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Carta Academica: Parole publique des chercheurs : liberté académique ou liberté d’opinion ?

Tous les samedis, « Le Soir » publie la chronique d’un ou plusieurs membres de Carta Academica. Cette semaine : La liberté académique et le recours à l’expertise des chercheurs font actuellement l’objet de nombreux débats. Qui est légitime pour parler de quoi ? Les auteurs soulignent les biais et points aveugles de la polémique, et demandent qu’une plus grande attention soit accordée aux dimensions collectives et interdisciplinaires de l’expertise. L’Université doit promouvoir l'expression publique d'une pensée complexe et diversifiée.

Chronique - Temps de lecture: 14 min

Les points de vue exprimés dans les chroniques de Carta Academica sont ceux de leur(s) auteur(s) et/ou autrice(s) ; ils n’engagent en rien les membres de Carta Academica, qui, entre eux d’ailleurs, ne pensent pas forcément la même chose. En parrainant la publication de ces chroniques, Carta Academica considère qu’elles contribuent à des débats sociétaux utiles. Des chroniques pourraient dès lors être publiées en réponse à d’autres. Carta Academica veille essentiellement à ce que les chroniques éditées reposent sur une démarche scientifique.

David Doat.
David Doat. - DR

Denis Flandre.
Denis Flandre. - DR

Par David Doat, Laboratoire ETHICS, Professeur à l’UCLille, France ; Denis Flandre, École Polytechnique, Professeur à l’UCLouvain, Belgique.

Dans la succession de crises récentes (santé, énergie, environnement, etc.), des personnalités du monde académique, professeurs et chercheurs universitaires (1), sont invités à s’exprimer sur des problèmes de société, ou prennent l’initiative d’intervenir dans les médias sociaux. Certains sont reconnus experts dans leur domaine de référence, leur parole est respectée, largement répercutée ; ils font autorité. D’autres sont qualifiés de « toutologues » ou « ultracrépidariens », quand ils s’expriment sur un sujet qui n’apparaît pas directement lié à leur champ de compétence reconnu. Leur parole peut alors être rejetée ou condamnée par d’aucuns. La liberté académique (2) et le recours à l’expertise des chercheurs font ainsi l’objet de nombreux débats. Mais les données du problème sont-elles aussi simples ? Est-on « expert » ou « profane », entendez sachant ou ignorant, compétent ou incompétent, savant ou inculte ?

Définir l’expertise par des catégories binaires est problématique

Un schéma de pensée qui sollicite une vision binaire pour décrire une réalité complexe masque bien des nuances et produit souvent de fausses divisions. Une première d’entre elles est celle qui oppose l’expert et le profane (3) . En réalité, il existe bien d’autres figures épistémiques (4) , c’est-à-dire porteuses de compétences et de savoirs scientifiques dignes de considération (5) . La parole publique du chercheur, sur un sujet dont il n’est a priori pas spécialiste, en est un exemple. Dès lors qu’une telle parole se soumet à l’exigence de principes, méthodes et raisons scientifiques, elle témoigne d’une rigueur d’analyse qui, sans se substituer au discours de l’expert disciplinaire ni relever de la simple opinion, confère une légitimité pour participer au débat scientifique et en soutenir la largeur et la qualité.

Ce qui donne valeur aux paroles ou écrits d’un chercheur, c’est son étude méthodologique, analytique, d’un sujet en profondeur, étayée par ses nombreux contacts avec des collègues de sa discipline et d’autres champs scientifiques. Au-delà de la lecture de la littérature scientifique pertinente, l’expression académique suppose la compréhension des controverses en présence et la construction d’un positionnement clair, attentif aux contextes, débats et avis des pairs, toujours susceptible d’évoluer si la force des arguments ou des données empiriques l’exigent… Il ne s’agit pas d’un avis peu documenté dans un micro-trottoir ou sur un réseau social, mais de la mise en œuvre, sur un sujet donné, même hors domaine de spécialisation, de compétences et pratiques transverses, propres aux scientifiques. Enfin, le chercheur propose ses réflexions. II ne s’appuie pas, pour en fonder la valeur, sur la réputation et l’autorité que l’on pourrait prêter socialement à un expert du domaine. Comme ce dernier, il soumet ses questions, ses thèses, sa vision du problème au débat, scientifique ou public, et accepte d’en discuter de manière critique et constructive.

Par contraste, quelle serait la valeur de la parole d’un expert qui s’exprime sur un sujet dans son domaine de référence, mais sans avoir confronté ses propos aux observations de terrain, étudié en profondeur la littérature récente, développé une position ouverte au débat, ou encore accepté d’évaluer et corriger, chaque fois que nécessaire, les biais, limitations ou erreurs de son approche ? Qui de l’expert socialement et politiquement reconnu, mais peu enclin aux apprentissages et remises en question, ou du chercheur non-spécialiste, mais respectueux des exigences épistémiques et sociales de l’activité scientifique, serait le plus légitime pour prendre part à des discussions qui induisent ou cautionnent des décisions de nature politique ou sociétale ? Ces deux figures du « savant » constituent bien sûr des modèles opposés. Ils traduisent deux situations extrêmes, qui bornent un vaste territoire de compétences et pratiques épistémiques variées, irréductibles à l’opposition simpliste entre l’expert et le profane (6) .

Une seconde fausse division oppose la figure de l’individu-expert à d’autres formes d’individualité, laissant croire qu’il n’existe pas de formes collectives de l’expertise. Or, loin de se rencontrer dans la figure du savant solitaire, ou du chercheur bardé de publications, l’expertise est le plus souvent dépendante d’une communauté de savoirs (7) . Elle procède davantage de la mise en synergie de compétences larges, distribuées dans un réseau d’interdépendances humaines et intellectuelles, que de la tour d’ivoire où loge, croit-on, un esprit supérieur. En d’autres termes, plutôt que d’opposer au savoir de l’individu-expert l’ignorance des masses, la réalité est plus nuancée (8) : des individus aussi bien que des collectifs peuvent assumer la figure de l’expert dans un contexte particulier, et l’expertise est en général moins le produit d’un acte individuel que le résultat d’intenses interactions sociales (9) .

Du besoin d’expertise plurielle au croisement des disciplines

Les crises complexes, caractérisées par de nombreuses inconnues et incertitudes (10) ne peuvent être envisagées par un individu isolé ni par le prisme restreint d’un seul champ de compétence ou d’un seul domaine spécifique. Elles appellent plutôt une expertise plurielle, un dialogue transparent au croisement des différents regards et disciplines scientifiques. Elles requièrent des démarches inter- ou transdisciplinaires (11) exigeantes, mais nécessaires pour intégrer et pondérer les différentes dimensions d’un problème complexe dans une recherche de solution globale (12) .

Comment la liberté académique pourrait-elle alors être restreinte au seul champ de référence reconnu à un chercheur quand ce chercheur a parfois passé des années à étendre ses apprentissages et connaissances au-delà de sa discipline initiale en collaboration avec des collègues d’autres domaines (13) ? Comment la parole, informée de cette attitude d’esprit apprenante du savoir des autres, qui s’ouvre à la complexité des problèmes et au dialogue entre les disciplines, pourrait-elle être qualifiée d’impertinente liberté d’opinion ?

En situation d’incertitude, l’université doit ouvrir le débat, non le clore (14)

La manière dont la parole des chercheurs est aujourd’hui relayée est insatisfaisante. Des choix parfois peu transparents ou pertinents sont posés pour faire connaître et reconnaître publiquement la parole d’un chercheur, plutôt que celle d’un autre (15) . Tout journaliste a ses contacts privilégiés, tout média a une ligne éditoriale, tout gouvernement choisit ses commissions d’experts, toute institution publique fait partie d’un jeu politique, toute entreprise privée peut avoir recours à du lobbying, tout chercheur peut avoir des conflits d’intérêts (notamment dans son domaine principal d’activité) ! A contrario, il peut arriver, en Belgique et à l’étranger, que des chercheurs soient voués aux gémonies dans la sphère médiatique, même dans leur champ de compétence, voire interdits de parole par leur employeur ou certains censeurs (16). De telles pratiques, indifférentes au principe de la liberté académique ou aux règles de l’éthique de la discussion (17) en science comme en démocratie, laissent toute latitude aux jeux des acteurs et aux rapports de force qui président à la sélection des voix qui peuvent accéder à la parole publique, quand les paroles dissonantes ou dissidentes sont mises en sourdine, parfois poursuivies et sanctionnées.

Entre la tentation et le risque de limiter la liberté académique en la soumettant à une autorité décrétée supérieure, ou à l’inverse, accepter une politique de dérégulation extrême qui confère au plus fort le monopole de l’expression publique, une troisième voie doit être préservée : celle, précisément, que nos universités ont toujours eu à cœur d’incarner dans leurs activités d’enseignement, de recherche et de service à la société. Une mission essentielle de l’Université est ainsi de développer les conditions de formation et de débat pour une pensée complexe, évolutive et capable d’apporter de nouveaux éclairages ou de proposer des pistes de solutions aux enjeux de société. Une telle pensée, pour être à la hauteur des défis du monde présent et de nos idéaux démocratiques, ne peut se constituer sans dialogue entre les disciplines scientifiques et avec la société, ni advenir sans écoute, reconnaissance et confrontation d’hypothèses et analyses discordantes. A défaut, l’uniformité de la norme dominante se substitue au pluralisme, au travail bénéfique de la critique, et au sens même de la recherche patiente des consensus scientifiques.

Certes, nos universités défendent cet idéal et respectent la liberté d’expression des chercheurs en leur sein. Mais usent-elles assez de leur propre liberté pour porter les vertus de l’attitude scientifique, les conditions du débat contradictoire et la défense des valeurs démocratiques, à contre-courant des facilités de la pensée unique (18) ? Font-elles suffisamment contrepoids face aux idées biaisées, emballements médiatiques ou instrumentalisations politiques de la parole scientifique ?

Nous ne poserions pas ces questions si la légitimité de la parole publique du chercheur ne risquait pas d’être aujourd'hui réduite à son curriculum vitæ passé et sa production individuelle, séparée de ses communautés d’apprentissage de la complexité, ou si les conditions d’exercice du débat scientifique et démocratique n’étaient pas mises à mal. Face à ces risques, il en va de la responsabilité sociétale de nos universités de défendre, sur tout sujet, des conceptions plurielles de l’expertise qui intègrent le questionnement, complexe, collectif et transdisciplinaire comme une des formes scientifiques d’expression légitime des chercheurs. Il est enfin du devoir de nos universités de préserver et entretenir activement en leur sein et dans la société, des espaces publics où peuvent s’exprimer les dissensus, dans le respect des différences et l’écoute mutuelle des désaccords. Ce n’est qu’à cette condition que peuvent émerger d’authentiques consensus scientifiques et sociétaux.

(1) Par souci de lisibilité, nous utilisons la forme épicène de la grammaire française pour qualifier les membres du personnel académique et chercheurs de tout genre.

(2) La liberté académique du personnel enseignant de l’enseignement supérieur comprend, selon l’Unesco, « la liberté d’enseignement et de discussion en dehors de toute contrainte doctrinale, la liberté d’effectuer des recherches et d’en diffuser et publier les résultats, le droit d’exprimer librement leur opinion sur l’établissement ou le système au sein duquel ils travaillent, le droit de ne pas être soumis à la censure institutionnelle et celui de participer librement aux activités d’organisations professionnelles ou d’organisations académiques représentatives » (Unesco, Recommandation de l’Unesco concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur, 1997, p. 56; Sur base de la recommandation 1762 « Liberté académique et autonomie des universités » adoptée le 2 juin 2006 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (voir Xavier Delgrange, « La liberté académique par-delà la liberté d’expression », la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) souligne pour sa part « l’importance de la liberté académique, qui autorise notamment les universitaires à exprimer librement leurs opinions sur l’institution ou le système au sein duquel ils travaillent ainsi qu’à diffuser sans restriction le savoir et la vérité »; le guide sur l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, « la liberté d’expression », La liberté académique comprend aussi des responsabilités. Ainsi, lorsque un universitaire se positionne en tant que chercheur sur un sujet qui ne relève pas de son champ initial de compétence, il doit permettre au public de comprendre sa posture épistémique, la valeur et les limites de son propos (voir Unesco, Ibidem, p. 59; N. H. Steneck, « Responsible Advocacy in Science<UN>: Standards, Benefits and Risks, Workshop on Advocacy in Science », 2012, pp. 1-16. Il est à noter que « même lorsqu’un·e universitaire s’exprime sur une question disciplinaire dont il·elle est spécialiste, la légitimité ainsi conférée ne devrait pas amener à faire l’économie de l’explicitation des conditions qui rendent les connaissances robustes, lorsque cela est possible » (Rapport du Groupe de travail sur la recherche et l’engagement, « L’engagement public des universitaires<UN>: entre liberté académique et déontologie professionnelle », Centre de compétences en durabilité/Centre interdisciplinaire de recherche en éthique, Université de Lausanne, 2022, p. 71.

(3) BROWN (Phil), « Popular Epidemiology : Community Response to Toxic Waste-induced Disease in Woburn, Massachusetts », Science Technology and Human Values, 12 (3-4), 1987, p. 78-85.

(4) L’adjectif « épistémique » veut dire : « relatif à la connaissance ». Il s’agit d’un terme dérivé du grec epistêmê , « science, connaissance ». Nous employons l’adjectif à plusieurs reprises dans le texte, pour qualifier des figures, des pratiques, des exigences, des postures, etc., qui sont relatives à l’activité de connaître.

(5) Henry, Emmanuel, et al. Dictionnaire critique de l’expertise. Santé, travail, environnement. Presses de Sciences Po, 2015 ; BERARD Yann, CRESPIN Renaud, « Situation d’expertise », dans : Emmanuel Henry éd., Dictionnaire critique de l’expertise. Santé, travail, environnement. Paris, Presses de Sciences Po, 2015, p. 294-299.

(6) Voir sur ce sujet Pierre LASCOUMES, « Savoirs, expertises et mobilisations », dans Ludivine DAMAY, Benjamin DENIS et Denis DUEZ (dir.), Savoirs experts et profanes dans la construction des problèmes publics, Bruxelles, Facultés universitaires Saint-Louis, 2011, p. 221-233 ; Corinne DELMAS, Sociologie politique de l’expertise, Paris,La Découverte, 2011.

(7) Voir par exemple, un cas parmi d’autres, en France, l’expertise collective multidisciplinaire pratiquée depuis de nombreuses années par l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) : « Les expertises collectives rassemblent, analysent et synthétisent les connaissances scientifiques issues de diverses disciplines sur une question de santé à partir de la littérature scientifique internationale en s’appuyant sur les compétences d’un groupe multidisciplinaire de chercheurs qui se conforment à la charte déontologique de l’expertise Inserm » (INSERM, Expertise collective).

(8) À titre d’illustration, voir par exemple James Surowiecki, The Wisdom of Crowds : Why the Many are Smarter than the Few and How Collective Wisdom Shapes Business, Economies, Societies, and Nations, New York, Doubleday, 2004.

(10) « Les crises qui relèvent de la catégorie des problèmes complexes sont des situations où “les faits sont incertains, les valeurs contestées, les enjeux élevés et les décisions urgentes” (Ravetz 1999) [...] Une réponse politique [est nécessaire, qui doit être] fondée sur un engagement beaucoup plus profond avec les valeurs de la démocratie délibérative. Cela signifie qu’il faut non seulement assurer un pluralisme épistémique dans les groupes d’experts consultés, mais surtout un pluralisme épistémique dans les processus de prise de décision, en mettant sur la table toutes les connaissances en présence des personnes impliquées dans le problème, en particulier les groupes qui sont souvent exclus des instances de délibération et de prise de décision. » (Notre traduction).

(11) L’interdisciplinarité désigne “l'utilisation, l'association et la coordination des disciplines appropriées, dans une approche intégrée des problèmes” (M. Clary et P. Giolitto, Profession enseignant : éduquer à l’environnement, Paris, Hachette, 1994). La transdisciplinarité constitue un idéal de connaissance qui s’inscrit dans le sillage des approches interdisciplinaires, tout en invitant à les dépasser. A l’instar de l’interdisciplinarité, elle repose sur l’idée que l’interdépendance et la complexité des processus à l'œuvre dans “la réalité”, la “société” ou “la nature”, échappent aux compartimentations institutionnelles, méthodologiques et épistémologiques des disciplines. Mais la transdisciplinarité présuppose toutefois, à la différence de l’interdisciplinarité, qu’il ne suffit pas d’articuler les théories, les catégories et les méthodes des sciences constituées pour résoudre les problèmes ou connaître les réalités étudiées, mais qu’il est aussi essentiel de construire de nouveaux contenus et méthodes qui en dépassent les frontières. Voir par exemple A. Létourneau, « La transdisciplinarité considérée en général et en sciences de l’environnement », VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement [En ligne], Volume 8 ,Numéro 2, octobre 2008. Consulté le 16 octobre 2022 : http://journals.openedition.org/vertigo/5253 ; DOI : https://doi.org/10.4000/vertigo.5253 ; “Inter, trans, multi, pluri ou intradisciplinarité ?”, Laboratoire interdisciplinaire littérature et mathématiques, Faculté d’éducation, Université de Sherbrooke. Consulté le 16 octobre 2022: https://www.usherbrooke.ca/litt-et-maths/fondements/inter-trans-multi-pluri-ou-intradisciplinarite/.

(12) Philippe Roqueplo, « De la transgression propre à l'expertise scientifique », dans Philippe Roqueplo, Entre savoir et décision, l'expertise scientifique, Versailles, Éditions Quæ, « Sciences en questions », 1997, p. 35-49.

(13) Les coopérations entre chercheurs de différentes disciplines s'inscrivent en cohérence avec la multidisciplinarité appelée de leurs vœux par les politiques des agences de financement de la recherche.

(14) Intertitre paraphrasant Marc Barbier, Lionel Cauchard, Pierre-Benoít Joly, Catherine Paradeise et Dominique Vinck, « Pour une Approche pragmatique, écologique et politique de l’expertise », Revue d’anthropologie des connaissances [En ligne], 7-1 | 2013, mis en ligne le 01 mars 2013, consulté le 10 octobre 2022. URL : http://journals.openedition.org/rac/7452

(15) "L'expertise implique un différentiel de connaissances qui va souvent de pair avec d'autres différentiels sociaux : le pouvoir, les privilèges et le prestige... il est généralement plus facile de reconnaître et de faire confiance à ceux qui ont des opinions et d'autres caractéristiques semblables aux siennes, de commander des conseils d'experts sélectionnés pour soutenir des agendas particuliers... ou d'exclure des experts dont les opinions ne " collent " pas.... Par conséquent, le fait de puiser des experts dans des réseaux de confiance composés d'individus bien connectés et partageant les mêmes idées, plutôt que de rechercher un spectre d'opinions et une diversité d'expériences, entretient un cercle vicieux d'influence et d'expertise étroite." (Notre traduction, source internet : https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/02691728.2022.2103750)

(16) Voir par exemple Normand Baillargeon (dir.), Liberté surveillée. Quelques essais sur la parole à l’intérieur et à l’extérieur du cadre académique, Montréal, 2019.

(17) Jurgen Habermas, De l’éthique de la discussion, Paris, Cerf, 1992.

(18) Par pensée unique, nous entendons les prêts-à-penser, les poncifs, les « mêmes », les visions unilatérales, toute pensée scientifiquement non-éprouvée qui s’impose, non par ses raisons mais soit par paresse collective, par le nombre, ou par les intérêts d’un pouvoir ou de forces d’influences sociales, médiatiques ou politiques.

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4 Commentaires

  • Posté par Dupont Vincienne, dimanche 4 décembre 2022, 14:09

    Même dans son propre domaine d'expertise, la parole d'un expert est tout sauf réfléchie. Qu'on se souvienne de l'inénarrable Van Ranst (et les autres ne valent pas mieux, mais celui-ci était d'autant plus spectaculaire qu'il n'avait aucune retenue) qui nous disait une semaine que les masques ne servaient à rien contre le virus et la semaine suivante qu'il fallait absolument en porter. Même devant les tribunaux, les parties ont chacune leur "expert" qui disent en général des choses différentes. Donc : oui au droit des experts à s'exprimer sur tous les sujets qu'il souhaitent mais non à une tendance trop fréquente à prendre leurs propos pour argent comptant.

  • Posté par Dupont Vincienne, dimanche 4 décembre 2022, 14:11

    Je propose une nouvelle loi "scientifique" : plus un expert s'exprime près d'un micro (que ce soit celui de la télévision, celui de l'enregistreur d'un journaliste de presse écrite ou celui de la barre d'un tribunal) plus la probabilité qu'il dise des conneries est élevée,

  • Posté par Naeije Robert, dimanche 4 décembre 2022, 8:44

    Cette pretentieuse dissertation n’aurait pas ete bien notee par mon professeur de francais. Elle est tellement mal ecrite qu’on ne comprend meme pas les intentions des auteurs. « Ce qui se concoit bien… »

  • Posté par Naeije Robert, dimanche 4 décembre 2022, 19:22

    Désolé pour les accents (ah les iphones). Mais revenons-en aux cuistres auteurs. Il fallait avant tout expliquer la notion de vérité "scientifique" et donc le principe de fasification (Popper) ou la "réfutabilité". Autre chose est de guider les décisions politiques par la raison, ou les lumières en permettant d'ailleurs le débat contradictoire. Pauling avait un prix Nobel de chimie, mais ses recommandations sur la vitamine C furent de toute évidence déraisonnables. Montagnier avait le prix Nobel de médecine mais ses recommandations anti-vaccinales furent obscurantistes. Contraindre au raisonnable nécessite une grande culture générale et du rétro-contrôle où les média pourraient mieux faire.

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