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Étaler les grandes vacances pourrait booster l’économie

Thomas Cook propose de répartir les vacances des Belges autrement : moins en été, plus à la Toussaint et en mai. Une étude avance que ça pourrait générer des bénéfices à l’économie nationale.

Décodage - Journaliste au service Economie Temps de lecture: 4 min

Une étude de Thomas Cook souligne les avantages de scinder les semaines de congé entre Francophones et Néerlandophones. Sujet de saison, en ce week-end de chassé-croisé record sur les autoroutes et dans les aéroports, l’étude du tour-opérateur ne calcule pas seulement le poids des embouteillages ou de la surpopulation des aéroports dans l’économie nationale mais aussi son impact sur la santé, le tourisme et l’horeca. Bilan : économiquement, ça pourrait être une bonne affaire. Thomas Cook va même jusqu’à chiffrer les avantages à plus de 90 millions d’euros.

Ce n’est pas la première fois que Thomas Cook plaide pour un étalement des vacances. Il rejoint cette fois les réflexions du monde politique et enseignant contenues dans le pacte d’excellence (lire ci-contre). Mais, en plus, le tour-opérateur belge, qui fait partie d’un groupe international, fourbit ses arguments d’une étude réalisée par la Vlerick Business School. La solution avancée : mieux répartir les dates de vacances en diminuant la durée des vacances d’été de 9 à 7 semaines, rallonger les vacances de Toussaint d’une semaine, créer une semaine de vacances en mai (ou aux alentours de l’Ascension) et décaler les départs d’été et de Toussaint entre Flandre et Wallonie-Bruxelles.

Avec le Portugal et la Grèce, la Belgique est un des huit derniers pays d’Europe à ne pas scinder les départs en vacances, souligne Koen van den Bosch (Thomas Cook). « Même des pays comparables en taille. Les Pays-Bas étalent les départs sur trois régions depuis 1986. » L’étude brosse les impacts d’une modification des dates de vacances sur la mobilité, le tourisme, l’éducation, la santé (y compris des enfants), l’environnement et le travail. Parfois dans les détails, comme les risques de perturbation des familles recomposées vivant de part et d’autre de la frontière linguistique selon l’étude ou d’enfants d’une même famille fréquentant des écoles de langue différente (l’impact pourrait être limité puisqu’il y a toujours une période commune de trois semaines). Ou comme l’impact éventuel sur les heures d’ensoleillement, les précipitations et les températures moyennes.

91 millions d’économie

Audacieusement, l’étude met un chiffre sur les avantages économiques de l’étalement différent des vacances à travers l’année et du raccourcissement des vacances d’été. Selon Thomas Cook, on réaliserait chaque année un gain de 14 millions en non-dépenses de santé liées au stress et au burn out des enseignants. Plus statistiquement vérifiable, la réduction des heures d’embouteillages, tant pour les travailleurs que pour le transport routier des marchandises, permettrait de gagner 24 millions d’euros en productivité. Enfin, le gros du gâteau reviendrait au tourisme et au secteur horeca, avant tout flamand, qui réaliserait un chiffre d’affaires supplémentaire de 53 millions grâce à l’allongement et à un meilleur étalement de la saison estivale (le découplement des vacances de Pâques en 2003 n’a pourtant pas laissé de bons souvenirs, provoquant hausse des frais fixes et du personnel temporaire). Total des avantages, selon Thomas Cook toujours : 91 millions.

Pour les vacanciers à l’étranger, une moindre « pression » touristique ne risque-t-elle pas, parallèlement, de diminuer les promotions du tour-opérateur qui dispose en juillet-août d’une plus grosse force de frappe ? « Nous faisons partie d’un groupe qui travaille au niveau européen, explique Koen van den Bosch. Cette année, c’est parce que l’Espagne est remplie et qu’il y a une très forte demande sur une période limitée que les prix espagnols ont augmenté. Globalement, nous serions favorables à ce qu’il y ait une réflexion au niveau européen pour que tout le monde ne prenne pas les vacances au même moment. » Étalés, raccourcis ou pas, les atouts du soleil et du pourtour méditerranéen resteront toujours plus aisés à « vendre » que les charmes du grand nord et la transhumance estivale suivra toujours l’axe nord-sud plutôt que l’inverse…

vacancesscolairesWallonieFlandre

« Globalement, assure le responsable de chez Thomas Cook, l’étude a notamment sollicité l’avis de très nombreux enseignants ainsi que de représentants des autres secteurs. La question qui était la plus sensible partout n’était pas la diminution des vacances ou leur étalement mais bien qu’on ne touche pas au nombre total de jours de congé. » Le Belge restera toujours avant tout pragmatique. Et amoureux de ses vacances.

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Débat en cours dans le pacte d’excellence

Temps de lecture: 1 min

La répartition des périodes de vacances est également au coeur des réflexions du « groupe central » du pacte d’excellence, ce grand think tank lancé il y a plus d’un an sur l’enseignement. Dans ses propositions, le groupe avance «Pour tous les niveaux et types confondus, répartir l’année en périodes de 7 semaines de cours suivies chaque fois de 2 semaines de congé, sans préjudice du maintien des vacances d’été.» Traduction générale : les congés de Toussaint et de Carnaval passeraient donc de une à deux semaines. Comment « gonfler » ces vacances intermédiaires sans toucher à la durée globale de la longue parenthèse estivale ? Quitte à mettre la durée des vacances sur la table des négociations, leur « découplage » communautaire devrait naturellement s’inscrire au menu des discussions.

Analyses et arbitrages politiques sont prévus pour l’hiver prochain.

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2 Commentaires

  • Posté par Mondt Alexandre, dimanche 31 juillet 2016, 10:35

    Pourquoi nos voisins Français et autres maintiennent-ils cet idée-fixe des locations du samedi au samedi, alors que le marché a totalement changé? La souplesse et l'accès facile de réservations via des sites, la tendances des "petites" vacances, etc. font qu'on peut remplir une location en été tout aussi facilement en acceptant d'autres jours d'entrée et d'autres périodes que seulement les 7 jours.

  • Posté par Lambert Guy, samedi 30 juillet 2016, 18:26

    mais je ne lis nulle part que le bien des enfants est plus important que le profit de certains secteurs.

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