables rouges face au Canada mais aussi sur ses frustrations quand les choses ne tournent pas comme il le voudrait.

Entretien - Temps de lecture: 6 min

Dans un monde du football de plus en plus aseptisé et stéréotypé, Kevin De Bruyne dénote. Sans filtre, et à l’instar d’un Thomas Meunier, le maître à jouer de Manchester City et des Diables rouges répond toujours avec franchise. Peu importe le thème de la question. Mercredi soir, se demandant lui-même pourquoi il avait reçu le trophée de « l’homme du match » après la poussive victoire des Diables rouges contre le Canada (1-0), il avait indiqué : «J’ai sans doute reçu ce prix pour mon nom».

Vendredi, à deux jours du deuxième match de groupes contre le Maroc, « KDB » n’a pas changé son fusil d’épaule. Interrogé par un journaliste espagnol, il n’y est pas allé par quatre chemins. « L’Espagne ? On veut les rencontrer le plus tard possible ». Un exemple parmi tant d’autres que De Bruyne ne calcule pas quand il se trouve devant un micro. Sur le niveau des Diables, sur les difficultés rencontrées par sa sélection, sur son niveau contre le Canada, ou encore sur sa réaction à l’encontre de Toby Alderweireld juste après le but de Michy Batshuayi, le milieu de terrain de 31 ans ne s’est absolument pas caché. Comme lorsqu’il est sur un terrain de football où il ne cesse de demander le cuir. Quitte à parfois s’agacer parce qu’il ne le reçoit pas comme face aux Canadiens mercredi soir.

Kevin De Bruyne, avez-vous déjà débriefé la rencontre face au Canada avec le staff et le reste de l’équipe ?

On a eu une réunion jeudi soir. Le coach a expliqué ce qui s’est passé pendant le match. Il a été très clair : avec le ballon, on n’a pas essayé de jouer assez. On faisait souvent des passes entre les défenseurs puis vers Thibaut qui faisait des dégagements. Je reste persuadé qu’il y avait des espaces sur le terrain mais on n’a pas réussi à les trouver. Sur les vidéos, on a vu que si on avait essayé de jouer court, il y avait de l’espace derrière la ligne médiane du Canada. On n’a pas assez réussi ses passes-là. D’un côté, on sait tous qu’on n’a pas fait notre meilleure performance face au Canada. D’un autre côté, c’était quand même une bonne chose de gagner ce match. Cela diminue notre stress pour les deux prochains matchs. Après, si on continue à jouer de la sorte, on n’aura aucune chance de gagner le tournoi. On sait qu’on doit faire mieux tant sur le plan individuel que sur le plan collectif.

Etes-vous inquiet par le niveau de jeu développé par les Diables ces derniers temps ?

Parfois, je suis un peu inquiet. Cela fait longtemps qu’on n’est pas à notre meilleur niveau. L’équipe a les qualités pour faire mieux que ce qu’on a montré ces derniers temps. C’est aussi pour ça aussi que j’interviens auprès des joueurs et du coach parce que je suis convaincu qu’on a le potentiel pour faire mieux. La Coupe du monde, c’est le bon moment pour le montrer. Au final, je reste optimiste parce que tout le monde dans le groupe est conscient qu’on peut et qu’on doit faire mieux. C’est la première étape.

La seconde, c’est de le montrer sur le terrain le plus rapidement possible. Comment pouvez-vous vous améliorer dans le jeu ?

Tout d’abord, en ayant plus de courage avec le ballon. On peut clairement s’améliorer dans tous les aspects du jeu. Sur le plan individuel aussi. Je suis moi-même conscient que j’étais au niveau de l’équipe contre le Canada. Je me connais assez pour savoir que je peux faire beaucoup mieux. J’espère pouvoir le réaliser lors du prochain match contre le Maroc.

Avec votre influence sur le jeu et votre expérience, vous sentez-vous plus responsable qu’avant chez les Diables rouges ?

Oui. Je veux aider mon équipe du mieux que je peux. On est 26 dans ce noyau et chacun a un statut. Je sais très bien que je ne peux tout faire tout seul. Ma mission, c’est d’améliorer le niveau des joueurs autour de moi pour qu’on connaisse le succès dans ce tournoi. Il y a cinq ou dix ans, d’autres joueurs m’ont aidé de la même manière. Si j’y parviens avec mes coéquipiers, j’aurais fait mon boulot.

Parfois, vous prenez votre boulot tellement à cœur que vous êtes frustrés et on voit apparaitre chez vous des gestes de mauvaise humeur comme en fin de première période contre le Canada…

Je sais pertinemment bien que mes réactions sur le terrain ne sont pas toujours bonnes. Peut-être qu’il faudrait en montrer moins et choisir d’autres moments plus calmes pour donner mon point de vue aux autres. Peut-être que je suis parfois dur mais c’est parce que je suis perfectionniste. Et puis, tout le monde dans le groupe sait que si j’interviens, c’est pour que l’équipe aille mieux. Cela peut aider l’équipe. Mais c’est clairement un point de travail à titre personnel. Je dois apprendre à mieux gérer mes émotions. Ou moins le montrer sur le terrain. Parfois c’est bien, parfois ce n’est pas bien.

Avez-vous conscience qu’il n’est pas possible d’atteindre le niveau de Manchester City avec les Diables rouges ?

Oui, je le sais. A Manchester City, on joue ensemble depuis sept années. Il y a une philosophie qui est en place avec Pep Guardiola. En équipe nationale, il faut s’adapter aux joueurs dont on dispose. Est-ce que cela me frustre ? Oui. Parfois.

Le retour de Romelu Lukaku pourrait vous permettre d’évacuer quelques frustrations tant vous le trouvez généralement les yeux fermés…

Romelu est un joueur du top et il a un autre calibre que nos autres attaquants même si Michy a fait de bonnes choses pour nous jusqu’ici. On a connu énormément de choses avec Romelu et ce sera évidemment très positif qu’il revienne dans l’équipe. Il s’entraîne un peu mais pas encore à fond. Ce sera un boost de le récupérer. Il pèsera sur les défenses et nous offrira d’autres options que nous n’avons pas pour le moment. Il n’a pas beaucoup joué ces dernières semaines mais s’il monte au jeu, cela aura un impact sur les défenseurs. Ils auront peur de lui.

Un autre joueur craint par les défenses par le passé, c’est Eden Hazard. Comment se porte-t-il ?

Il va de mieux en mieux après une période très difficile. Il était apte mais il ne jouait pas. C’est une situation très difficile à vivre quand cela vous arrive. Sa forme s’améliore au fur et à mesure. Il peut monter en puissance durant ce tournoi.

Que pensez-vous du Maroc, le prochain adversaire des Diables ?

Le Maroc a réalisé un bon match contre Croatie. Une équipe qu’on connaît très bien aussi. Ce sera encore un match très difficile pour nous. Quand vous êtes en Coupe du monde, tout le monde sait jouer au football. Il n’y a pas de faible équipe. Si on regarde le onze de base du Maroc, je connais presque tout le monde. Presque tous les joueurs marocains évoluent dans des clubs en Europe.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Hiersoux Michel, vendredi 25 novembre 2022, 13:13

    Quand on est payé une fortune pour jouer à la balle, on doit apprendre à fermer sa grand g...e.

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