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Procès des attentats à Bruxelles: la défense dénonce à nouveau l’attitude de la police

Les accusés Mohamed Abrini, Osama Krayem et Salah Abdeslam ont préféré retourner en cellule.

Temps de lecture: 2 min

Me Vincent Lurquin a une nouvelle fois dénoncé lundi matin, au procès des attentats du 22 mars 2016 devant la cour d’assises de Bruxelles, des «erreurs de copié-collé» dans les justifications par la police des fouilles à nu imposées à son client, l’accusé Hervé Bayingana Muhirwa.

Fin décembre, le juge des référés a interdit les fouilles à nu systématiques et non motivées, au motif qu’elles violent la Convention européenne des Droits de l’Homme. Depuis lors, les avocats de la défense ne cessent de signaler des justifications boiteuses.

«Les motivations individuelles sont une nécessité. Pour mon client, on a considéré qu’il avait été condamné à Paris (dans de précédentes justifications, NDLR), puis reconnu que non. Mais, selon la police, il a toujours un casier judiciaire», alors que ce dernier est vierge, a rappelé le pénaliste. «Enfin, ce sont des erreurs de copiés-collés», a-t-il soupiré, insinuant que les motivations des fouilles ne sont pas écrites en fonction de la situation du jour.

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Selon l’avocat, la police justifie la fouille à nu de son client par des informations provenant des services internes de police, des renseignements belges et étrangers et par le fait que son client serait «déprimé».

«Cependant, la police indique ne pas disposer d’informations complémentaires à propos de mon client, tout comme les renseignements étrangers. Elle fait ensuite référence à l’analyse de risque de l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam).» De niveau 3 sur une échelle qui en compte 4, cette analyse mentionne qu’il faut «faire attention à la propagande des détenus», a cité le pénaliste. Or, a-t-il poursuivi, Hervé Bayingana Muhirwa ne peut avoir de contacts en prison qu’avec ses co-accusés, rappelant que celui-ci est détenu dans une aile de haute sécurité de la prison de Haren.

Quant au fait que son client soit décrit comme «déprimé», Me Lurquin s’en est étonné étant donné que M. Bayingana Muhirwa «n’a pas vu de psychologue» pour en attester. Les motivations sont «de plus en plus succinctes» et n’ont «pas de sens légal».

La présidente de la cour, Laurence Massart, a pour sa part rappelé qu’elle n’était pas compétente pour les questions de transfert des accusés et que les avocats pouvaient saisir les instances compétentes.

Les accusés Mohamed Abrini, Osama Krayem et Salah Abdeslam ont préféré retourner en cellule.

 

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8 Commentaires

  • Posté par eric biltiau, lundi 23 janvier 2023, 21:15

    Combien de temps encore cette "justice" va-t-elle accepter de dépenser des milliers d'euros sur le dos des citoyens en laissant faire ces détenus comme bon leur semble?

  • Posté par Moriaux Raymond, lundi 23 janvier 2023, 14:39

    Ces pseudo motivations étaient prévisibles, ont été prévues et sont aujourd'hui des réalités. L'arrogance et le mépris de cette poignée de faux défenseurs de l'ordre sont une tâche sur l'honneur de tous leurs collègues.

  • Posté par Moriaux Raymond, lundi 23 janvier 2023, 16:50

    Collin. Comme d'habitude, nous ne sommes pas d'accord. Souvent, j'en suis heureux.

  • Posté par collin liliane, lundi 23 janvier 2023, 16:22

    L'honneur de qui que ce soit n'a aucune raison de souffrir des agissements d'autrui.

  • Posté par Lerusse Marcel, lundi 23 janvier 2023, 14:21

    À propos de film, pourquoi ne pas filmer et publier en direct cette fameuse fouille.

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