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Quel leader contre la barbarie terroriste?

La violence d’habitude réservée aux autres continents s’introduit en Europe. Comment y réagir ? L’édito de Béatrice Delvaux.

Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

La barbarie est de retour. Elle frappe désormais à répétition, ne laissant pas huit jours entre deux fusillades, deux explosions ou deux attentats. Ce vendredi soir, une fusillade dans un centre commercial à Munich a fermé les métros et aligné les corps. Alors qu’il y a une semaine à peine, un homme au volant d’un camion fou, broyait des corps. Et puis cet autre qui, dans un train, attaquait ses voisins à la hache. Et il y a quatre mois, ces jeunes gens qui se faisaient exploser en plein Bruxelles, après ceux du Bataclan, après ceux de Charlie Hebdo, après, après…

L’Europe, territoire soudain menacé, miné par la cruauté, la brutalité, victime potentielle de ces atrocités qu’elle croyait réservée aux autres, Libye, Syrie, Israël, Irak, Afghanistan, Mali… La violence pour les autres ? Ce n’était pas un désir mais le sentiment que sur notre continent, imbibé de l’esprit des Lumières, et surtout des leçons tirées de l’histoire passée et récente, nous étions protégés de ces violences à l’état pur, de cette volonté délibérée de tirer, éradiquées à la fois par notre degré de civilisation mais aussi de sécurité.

Brider les réactions en miroir

Comment se prémunir contre la barbarie des autres ? Comment juguler les pulsions à leur tour barbares, nourries par l’extrême droite, la haine, les simplismes, qui pourraient saisir nos démocraties et ses citoyens, répondant alors au mal par le mal ? C’est ce que nous avons essayé de comprendre en interrogeant une vingtaine d’experts.

Ils citent notamment l’éducation – un travail de longue haleine –, ils citent aussi – à plus court terme – l’émergence d’un leadership. Enfin, ils espèrent, ils exhortent plus qu’ils ne citent. L’un des experts épingle ainsi le drame du déclin de la social-démocratie qui laisse les couches populaires à l’abandon, sans interlocuteurs autres que les populistes, les extrémistes, tous ceux qui ne font que répondre aux folies meurtrières de Daesh, par une autre forme barbarie, dans une surenchère extrêmement périlleuse.

Mais d’où viendra-t-il ce leadership démocratique, qui peut reconstruire des alliances autour de projets progressistes ? Nos experts ne le voient pas émerger d’Europe. Mais la véritable peur aujourd’hui que nous commençons à nourrir est qu’il ne vienne pas non plus des Etats-Unis. Voire, pire, que ce soit un « barbare » qui gagne ce scrutin, ce Donald Trump ignorant, xénophobe, égocentrique qui veut jeter les étrangers dehors, bâtir des murs entre le monde et les Etats-unis et flatte les instincts de la haine, de la détestation, de l’égoïsme.

« Ce serait un désastre global si Mr Trump devenait président des Etats-Unis », écrivait à raison le Financial Times après sa désignation comme candidat du parti Républicain. Car un monde en proie à la barbarie a plus que jamais besoin d’un leader américain qui sert les valeurs de la démocratie.

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1 Commentaire

  • Posté par Monsieur Alain, samedi 23 juillet 2016, 9:42

    Voici donc que la barbarie et l'obscurantisme pourraient nous venir d'Outre Atlantique. Et je lis qu'il n'y a pas un seul européen pour se lever, nous rendre l'espoir et nous guider. Euh, Poutine et Erdogan sont bien européens non ? Mais oui, comme Le Pen, Farage et tous les autres. Alors Tsipras peut-être, il est jeune, progressiste et suffisamment pragmatique, mais il a déjà fort à faire avec la Grèce....

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