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«J’ai foncé tête baissée»: le héros de l’attentat du Thalys déjoué témoigne devant la justice

Condamné en première instance à la réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, l’assaillant est actuellement jugé en appel par la cour d’assises spéciale de Paris (jusqu’au 8 décembre).

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Ce que j’ai appris depuis cette attaque c’est qu’on ne peut pas se contenter d’être spectateur. Si vous voyez quelque chose (de mal) se passer, agissez ! », a affirmé mardi Spencer Stone, l’un des trois « héros » américains qui ont permis de déjouer un attentat jihadiste à bord d’un Thalys en août 2015.

Au péril de sa vie et non armé, Spencer Stone, à l’époque militaire des forces armées américaines, en vacances pour la première fois en Europe avec deux amis, n’avait pas hésité à neutraliser le Marocain Ayoub El Khazzani, le tireur du train.

Condamné en première instance à la réclusion à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, l’assaillant est actuellement jugé en appel par la cour d’assises spéciale de Paris (jusqu’au 8 décembre).

Aujourd’hui étudiant, Spencer Stone, 30 ans, un colosse de plus de 1,80 m et pesant environ 100 kilos, n’avait pas été en mesure de témoigner au premier procès, ayant été victime d’un malaise à son arrivée en France.

En chemise de bûcheron à gros carreaux, le jeune Américain est à l’aise cette fois pour raconter, avec l’aide d’une interprète, son aventure devenue un film de Clint Eastwood où il joue son propre rôle.

Écouteurs sur les oreilles, somnolant dans le train Amsterdam-Paris, il se réveille peu après le départ de Bruxelles en voyant un contrôleur courir affolé dans la rame. Il retire ses écouteurs et entend « un bruit de verre brisé et des gens crier ».

Le jeune Américain se retourne de son siège et aperçoit, « à environ dix mètres » de sa place, un homme torse nu qui se révélera être « Monsieur El Khazzani », comme il le nomme tout au long de son témoignage, un Marocain de retour de Syrie dans les rangs de l’organisation Etat islamique.

« Il avait l’air agité et un peu en état de panique, en train de ramasser une arme automatique par terre », se souvient Spencer Stone. Il n’hésite pas une seconde, balance l’ordinateur qu’il avait sur les genoux, se rue sur l’homme menaçant. « Mon copain Alex (Aleksander Skarlatos, ndlr), à côté de moi, m’a dit : ‘fonce !’» et j’ai foncé tête baissée. »

Spencer Stone percute l’assaillant et le plaque au sol. Mais celui-ci, armé d’une kalachnikov, d’un pistolet et d’un cutter, résiste. L’Américain qui pratique les arts martiaux fait une clé d’étranglement. « Il a alors posé le canon de son pistolet sur ma tempe et essayé de tirer mais le coup n’est pas parti. Il a sorti ensuite son arme blanche. J’ai ressenti une brûlure au niveau du cou puis une vive douleur sur mon pouce gauche ».

Aleksander Skarlatos arrive à son tour près de l’assaillant. « On lui a dit d’arrêter de résister », se souvient Spencer Stone. Mais le jeune Marocain n’en a cure. Aleksander Skarlatos – également présent mardi dans la salle d’audience – réussit à s’emparer du pistolet du jihadiste, le plaque sur son crâne, fait plusieurs sommations et… tire. « Mais il n’y avait plus de munitions », dit, sans émotion, l’Américain.

Étranglé par Spencer Stone, assommé par Aleksander Skarlatos avec la crosse de son propre pistolet, Ayoub El Khazzani perd finalement connaissance.

 

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