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L’ARNmessager, un espoir inédit dans la prévention des maladies et leur traitement

La vaccination a presque autant progressé en trois ans de pandémie qu’en 200 ans d’histoire. Grâce à une technologie qui offre de vraies perspectives pour les maladies virales et émergentes, mais aussi dans la lutte contre le cancer.

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Cheffe adjointe du service Société Temps de lecture: 4 min

Le coronavirus a laissé beaucoup de traces dans nos sociétés. Et s’il en est une que l’Histoire retiendra, c’est le bond en avant que la pandémie a fait faire à la vaccination et, plus précisément, au déploiement d’une technologie porteuse d’espoir : l’ARNmessager.

Etudiée depuis plusieurs années par des chercheurs et des petites start-up convaincus de son intérêt, la technologie a pu, en deux ans, faire l’objet d’essais cliniques de grande ampleur, menés en un temps record, qui ont confirmé son innocuité, son efficacité (contre le covid-19) et sa simplicité, qui permet de produire de grands volumes de vaccins rapidement. Un must quand il s’agit de lutter contre une maladie virale très contagieuse et dangereuse.

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9 Commentaires

  • Posté par Raspe Eric, lundi 26 décembre 2022, 23:38

    Il faut bien être conscient que la technologie ARN n'est pas aussi miraculeuse qu'il n'y paraît même si c'est clairement une arme phénoménale dans notre arsenal thérapeutique. Elle demande une co-injection avec des excpients qui seront toujours les mêmes comme les dérivés de polyethylène-glycol nécessaires pour la conservation du vaccin. Hélas, ces excipients sont aussi connus pour être particulièrement allergènes. Il faut donc préserver cette technologie pour les maladies trop rares pour que le développement d'un vaccin soit rentable, pour les maladies comme le cancer où le traitement doit être personnalisé ou pour les cas d''urgence comme lors du début de la crise covid parce qu'il n'y a pas d'alternative qui puisse être développée aussi rapidement. En effet, attendre le développement d'un vaccin classique aurait signifié dans le cas de cette pandémie condamner à mort un nombre insupportable de patients. Pour le covid, des vaccins classiques basés sur l'injection d'antigène purifié qui sont désormais approuvés sont préférables depuis cette approbation. On contrôle parfaitement la quantité d'antigène à laquelle le système immunitaire du patient est exposé et la cinétique de cette exposition, notamment par rapport aux adjuvants administrés en même temps que l'antigène. Grâce à ce contrôle, il y aura moins de variation de l'efficacité vaccinale au sein de la population et on réussira à obtenir une réponse de plus longue durée. Le défaut objectif des vaccin ARN anti-covid est l'érosion vaccinale trop rapide qui demande des rappels trop fréquents incompatibles à long terme avec l'antigénicité des excipients.

  • Posté par Raspe Eric, mercredi 28 décembre 2022, 17:20

    D'expérience, je n'ai pas le même optimisme que vous monsieur Maesen. Les allergies aux dérivés de PEG sont bien plus fréquentes que vous ne l'imaginez. Par contre,un recul de plusieurs dizaines d'année démontre l'innocuité de l'ajduvant de GSK . Celui de Novavax est plus récent. Le caractère allergène de ce dernier est donc méconnu. Pour les agents lipidiques nécessaires pour faire entrer l'ARN dans nos cellules, nous n'avons pas encore le recul suffisant pour évaluer si eux aussi poseront des problèmes à force d'être injectés à tort et à travers. Que les choses soient claires mon propos n'est pas une opposition de principe à l'utilisation des vaccins ARN mais un encouragement à leur utilisation raisonnée pour les indications pour lesquelles ils sont le plus adaptés et incontournable. Je la trouverai mauvaise de ne pas pouvoir bénéficier d'un vaccin ARN pour traiter mon cancer si je suis devenu allergique aux excipients des vaccins ARN à force d'avoir été injectés avec ceux-ci de trop nombreuses fois pour me protéger de maladies pour lesquelles des vaccins classiques sont possibles. Un autre danger manifeste est la conséquence de l'appétit féroce du système capitaliste pour les bénéfices les plus grands à court terme. Le coût de développement d'un vaccin ARN est ridicule. Cela n'empêche pas de les vendre 10 à 20 fois le prix d'un vaccin classique. La tentation sera énorme de les utiliser pour tout et n'importe quoi. Pire, l'appât du gain aidant, le risque est majeur que les technologies éprouvées qui permettent un contrôle total de l'immunisation soient abandonnées parce que leur développement sera jugé trop lent et coûteux. Ce sera une erreur funeste, inévitable vue la gangrène du système. On utilisera donc une technologie dont la conservation du principe actif est délicate (vous n'imaginez pas les précautions de sioux nécessaires pour manipuler l'ARN), dont le transport dans nos cellules n'est pas toujours efficace (l'efficacité de transport des acides nucléiques dans nos cellules avec des nanoparticules lipidiques dépasse rarement les 10%!), dont le transport vers les ribosomes nécessaires pour produire les protéines antigéniques n'est pas garanti et dont l'efficacité de production de l'antigène à partir du code introduit dans nos cellules variera. C'est en fait un miracle que ces vaccins aient eu une efficacité suffisante. A cause de ces incertitudes, il est inévitable que l'efficacité vaccinale ait cependant une distribution très large, beaucoup plus large que celle des vaccins classique. C'est leur défaut majeur outre les possibles allergies. Cette large distribution d'efficacité est objectivement observée. Le vaccin sera inefficace dans une partie significative des sujets injectés. C'est la base des délires d'ernotte. Inversement, une petite proportion de sujets produiront tellement d'antigène qu'il subiront inévitablement les effets indésirables de celui-ci. L'autre soucis est que l'antigène atteindra son pic de production quand la majorité de l'adjuvant aura été éliminé. Or le rôle de l'adjuvant est de favoriser la mémorisation de l'immunisation. Ce décalage joue donc en principe un rôle dans l'érosion vaccinale même si cela doit encore être testé dans les études ad hoc. Par contre, je suis sceptique par rapport au rôle des mutation dans l'érosion vaccinales. La protéine spike fait environ 3000 acides aminés. Les mutations se concentrent dans des points chauds qui touchent une centaine d'acides aminés. Un épitope reconnu par des anticorps fait une dizaine d'acides aminés. Il reste donc statistiquement assez d'épitopes intacts dans les mutants pour qu'une réponse immune soit enclenchée. C'est d'ailleurs ce qui est généralement observé dans les expériences de neutralisation des variants avec les sérums extraits du sang de patients atteints par la maladie. Cette neutralisation est certes réduite mais souvent d'une vingtaine de pourcents seulement. Le problème principal des mutants est que le virus muté a besoin de moins de particules virales pour infecter un sujet. Soit par un effet thermodynamique en augmentant la force avec laquelle le virus "colle" à sa cible (le variant alpha). Soit par un effet cinétique en figeant la protéine spike dans une forme qui favorise la fusion de la membrane du virus avec celle de nos cellules (les variants delta et omicron). Ces sauts quantitatifs ont eu lieu. La sélection naturelle a eu bien le temps d'explorer tout le champ des possibles de sorte qu'il est peu probable que l'érosion vaccinale dépendent significativement des nouvelles mutations. Une analyse théorique de la structure de la protéine spike démontre en outre que seulement 10% des mutations possibles n'auront pas un effet délétère sur sa fonction. La grande majorité des mutations seront néfastes pour l'efficacité d'infection. L'argument des mutations pour expliquer l'érosion vaccinale tient donc plutôt d'un effet marketing que d'une réalité scientifique solide. Maintenant que le gros de la crue a été évité grâce aux sac de sable que sont les vaccins ARN dont l'utilité est incontestable pour quelqu'un de censé, il convient de renforcer les digues avec des vaccins plus solides basés sur des technologies qui ont fait leurs preuves. Cela tombe bien. Deux de ces vaccins sont approuvés, le novavax et le Sanofi. Je trouve déplorable et suspect qu'avoir accès à l'un d'eux soit encore un tel parcours du combattant en Belgique. Je suis désespérément à la recherche d'un centre où ils sont administrés pour y envoyer des personnes allergiques au PEG.

  • Posté par Maesen Jean-Luc, mardi 27 décembre 2022, 10:49

    Et pour ce qui est de l'<érosion immunitaire> face au Covid (plutôt qu'une érosion purement vaccinale, puisqu'un phénomène strictement identique apparaît clairement après une véritable infection par le virus <SARS-CoV-2>), elle est plutôt due à la manière "imparfaite" dont le système immunitaire réagit à ce virus (les taux des anticorps produits diminuant fortement après quatre à six mois, en cas de vaccination comme d'infection...), et à la "mutagènicité" très importante de ce même virus qui a démontré à plusieurs reprises la capacité de ses nouveaux "variants" à résister plus ou moins fortement aux anticorps produits précédemment face aux variants antérieurs (i.e. <D614G> initial, <alpha>, <delta>, <omicron BA.1&2>, <omicron BA.4&5>, <omicron BQ.1-BQ.1.1>, et ainsi de suite). Une technologie vaccinale particulière (ARNm par exemple) n'étant absolument pas en cause dans ce cas précis, contrairement à ce qu'affirment sans cesse "certains ignares" (je ne parle pas de vous M. Raspe).

  • Posté par Maesen Jean-Luc, mardi 27 décembre 2022, 10:30

    M. Raspe, vous affirmez : <Elle demande une co-injection avec des excpients qui seront toujours les mêmes comme les dérivés de polyethylène-glycol nécessaires pour la conservation du vaccin. Hélas, ces excipients sont aussi connus pour être particulièrement allergènes>. Il est bien clair que ces composants (PEG principalement) qui permettent surtout de "stabiliser" les nanoparticules lipidiques qui encapsulent l'ARN messager pour augmenter suffisamment sa durée de vie et lui permettre d'infiltrer les cellules, peuvent provoquer chez certains un phénomène d'allergie. Mais ce phénomène n'est pas si courant que cela, peut-être moins d'ailleurs que la réaction éventuelle à l'adjuvant mis au point par GSK et utilisé dans le vaccin de Sanofi, dont le rôle est ici bien plus important mais différent, puisqu'il s'agit d'augmenter/optimiser la réaction immunitaire vis à vis de la (partie de) protéine S purifiée directement injectée. Pour rappel, les <PEG> sont utilisés en masse par l'industrie cosmétique, et entrent dans la composition de très nombreux produits d'hygiène ou de soins de la peau ou des cheveux, comme les crèmes visage et corps, crèmes à raser, shampoings, après-shampoings, savons pour peau grasse, dentifrices, sprays pour cheveux, rouges à lèvres. D'autre part, les <PEG> constituent la base de nombreux produits laxatifs utilisés à large échelle par de nombreuses personnes depuis des années, notamment : <Le polyéthylène glycol 3350 est un laxatif utilisé dans la prévention ou le traitement de la constipation occasionnelle et des selles dures. Il attire l'eau vers les selles afin de favoriser le transit intestinal et de ramollir les selles>. Des cas d'allergie à ces produits existent, mais ils ne sont pas généralisés. Il ne s'agit évidemment pas de nier par là toute activité allergène de ce genre de produit (qui est indéniable chez certaines personnes), mais plutôt de ne pas en exagérer non plus l'importance. Pour le reste, je vous suis entièrement sur les avantages potentiels d'un vaccin à protéines recombinantes comme celui de Sanofi-GSK. D'ailleurs, plus il existera de possibilités (et de technologies) différentes (et complémentaires) permettant d'effectuer une vaccination contre un pathogène donné, mieux ce sera pour nous tous. Et une sélection intelligente de la meilleure et de la plus adaptée en fonction des circonstances ou des allergies acquises par l'une ou l'autre personne sera nécessaire.

  • Posté par Raspe Eric, lundi 26 décembre 2022, 23:50

    J'oubliais en complément de ce commentaire. Il est tout simplement décevant que le soir qui se prétend encore journal de qualité n'ai pas encore écrit un article sur l'approbation du vaccin Sanofi. C'est louche!

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