Accueil La Une Monde

Brexit: la soupe aux shoes de Theresa May

Deux jours que le monde entier est pendu aux escarpins léopard de Theresa May, la nouvelle Première ministre du Royaume-Uni.

Commentaire - Journaliste au service Culture Temps de lecture: 3 min

C’est pour détourner l’attention, vous dirait la reine du Shopping brésilienne Cristina Córdula : « Quand on a dou ventre, ma chèèèrrrie, on met oun décolleté plongeant ». Oui, mais quand on dévoile ses fines chevilles et un goût immodéré pour les chaussures, Cristina, c’est pour cacher quoi ?

Deux jours que le monde entier est pendu aux escarpins léopard de Theresa May. En Une du Sun, mardi, ils écrasaient de toute leur puissance les visages de six ministres et hommes politiques dont Boris Johnson. Qui auraient tous pu régner là, à sa place, au nº 10.

À lire aussi Theresa May, une Première ministre éprise de justice sociale

Mais Theresa May ne veut pas détourner l’attention (si c’était le cas, c’est raté). Ses talons – pas des javelots de drag queen, non, plutôt des « kitten heels » comme les appelle la presse britannique, des talons de chaton, du sexy subtil de dominatriceke –, c’est sa marque de fabrique. Sa patte. Sa signatourrre stylistique. Elle dit qu’ils « sont un bon moyen de briser la glace ». Et qu’il ne faut rien y voir d’autre.

Taratata Theresa. Il y a mille secrets sous ces semelles-là. Des racines, déjà, pures et dures : ce cuir, ce nubuck, il vient d’ici, des terres de Sa Majesté, nourri à l’herbe tendre des Highlands puis vendu entre 250 et 500 livres dans les boutiques Russell and Bromley de King’s Road et New Bond Street.

Du pouvoir ensuite, évidemment. « Hermès fut le premier dieu à être chaussé. Dans la Rome antique, être chaussé, c’est être libre. Les esclaves vont nus pieds », décrypte sur son blog William Arlotti, expert en marketing créatif et prof à l’école parisienne Mode’Estah. Il cite Freud pour qui l’escarpin est la métaphore du vagin et le pied, celle du pénis. Tiens, du sexe, ça manquait. « Il fait asseoir Cendrillon et, approchant la pantoufle de son petit pied, il vit qu’il y entrait sans peine, qu’elle y était juste comme de cire », écrit Perrault. Aïe aïe, Madame la Première ministre. Gaffe à l’addiction. L’achat compulsif, l’accumulation. Désir de rester jeune, refus du temps qui passe. Chaque saison, glisser son pied dans une nouvelle paire, hop : dépucelage, virginité retrouvée.

À lire aussi Theresa May, la relève centriste de David Cameron

Une autre Imelda Marcos ?

Theresa May en fait, avec ses ballerines à nœud, ses mocassins en zèbre, ses bottes en caoutchouc, ses cuissardes vernies, ses Richelieues de mec et ses tatanes pointues, cloutées, strassées, elle vous rappelle pas quelqu’un ? Une fille un peu dingue, chevelure mythique, fan de grands couturiers ? Carrie Bradshaw ? Ah oui, mais non. On pensait à une autre Première Dame. Imelda Marcos, le Papillon de Fer. Elle possédait 3.000 paires de chaussures dans un pays où la majorité des habitants étaient contraints de marcher pieds nus (pourvu que le Brexit ne les mène pas là, marcher pieds nus dans le smog, ça peut être très dangereux).

Du coup, juste un conseil, Mrs May, sans vouloir assombrir votre emménagement à Downing Street : ne laissez rien derrière vous quand vous quitterez les lieux. Lors de son exil en 1986, Imelda a abandonné sa collection qu’on a stockée vite fait au musée national de Manille. Tout a été détruit en 2012, par les pluies torrentielles qui ont fait 68 morts. Quel malheur. 150 cartons de chaussures bouffés par la moisissure.

À lire aussi Comment la nomination de Theresa May pourrait accélérer le Brexit

Cet article exclusif du Soir+ est à lire gratuitement.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Sur le même sujet

Aussi en Monde

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une