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Procès des attentats de Bruxelles: la première audience a commencé, deux jurés suppléants sont déjà absents (direct)

La cour d’assises de Bruxelles a ouvert, ce lundi, le procès des attentats de Bruxelles, où la première audience a débuté après une heure de retard. Neuf hommes comparaîtront, accusés d’avoir ciblé l’aéroport de Zaventem ainsi qu’une station de métro bruxelloise le 22 mars 2016 à Bruxelles.

Temps de lecture: 6 min

La cour d’assises de Bruxelles a entamé lundi les débats au procès des attentats jihadistes qui ont fait 32 morts en 2016 dans la capitale belge, un moment à la fois attendu et redouté par des victimes encore traumatisées.

Après la constitution du jury populaire mercredi, l’audience a repris lundi peu avant 10H00 (09H00 GMT) pour entrer enfin dans le vif du sujet. Les débats devraient durer jusqu’en juin.

Le matin du 22 mars 2016, deux jihadistes s’étaient fait exploser dans le hall des départs de l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, et un troisième une grosse heure plus tard dans une station de métro du quartier européen, causant 32 morts et plusieurs centaines de blessés. Ces attentats-suicides, revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), ont été perpétrés par la cellule jihadiste déjà à l’origine des attaques du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis).

Face au neuf accusés dont le Français Salah Abdeslam — seul membre encore en vie des commandos du 13-Novembre, arrêté à Bruxelles quatre jours avant les attentats de mars 2016-, plus d’un millier de personnes réclament la réparation d’un préjudice, selon le parquet fédéral.

Parmi ces parties civiles: des parents ou proches des 32 tués, des personnes blessées par les explosions ou traumatisées par les «scènes du guerre» vécues ce jour-là. En ouvrant l’audience, la présidente de la cour Laurence Massart a constaté l’absence de deux des 24 jurés suppléants.

«Trop de stress»

Les 12 jurés titulaires sont assistés par un nombre exceptionnellement élevé de suppléants, susceptibles de remplacer la moindre absence au moment d’aller délibérer sur le verdict.

En marge de l’audience, un avocat de la défense, Stanislas Eskenazi, a critiqué les conditions drastiques de détention et de transfèrement des accusés au procès, «un conditionnement qui ne laisse pas présager qu’ils prendront la parole ici». Le procès se déroule sous haute sécurité.

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Le degré de participation des accusés est une des inconnues du procès, avec le nombre de parties civiles qui accepteront de témoigner publiquement. L’un des accusés, Osama Krayem, a refusé lundi de se lever et de répondre aux questions au moment de l’appel, adoptant la même attitude que mercredi lors de la formation du jury.

Danielle Iwens, qui travaillait derrière un comptoir d’enregistrement à Zaventem le 22 mars 2016, compte parmi les victimes qui n’iront pas au procès, par crainte d’éprouver «trop de stress».

«Ce n’est pas bien pour ma santé, physiquement c’est trop dur», a déclaré à l’AFP avant le procès cette femme de 58 ans, qui a perdu 60% de l’ouïe à une oreille et n’arrive plus à se concentrer comme avant.

«Faire reconnaître nos souffrances»

A l’inverse, Philippe Vandenberghe a l’intention de venir témoigner du traumatisme subi lorsqu’il est intervenu comme secouriste bénévole dans le hall de l’aéroport dévasté par la double explosion. Au milieu de tous ces corps gisant au sol, certains démembrés.

Pour cet informaticien de 51 ans, le procès doit être «le début d’autre chose». «On espère que nos souffrances seront reconnues, c’est ça l’important». Après les explications de la présidente sur l’organisation de l’audience, viendra l’étape de la lecture de l’acte d’accusation, à partir de mardi et vraisemblabement jusqu’à jeudi inclus. C’est un document de quelque 500 pages.

« Pas de préjugés, pas d’a priori »

La présidente a conseillé aux jurés de prendre des notes durant les débats et a insisté sur l’impartialité, le «travail à charge et à décharge» qui incombe aux trois juges de la cour et au jury. «On n’a pas de préjugé, pas d’a priori. On ne défend personne», a-t-elle dit.

La magistrate a aussi évoqué deux principes fondamentaux: l’égalité des armes entre les parties et la loyauté dans les débats. «L’accusé a toujours la parole en dernier lieu et les parties civiles n’ont pas la parole sur la peine, en cas de culpabilité, car on n’est pas dans une société de vengeance», a-t-elle ajouté.

«Sans vous, le procès s’arrête», a également insisté auprès des jurés Laurence Massart. Lundi, deux jurés suppléants manquaient déjà à l’appel, ce qui fait déjà baisser la «réserve» de 24 jurés à 22, pour ce procès qui sera extrêmement long, entre six et neuf mois.

«Il y a deux phases dans un dossier pénal», a poursuivi la présidente, s’adressant toujours aux jurés. «Il y a la phase préalable au procès pénal. C’est l’enquête. C’est une procédure écrite, qui est secrète. Le dossier n’est alors accessible qu’à certaines personnes et dans certaines conditions. Cette enquête-ci fait près de 300 cartons. Trois juges d’instruction l’ont menée. Vous les entendrez en février. Puis, il y a la phase du procès pénal. Là, c’est inverse, tout est oral et public, donc toute l’enquête va revivre devant vous.»

Après avoir donné ces quelques mots d’explication aux jurés, la présidente a énuméré les 60 devoirs d’enquête qu’elle avait ordonnés jusqu’à présent. Cinquante d’entre eux sont rentrés, dix doivent encore être scannés, a-t-elle précisé.

Ces devoirs concernent notamment des expertises psychologiques, l’identification de certaines personnes dans le dossier ou encore des enquêtes téléphoniques. L’un des devoirs concerne les images d’un drone survolant l’extérieur puis l’intérieur de la station de métro Maelbeek, a expliqué Laurence Massart.

Elle a également demandé à ce que soit démontée une installation permettant la retransmission audio et vidéo des débats dans un bureau du parquet fédéral sur le site du Justitia «au nom de l’égalité des armes». Enfin, la présidente a demandé la retranscription d’une discussion entre Mohamed Abrini, accusé dans ce procès, et Mehdi Nemmouche, l’auteur de l’attentat au Musée juif de Belgique à Bruxelles le 24 mai 2014 (qui avait fait quatre morts), dans le quartier de haute sécurité de la prison Bruges, et dont elle n’avait jusqu’ici que des extraits.

Les accusés sont censés être interrogés à partir du 19 décembre, et les premiers témoignages de victimes attendus à la mi-janvier.

Pour Salah Abdeslam, condamné en juin en France à la perpétuité incompressible dans la procédure du 13-Novembre, plane le risque d’une nouvelle peine très lourde en Belgique.

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Abdeslam, Mohamed Abrini, Sofien Ayari, Osama Krayem, etc: tous les accusés sauf Ibrahim Farisi encourent la réclusion à perpétuité pour «assassinats et tentatives d’assassinats terroristes».

Dans le groupe des logisticiens présumés des attaques, ce Belgo-Marocain est poursuivi pour «participation aux activités d’un groupe terroriste». Il risque jusqu’à dix ans ferme.

Sept des neuf accusés sont dans le box, les deux autres — Smaïl et Ibrahim Farisi — comparaissant libres. Un dixième homme est jugé en son absence car présumé mort en Syrie.

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Neuf hommes sont accusés dans ce procès des attentats qui ont ciblé l’aéroport de Zaventem et une station de métro le 22 mars 2016 à Bruxelles. L’un d’eux doit répondre de participation aux activités d’un groupe terroriste, les autres sont également poursuivis pour assassinats et tentatives d’assassinat dans un contexte terroriste.

Un dixième accusé est quant à lui présumé mort.

 

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5 Commentaires

  • Posté par eric biltiau, lundi 5 décembre 2022, 18:14

    Correction: L'idéal et la logique voudraient que ces deux peines soient additionnées puisque ce sont deux procès différents.

  • Posté par Claude , lundi 5 décembre 2022, 12:49

    Comment, ils n'ont pas droit à une pause carrière, une pause syndicale, au congé payé, à 1 ou x jour(s) de circonstance....

  • Posté par Lambert Paul, lundi 5 décembre 2022, 11:55

    honnêtement, quelle personne pourrait se passer pendant 6 mois de son travail et son salaire, encore plus en période de crise, avec ces charges à payer tout les mois son loyer ou son emprunt, et les diff financements qui eux doivent être payé, demander cela aux gens est quelque part illogique,

  • Posté par eric biltiau, lundi 5 décembre 2022, 16:34

    L'idéal et la logique voudraient que ses deux peines soient additionnés puisque 2 procès différents.

  • Posté par D Marc, lundi 5 décembre 2022, 12:16

    D'autant plus qu'un juré n'a rien à dire. S'il condamne un accusé à la prison à perpétuité, celui-ci (celle-ci) peut sortir après 12 ans. Même Abdeslam condamné à une peine de prison à perpétuité "incompressible" en France, pourra voir sa peine aménagée (raccourcie). C'est pourquoi ses baveux se sont lancés dans une plaidoirie en dehors des tribunaux (article dans le Soir et sur les plateaux télé) pour disculper leur client et éviter une "deuxième" condamnation à vie. Qui aurait cru que ces terroristes avaient "deux vies".

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