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Corruption au Parlement européen: Andrea Cozzolino est venu plaider «son innocence» devant les députés

Le député S&D a été entendu ce matin, à sa demande, par la commission des affaires juridiques. Laquelle doit statuer sur la demande de levée d’immunité d’Andrea Cozzolino et Marc Tarabella.

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Mon client, qui n’a pas encore été entendu par le juge d’instruction, a profité de l’opportunité qui lui était donnée de s’exprimer devant ses collègues pour s’expliquer. » A l’issue de l’audition d’Andrea Cozzolino par la commission des affaires juridiques du Parlement européen, l’un de ses avocats, Dimitri de Beco, a résumé le propos du député socialiste devant ses pairs. « Il n’a jamais reçu d’argent ni d’avantages, directement ou indirectement, pour influencer des décisions politiques. »

Le Parlementaire européen a par ailleurs signifié, lors de son audition, qu’il « renonce formellement » à son immunité parlementaire, pour « soulager la pression sur le Parlement et afin de collaborer à l’enquête ». Une déclaration qui ne devrait rien changer à la procédure : la commission des affaires juridiques (le 31 janvier), puis les députés en séance plénière (au plus tard le 13 février) devront bel et bien voter les levées d’immunité de Marc Tarabella et Andrea Cozzolino.

Andrea Cozzolino veut être entendu par le juge

En livrant sa version de l’affaire, durant une quinzaine de minutes, le député italien a par ailleurs insisté sur le fait que ses prises de position « critiques » étaient « manifestement incompatibles » avec l’idée qu’il ait pu faire partie d’un réseau d’influence. Selon des sources proches du dossier, il en a fourni quelques « exemples » à la commission des affaires juridiques, et entend les détailler au juge d’instruction – auquel il dit avoir demandé, dès le 21 décembre, d’être entendu. Certains concernent les travaux parlementaires relatifs au Qatar, d’autres au Maroc, « qui prouvent qu’il est totalement étranger au Qatargate ».

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Concrètement, Andrea Cozzolino assure ainsi « avoir posé des questions précises et en aucun cas complaisantes » au ministre qatari du Travail, lors de son audition, devant le Parlement, le 14 novembre dernier. Ou encore « avoir voté en faveur des amendements les plus importants à la motion condamnant le comportement du Qatar ». Il affirme encore que l’un des mails expédiés, par rapport à cette motion, depuis son adresse, était en réalité « une initiative de son ancien collaborateur, Francesco Giorgi ». Par rapport au Maroc, Andrea Cozzolino, qui était chef de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb, explique que « toutes les positions prises par la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb ont été adoptées à l’unanimité, il n’y a jamais eu de désaccord entre députés », et que « la seule résolution » qu’il a signée sur le Maroc « contenait une critique sévère de l’Etat marocain en matière d’immigration ».

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Dans sa ligne de défense, Andrea Cozzolino estime enfin que les soupçons qui reposent sur lui viennent du fait que Francesco Giorgi, ex-assistant de Pier Antonio Panzeri et compagnon d’Eva Kaili, travaillait pour lui. Le député socialiste dit l’avoir recruté parce que c’était « l’un des fonctionnaires les plus brillants de Bruxelles » et qu’il est « habituel » d’engager comme assistants les collaborateurs de députés qui ne sont pas réélus. Mais il insiste « ne pas avoir été au courant des activités de MM. Panzeri et Giorgi ».

 

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1 Commentaire

  • Posté par Bruno Stephane, mardi 24 janvier 2023, 17:07

    Al Capone serai le prochain témoin

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