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Procès des attentats de Bruxelles: nouvelle polémique sur les fouilles, l’audience suspendue dans un climat de tension

La première audience de 2023 du procès des attentats à Bruxelles du 22 mars 2016 a été suspendue mardi après que les accusés se sont insurgés, via leurs avocats, d’avoir subi des fouilles à nu accompagnées de génuflexion, malgré l’ordonnance en référé prononcée le 29 décembre qui interdisait le recours systématique à ce type de fouilles.

Temps de lecture: 3 min

A la demande de la défense, l’audience a débuté, vers 9h20 avec la lecture par la présidente de la cour, Laurence Massart, de l’ordonnance en référé prononcée le 29 décembre qui interdisait les fouilles à nu accompagnées de génuflexion. Seuls quatre accusés détenus sur sept étaient présents dans le box, Salah Abdeslam, Bilal El Makhoukhi et Ali El Haddad Asufi étant absents.

Les débats se sont enflammés après la lecture lorsque les avocats des trois absents ont expliqué que, si leurs clients souhaitaient se présenter devant la cour, ceux-ci avaient renoncé à venir après avoir été contraints de se soumettre à une fouille à nu. Les conseils des accusés détenus présents ont précisé que leurs clients avaient également dû s’y plier. « On est face à un ministre de la Justice qui ne respecte pas une décision de justice », a commenté Me Lurquin, avocat de Hervé Bayingana Muhirwa.

L’avocate de Mohamed Abrini, Me Laura Pinilla, a annoncé qu’il était probable qu’elle n’ait plus de mandat pour représenter son client au procès. Egalement, Me Jonathan De Taye, conseil d’Ali El Haddad Asufi, a affirmé qu’il n’acceptera pas de représenter son client, absent à l’audience mardi matin, si la décision du juge des référés n’était pas respectée. Or, si un accusé n’est ni présent ni représenté, le procès ne peut se poursuivre.

« Les victimes souhaitent avancer »

De leur côté, les parties civiles et le procureur général ont souhaité que le procès se poursuive. « Les droits des uns et des autres doivent être respectés », a demandé Alexandre Wilmotte, qui représente trois parties civiles. « Il faut bien évidemment respecter les droits des accusés, mais chacun comprendra que les victimes souhaitent avancer. Si certains accusés ne sont pas représentés, la cour peut prendre des mesures afin que le procès se déroule malgré tout ».

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Sofien Ayari a tenu à prendre la parole également. « Ce n’est pas un caprice, on ne peut pas subir ça pendant 9 mois. Si cela continue, il sera impossible de se présenter au procès et de répondre aux questions », a-t-il affirmé. « Quand on parle des personnes qui ne veulent pas que le procès se tienne, il ne faut pas nous montrer du doigt. Qu’est-ce que j’aurais à y gagner moi ? J’ai pris 50 ans ! Je veux pouvoir répondre aux questions des parties civiles car je considère que c’est du respect. »

Afin d’éviter un blocage total de la situation, la présidente de la cour, Laurence Massart, a demandé au chef d’enquête « de contacter les responsables de la police fédérale qui sont en charge du transfert des détenus et de leur demander quel est le protocole de transfert ainsi que les modalités individuelles de transfert des accusés détenus qui ont été mises en place aujourd’hui ». Ce devoir d’enquête complémentaire devrait être rendu pour 15h mardi. L’audience est suspendue entre-temps.

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En dehors de la problématique des conditions de transfert des accusés, Laurence Massart a également demandé, juste avant la suspension de l’audience, au chef d’enquête d’auditionner les proches de deux victimes des attentats qui ont mis fin à leurs jours en 2021 et en 2022 afin de déterminer si leur décès est en lien avec les attaques. Elle a aussi noté deux nouvelles constitutions de partie civiles.

 

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10 Commentaires

  • Posté par Druide David, mardi 3 janvier 2023, 17:51

    Mais qu'est qu'elles sont pudiques ces islamistes de bas étages

  • Posté par lambert viviane, mardi 3 janvier 2023, 17:41

    Chantage de la part des accusés et de leurs avocats. Le jugement en réfèré n'interdit pas la fouille à nu avec génuflexion : celle-ci doit être individualisée et circonstanciée.

  • Posté par Moriaux Raymond, mardi 3 janvier 2023, 18:22

    Vous connaissez les arguments présentés à l'appui de ces fouilles ? Non, je suppose. Alors comment savez-vous qu'elles étaient justifiées ? Vous ne le savez naturellement pas non plus. Et personne n'est venu l'expliquer au tribunal alors que la Présidente l'exigeait. Pas un peu bizarre, ça, hein ?

  • Posté par VERDOODT Jean-marie, mardi 3 janvier 2023, 17:33

    Qu'est ce que ces avocats cherchent ?? A quoi veulent-ils arriver ??

  • Posté par ONCKELINX DANIEL, mardi 3 janvier 2023, 18:51

    Comme chaque fois en justice il est particulièrement difficile de faire comprendre que les droits de la défense ne sont pas à géométrie variable en fonction de la gravité du délit. Il est aussi déplacé d'affubler les avocats des mêmes maux que leurs clients. Pour les parties civiles elles méritent les meilleurs conseils possibles en espérant qu'il n'y aie pas un problème d'honoraires

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