Accueil Monde Union européenne

La détention d’Eva Kaili est prolongée d’un mois

Le parquet fédéral a annoncé ce jeudi que l’eurodéputée Eva Kaili resterait en détention, après avoir été inculpée dans une enquête pour corruption.

Journaliste au service Enquêtes Temps de lecture: 4 min

La chambre du conseil de Bruxelles s’est réunie jeudi matin et a décidé, quelques heures plus tard, de prolonger d’un mois la détention de l’ex-vice-présidente grecque du Parlement européen (S&D), Eva Kaili.

Interpellée le 9 décembre, auditionnée à deux reprises par les enquêteurs, inculpée de corruption, blanchiment et participation à une organisation criminelle, l’eurodéputée avait jeudi matin par la voix de ses avocats demandé à être libérée sous condition, à savoir le port d’un bracelet électronique. Ce qui lui a donc été refusé.

À lire aussi Les aveux partiels d’Eva Kaili, les lourdes accusations de Panzeri contre Tarabella

En sortant de la chambre du conseil, bien avant que l’ordonnance de maintien en détention soit rendue, les avocats de Mme Kaili avaient réitéré son « innocence » et souligné le fait qu’elle « participe à l’enquête criminelle de manière active ».

Lors de la perquisition du 9 décembre, 150.000 euros environ avaient été retrouvés à son domicile et près de 600.000 euros avaient encore été découverts dans une valise que transportait le père de l’eurodéputée.

Scandale au Parlement européen

Dans ce scandale qui a provoqué une onde de choc au Parlement européen et des tensions entre le Qatar et l’UE, Eva Kaili fait partie d’un quatuor de suspects incarcérés après une inculpation pour « appartenance à une organisation criminelle », « blanchiment d’argent » et « corruption ».

Le 14 décembre avait déjà été décidé le maintien en prison de Francesco Giorgi, compagnon de l’eurodéputée socialiste, et de l’ancien eurodéputé Pier Antonio Panzeri, qui apparaissent aussi comme des figures clefs du dossier. Un quatrième inculpé, Niccolo Figa-Talamanca, dirigeant d’une ONG, s’était vu accorder ce jour-là un placement sous bracelet électronique, mais la mesure a été suspendue car le parquet fédéral a interjeté appel. Une audience a été fixée au 27 décembre, selon son avocate.

Ancienne présentatrice du journal télévisé, devenue une figure controversée du parti socialiste grec (Pasok-Kinal) – qui l’a exclue dès les premières révélations –, Eva Kaili ne cesse de démentir avoir reçu de l’argent du Qatar pour influencer ses décisions politiques.

Selon une source judiciaire belge, des sacs remplis de billets de banque d’une valeur de 150.000 euros ont été découverts dans son appartement à Bruxelles.

Mais Mme Kaili « ne connaissait pas l’existence de cet argent », a affirmé son avocat grec Michalis Dimitrakopoulos, selon qui M. Giorgi aurait « trahi la confiance » de sa compagne.

En Grèce, un compte bancaire commun du couple a été saisi par la justice, ainsi qu’un terrain de 7.000 m2 sur l’île de Paros acheté via ce compte, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Une enquête a été ouverte la semaine dernière par le parquet financier d’Athènes.

Un million et demi en cash

En Belgique, l’enquête dirigée par le juge financier Michel Claise a donné lieu à vingt perquisitions entre le 9 et le 12 décembre, y compris dans les locaux du Parlement européen à Bruxelles.

Le père d’Eva Kaili a été gardé à vue pendant 48 heures dans la capitale belge, tandis que l’épouse et la fille de M. Panzeri, ciblées par un mandat d’arrêt européen, ont été interpellées en Italie. Elles contestent devant les tribunaux italiens leur remise à la Belgique.

Au total, les enquêteurs belges ont mis la main sur 1,5 million d’euros en liquide, d’après la même source judiciaire. Outre les 150.000 euros découverts chez Mme Kaili, son père a été surpris avec une valise contenant 750.000 euros en espèces. Enfin, 600.000 euros ont été saisis au domicile de M. Panzeri, ancien élu socialiste du Parlement européen qui a fondé en 2019 à Bruxelles l’ONG Fight Impunity, dont les trois ans d’activité sont désormais scrutés à la loupe.

Le dirigeant syndical italien Luca Visentini, qui connaît M. Panzeri, a admis cette semaine avoir reçu de Fight Impunity un don en espèces d’environ 50.000 euros, mais il a assuré qu’il n’était lié à aucune tentative de corruption ou trafic d’influence au profit du Qatar.

Inquiété dans l’enquête, M. Visentini, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (CSI, Ituc en anglais), a été libéré sous contrôle judiciaire le 11 décembre après deux jours de garde à vue. Mercredi, il a été « suspendu » de ses fonctions par l’organe de direction de la CSI. Sur le plan diplomatique, le scandale ébranle la relation entre l’UE et le Qatar, qui a prévenu d’un possible « impact négatif » sur l’approvisionnement en gaz.

L’émirat, qui « rejette fermement » les accusations, a protesté contre un vote intervenu le 15 décembre au Parlement européen qui vise à suspendre l’accès « des représentants d’intérêts qatariens » le temps de l’enquête.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

14 Commentaires

  • Posté par Hiersoux Michel, dimanche 25 décembre 2022, 13:51

    joyeux noël cette tricheuse

  • Posté par Lora Garcia Javier, samedi 24 décembre 2022, 9:58

    Une viceprésidente qui va passer Noël en prison ...

  • Posté par Maesen Jean-Luc, vendredi 23 décembre 2022, 22:06

    Un peu "à côté de la plaque" votre commentaire là...

  • Posté par D Marc, vendredi 23 décembre 2022, 10:13

    La chambre du conseil prolonge la détention d'une "innocente". Un vrai scandale, à moins que ...

  • Posté par Mauer Marc, vendredi 23 décembre 2022, 20:40

    Innocente, cela va être compliqué, vu qu’elle a commencé à avouer. Et il est important de l’empêcher de communiquer avec d’autres protagonistes de l’affaire !

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Union Européenne

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une