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Bruxelles: le Fuse quitte les Marolles, les réactions s’enchaînent

Le déménagement du célèbre établissement fait couler beaucoup d’encre depuis son annonce officielle.

Temps de lecture: 6 min

C’est donc la fin d’une époque. Le Fuse fêtera bien ses trente ans dans les Marolles, mais pas une année de plus. Face à la plainte d’un voisin pour nuisances sonores et aux restrictions de bruit imposées par Bruxelles Environnement (95 dB jusqu’à deux heures du matin), le célèbre club bruxellois a dit son intention de déménager endéans les deux ans, seul moyen pour régler le conflit. En échange, Bruxelles Environnement a revu ses restrictions de bruit à la baisse : elle autorise le club à organiser 90 événements par an de 23 heures à 7 heures du matin, à raison de deux maximum par semaine. Ce qui est moins qu’avant sa fermeture.

« Le Fuse nous a dit son intention de déménager dans les deux ans », explique Pascale Hourman, porte-parole de Bruxelles Environnement. « Pour nous, ce qui est important, c’est que dans deux ans toutes les normes soient bien respectées. Et donc, soit que des travaux aient été effectués – mais pour le Fuse, il semblerait que ces travaux ne peuvent pas être menés sans mettre à mal la stabilité du bâtiment et la fiabilité de la boîte de nuit en raison de leurs coûts très importants – soit le club déménage et c’est ce que sa direction a proposé. »

Du fait que le Fuse a promis de quitter les lieux d’ici deux ans, l’administration régionale leur octroie un délai pour continuer à faire sonner les basses, le temps de trouver un autre endroit, selon les conditions citées plus haut. « La mission de Bruxelles Environnement est de respecter l’environnement et la quiétude des riverains et il faut trouver un équilibre entre le dynamisme de la vie nocturne à Bruxelles et la quiétude et la santé des Bruxellois. »

La mort dans l’âme, le Fuse vit donc ses dernières nuits dans les Marolles.

Les réactions s’enchaînent

« En réalité, cette décision n’est pas une décision d’ouverture mais elle marque la fermeture du Fuse parce que la loi interdit à un établissement commercial d’ouvrir dans une zone industrielle. Donc, personne ne sait aujourd’hui où il pourrait s’installer d’autre », dit Lorenzo Serra de la Brussels By Night Federation. « On n’est pas en train de pousser à la fermeture une simple boîte de nuit qui ne respecte rien mais bien le temple de la techno, une institution culturelle qui fait de la programmation et qui fait notre fierté au-delà de nos frontières. Un lieu qui a un rôle social et structurant. C’est l’opéra du XXIe siècle qu’on pousse à fermer contre l’avis populaire : 70.000 personnes ont signé la pétition pour sauver le Fuse. »

Pour Lorenzo Serra, le problème est bien plus large qu’un simple conflit de voisinage. « Il faut faire reconnaître ces lieux – ou du moins certains d’entre eux – comme des établissements d’utilité publique, c’est le principe d’ agents of change qui dit que quelqu’un qui va s’installer dans un quartier animé, c’est sa responsabilité de faire tout pour limiter le bruit. Ça va au-delà du principe d’antériorité. Il est urgent de cartographier Bruxelles pour protéger le tissu existant afin de garder une ville dynamique et sécurisée. Le secteur de la nuit fait partie de la solution. C’est une question politique qui va bien au-delà des normes de nuisance sonore. Qu’est-ce qu’on veut pour notre ville ? Cette décision est tragique pour Bruxelles. »

Il faut une politique de long terme pour le Fuse et l’ensemble de la vie nocturne bruxelloise, ont affirmé mercredi soir le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS) et le secrétaire d’Etat bruxellois à l’Urbanisme, Pascal Smet (one.brussels - Vooruit).

« L’effervescence de la vie nocturne bruxelloise est essentielle à l’attrait de la vie dans notre ville. La brève (heureusement) fermeture du Fuse montre pourtant que l’importance de notre scène nocturne pour nombre de Bruxellois, pour notre image et notre tourisme, est encore trop peu ancrée aujourd’hui dans notre politique. L’intérêt général doit pouvoir coexister avec la défense et la protection de l’habitat », ont estimé les deux mandataires socialistes, dans un communiqué commun.

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS), a également réagi sur Twitter à cette situation : « Même si le #Fuse souhaite déménager, je ne peux me résoudre à cette décision provisoire. Sinon qui sera le prochain ? »

La réaction officielle du Fuse

« Bruxelles Environnement a revu sa décision de fermer le club et permet au Fuse de rouvrir à la condition que le club quitte son emplacement actuel dans deux ans, ainsi que d’autres conditions très restrictives, qui ne correspondent pas à ce que nous avions proposé et accepté lors de nos discussions avec eux », a réagi la boîte de nuit dans un communiqué officiel sur Facebook.

« Les niveaux de musique pendant les premières et dernières heures doivent maintenant être réduits à des niveaux inférieurs à 95dB par rapport à leur décision initiale, de sorte que nous ne pouvons jouer à des niveaux acceptables que pendant quelques heures au milieu de la nuit », explique le Fuse.

« Nous allons essayer de fonctionner avec ces niveaux, mais nous avons peur de devoir fermer à nouveau parce qu’il ne sera pas possible de travailler avec ces niveaux. Il n’est pas non plus autorisé à avoir des week-ends spéciaux avec 3 nuits, et il n’est pas permis non plus d’ouvrir occasionnellement plus tard que 7 heures, ce qui était le principal élément attractif pour les touristes ». Et d’ajouter : « L’établissement a été sauvé de la fermeture immédiate. Cependant, le club, ses nombreux visiteurs, artistes et employés restent dans l’incertitude car la menace pour Fuse en particulier et la culture du club à Bruxelles en général persiste encore. »

À lire aussi Comment le «Fuse» est devenu le temple de la techno à Bruxelles

« La Brussels By Night Federation a lancé une pétition pour soutenir Fuse, qui a recueilli 65 000 signatures écrasantes. Le message était clair : la culture du club devrait être reconnue comme une culture authentique, et une personne qui achète une maison adjacente 17 ans après l’existence du club ne devrait pas avoir le pouvoir de placer ses propres intérêts avant ceux de plusieurs milliers d’autres. Près d’un demi-siècle d’un site emblématique dédié aux festivités est maintenant menacé d’extinction. Une stratégie à long terme pour protéger, intégrer et mettre en œuvre la vie nocturne dans notre capitale est urgemment nécessaire pour assurer la survie de Fuse à la rue Blaes et de la culture du club à Bruxelles. Sinon, le Fuse pourrait seulement être le premier de beaucoup d’autres clubs bruxellois à fermer ses portes. A la lumière de cela, nous souhaitons attirer l’attention sur la dernière réunion du Conseil de la nuit de Bruxelles, qui suggère une feuille de route pour travailler à un climat plus sain pour les boîtes de nuit. Cela inclut notamment la mise en œuvre du principe de l’“agent de changement” et la reconnaissance des clubs en tant qu’institutions culturelles. Nous appelons à nouveau les autorités compétentes à prendre des mesures rapides et déterminées pour protéger notre scène de clubbing bien-aimée et exhortons le gouvernement bruxellois à agir et à créer les ajustements nécessaires aux lois. »

À lire aussi Le Fuse est-il un lieu culturel ou de nuisance sonore?

Et de conclure : « Nous tenons à exprimer notre plus grande gratitude à tous ceux qui ont manifesté leur soutien à notre cause. Vos efforts nous permettent de continuer et rendent notre scène si unique. »

À lire aussi Fermeture du Fuse: les autorités réagissent

 

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20 Commentaires

  • Posté par Leener Christophe, jeudi 26 janvier 2023, 14:30

    Je suis curieux de connaitre l'âge de tout ces vieux réacs grincheux et qui viennent donner un avis sur quelque chose qu'ils ne connaissent même pas!!!. PS: j'ai 49 ans et je suis pour le fait qu'une institution CULTURELLE (oui certains lieux de la nuit font partie du patrimoine culturel) tel le FUSE conserve son emplacement historique! Sinon après le Fuse qu'elle sera la prochaine institution, Le Mirano? et puis les autres.. BXL doit faire vivre certains quartiers au rythme de la nuit , comme d'autres le sont aux logements, commerces, bureaux,...

  • Posté par Moriaux Raymond, jeudi 26 janvier 2023, 16:41

    Pas besoin d'être si vieux pour lire et comprendre un règlement. Quoique, finalement, la faculté de compréhension ne semble plus être ce qu'elle fut. A moins que ce ne soit l'idée de ce qu'est le respect des autres qui s'est évaporée. Voire les deux ...

  • Posté par Sergeant Philippe, jeudi 26 janvier 2023, 14:22

    "C’est l’opéra du XXIe siècle qu’on pousse à fermer contre l’avis populaire". Diable, y en a qui se croient sorti de la cuisse de Jupiter... Et qui ne semblent pas connaître pas grand-chose à l'opéra, en tout cas !

  • Posté par Moriaux Raymond, jeudi 26 janvier 2023, 12:46

    Comment un non-sujet pareil peut-il mobiliser à lui seul quasi toute la rubrique "Bruxelles" ? Il ne s'y passe vraiment rien d'autre de plus intéressant ?

  • Posté par Esquenet Alexandre, samedi 28 janvier 2023, 22:55

    Si, le plan good move, c'est passionnant.

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