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Jeux olympiques 2024: plusieurs milliards d’euros nécessaires pour les infrastructures sportives

Vieillissant, sous-dimensionné… Le parc des équipements sportifs en France a besoin de plusieurs milliards d’euros pour se remettre à niveau, une manne financière qui tarde à venir malgré les Jeux olympiques 2024 dans moins d’un an et demi.

Temps de lecture: 4 min

Le problème n’est pas nouveau. La France n’a pas assez de gymnases, de piscines ou de terrains de sport par rapport aux besoins de sa population. Plus d’un tiers des 300.000 infrastructures sportives que compte l’Hexagone datent d’avant 1985, et selon une étude de la banque BPCE rendue public en janvier, plus de la moitié de ces équipements n’ont jamais fait l’objet de travaux.

Le chantier semble immense, représentant une enveloppe de plusieurs milliards d’euros pour pallier ce déficit. « Sur une trajectoire raisonnée, on estime qu’il faudrait au minimum, sur une échéance de quatre-cinq ans, une enveloppe entre 2,2 et 3 milliards d’euros par an », estime Vincent Saulnier, secrétaire général de l’Andes (Association nationale des élus du sport).

La fenêtre des JO-2024 (26 juillet-11 août 2024) en France a certes remis cette question sur le haut de la pile, mais l’effort semble bien loin des besoins.

En 2021, une mission parlementaire, pilotée par le député Belkhir Belhaddad (Renaissance) avait déjà pointé ce besoin de financement en pointant le vieillissement cumulé à une inégalité d’accès. La mission avait conclu à la nécessité d’une loi de programmation pour la période 2025-2030 avec 500 millions d’euros par an.

Corriger les inégalités

« L’héritage des JO passe nécessairement par la question des équipements », confirme le député, estimant que sous Emmanuel Macron, le gouvernement n’avait « jamais mis autant d’argent ».

Pour 2023, 192 millions d’euros transitant par l’Agence nationale du sport (ANS), dont l’une des missions consiste à corriger les inégalités territoriales en matière d’accès aux pratiques sportives, sont fléchés pour les équipements.

« Il faut ajouter à cela les projets financés par le Fonds vert (enveloppe de 2 milliards d’euros). Et en tout on est à près de 400 millions d’euros par an entre 2021 et 2024 », estime Belkhir Belhaddad. « Mais il faut arriver à pérenniser ces enveloppes ».

Et c’est là tout l’enjeu.

« Il y a trop peu de crédits qui ne sont pas exceptionnels », juge l’ancien député Régis Juanico, désormais expert en politique publique sportive.

Pour cet ex-parlementaire, l’une des pistes devrait consister en une nouvelle ventilation des taxes affectées, qui représentent près de 480 millions d’euros par an en cumulant les prélèvements sur les paris sportifs, sur la FDJ et la taxe Buffet.

« Près des deux tiers de cette manne est versée à l’Etat, et un tiers à l’ANS, il faudrait faire l’inverse, et on pourrait avoir un début de plan pérenne », assure-t-il. « Un plan vertueux », corrobore Vincent Saulnier.

« Occasion manquée »

Le plan Macron lancé en octobre 2021 par le président de la République pour rénover et créer 5.000 équipements sportifs de proximité « est un bon signal », estime Vincent Saulnier, « mais » insuffisant « selon le sénateur (LR) Jean-Jacques Lozach.

Le risque d’une décompression post-JO inquiète également certains acteurs, craignant une baisse d’intérêt pour cette problématique une fois l’évènement passé.

« On a quelques signaux d’inquiétude quant à la part réservée aux équipements structurants dans la loi de programmation de finances, avec peut-être une baisse envisagée vers 2025 «, s’inquiète Vincent Saulnier.

« Le sujet ce n’est pas forcément les JO. Les équipements, c’est un sujet sur lequel il faut travailler sur le temps long, et de manière continue. Ca nécessite un investissement lourd, et il faut le faire de manière régulière «, note Ludovic Roye, président de l’association des DTN.

« Si on veut donner accès au sport à la population, c’est un enjeu majeur «, ajoute-t-il.

L’un des points noirs reste les piscines, dont près de 62 % sur les 4.000 que compte la France, datent d’avant 1985. « On a un vrai problème avec les piscines », reconnaît Régis Juanico.

« Il n’est jamais trop tard mais il faut s’emparer de ce sujet à bras le corps si on veut une évolution significative », espère Jean-Jacques Lozach.

Si l’engouement tant espéré se produit avec les JO, entraînant une hausse de la pratique sportive, « tout n’est pas encore rassemblé pour pouvoir accueillir plus de pratiquants ». « C’est un peu une occasion manquée «, regrette Vincent Saulnier.

 

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