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Procès des attentats du 22 mars: la cour d’assises perd déjà deux jurés suppléants

L’audience au fond s’est ouverte ce matin sans incident mais avec une heure de retard. La perte de deux jurés suppléants, pour des raisons médicales, laisse cependant entrevoir le risque potentiel qui plane sur ce procès.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

On n’est décidément pas à un retard près, dans ce procès des attentats de Bruxelles. C’est donc quelques minutes avant 10h, et non à 9h, comme prévu initialement, que Laurence Massart a ouvert ce lundi 5 décembre l’audience au fond qui aurait en théorie dû démarrer le 13 octobre dernier, si la procédure n’avait pas buté sur la question du box des accusés.

Le procès démarre par ailleurs sur une mauvaise nouvelle. Ce n’est pas un mais bien deux suppléants qui ont déjà fait défaut ce matin. La 5e jurée suppléante a présenté un certificat médical à la présidente, tandis que le 12e, lui, a fait savoir qu’il ne pouvait suivre le procès à cause de son diabète, sans avoir pour l’heure transmis de justification écrite à la cour. Qu’importe, tous deux sont déjà rayés de la liste.

Et voilà la petite réserve de jurés suppléants – que d’aucuns jugeaient déjà maigre au regard de la longueur attendue du procès – qui s’amenuise dès le premier jour. Ce sera l’un des paramètres à suivre tout au long de l’audience : si le nombre de jurés passe sous la barre des 12, à force de récusations et de désistements, il faudra tout recommencer.

Si c’est une première embûche, la présidente n’en laisse rien paraître. Comme mercredi dernier, elle procède à l’appel des accusés après avoir salué les jurés et leur avoir promis « qu’on finira aujourd’hui à une heure raisonnable » – référence à l’audience de composition du jury, qui s’était pratiquement étirée jusque minuit. Des accusés qui, comme mercredi dernier, s’appliquent à décliner leur identité, leur âge, leur lieu de vie, leur profession et leur lieu de naissance sans faire de vague. À l’exception d’Osama Krayem, décidé à ne répondre à aucune des questions. « Je ne dirai rien, » déclare pour lui la traductrice du Suédois.

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« On n’a pas de préjugés, pas d’a priori »

Laurence Massart s’attache ensuite à poser les bases du procès d’assises et à prodiguer ses premiers conseils aux jurés. « Depuis votre prestation de serment, vous êtes devenus des juges et ce dont vous allez devoir décider c’est de la culpabilité et de l’innocence de chaque accusé. Pas d’un groupe d’accusé, mais de chacun des accusés dans son individualité, y compris celui qui fait défaut », rappelle-t-elle, en faisant référence à Oussama Atar, absent et présumé mort.

Elle enchaîne, sur l’importance de prendre des notes, d’abord : « N’hésitez surtout pas à prendre des notes. On en prend tous, les avocats aussi. Ce n’est pas possible de faire sans notes. »

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Sur le devoir d’impartialité de la cour, ensuite : « L’impartialité, ça veut dire qu’on ne défend personne. On n’a aucun intérêt dans ce procès. On n’a pas de préjugés, on n’a pas d’a priori. »

Autre moment important : le passage en revue des devoirs d’enquête réclamés par la présidente. On apprend, au cours de l’exercice, que celle-ci a demandé de faire retirer un dispositif de retransmission vidéo du procès installé dans les locaux du parquet fédéral, et ce pour une question « d’égalité des armes » vis-à-vis de la défense.

Cette audience, résolument technique, se poursuit avec l’évocation du calendrier des prochains jours.

 

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2 Commentaires

  • Posté par DEGUELDRE Jacques, lundi 5 décembre 2022, 15:28

    "On n'est décidément pas un retard prêt" ... : à quelle négligence ou approximation PRÈS va-t-on imputer cette évidente entorse au français, Arthur? La rigueur journalistique exige, autant qu'elle nécessite la vérification des sources, le respect et la connaissance de l'outil professionnel qu'est le langage. Un bon dictionnaire et une bonne grammaire sont des sources à consulter souvent. Surtout en cas de doute, marque d'un professionnalisme rigoureux. J.D. , journaliste e.r. , ESJ, UCL.

  • Posté par Desplanques Claude, lundi 5 décembre 2022, 13:13

    "pas à un retard prêt" : ah ah... Sans doute beaucoup n'est-il par "prêt", mais il aurait fallu écrire "à un retard près".

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