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Nafi Thiam, une «Superwoman» qui s’ignorait

La Belge a été sacrée championne olympique de l’heptathlon cette nuit. Il faut se pincer pour y croire. L’art, en sport, est de profiter des circonstances.

De notre envoyé spécial - Journaliste au service Sports Temps de lecture: 3 min

Il y a l’athlétisme, la mère de tous les sports. Et dans l’athlétisme, les épreuves combinées, le décathlon d’un côté, l’heptathlon de l’autre, deux épreuves qui sacrent les meilleurs athlètes, les plus complets en tout cas, capables à la fois de courir, de sauter et de lancer, si possible pas trop mal. « Superman » à gauche, « Superwoman » à droite.

Il faut se pincer pour y croire

Depuis ce samedi, à Rio, le visage de cette héroïne a les contours de Nafi Thiam et il faut se pincer pour y croire. A 21 ans, la Namuroise a réussi le concours de sa vie pour venir coiffer, avec l’incroyable total de 6.810 points, deux superstars comme la Britannique Jessica Ennis, championne olympique et du monde en titre, et la Canadienne Brianne Theisen-Eaton, et ce dans l’épreuve la plus complète et la plus complexe du programme. On comprend qu’elle ait mis du temps à réaliser tant ce triomphe paraissait sinon improbable, du moins prématuré…

Mais l’art, en sport, est de profiter des circonstances. Les occasions qui s’y présentent reviennent rarement deux fois. Depuis des mois, Nafi Thiam répétait qu’elle pensait que son avènement se produirait aux Jeux de Tokyo, en 2020, à 25 ans, l’âge de la maturité. C’était plus sage et plus prudent. Plus logique, aussi. Elle ne souhaitait pas brûler les étapes et préférait attendre son heure.

Une accumulation de belles histoires

Et puis, ces deux derniers jours, à Rio, elle a changé d’avis en se voyant évoluer avec une facilité déconcertante d’épreuve en épreuve. C’est là qu’il fallait frapper. Malgré un coude endolori, elle s’est alors surpassée à chaque fois, souvent en bout de course quand on ne l’attendait plus, une accumulation de belles histoires. Comme à son troisième essai en hauteur à 1,95 m, son dernier jet au poids à 14,91 m ou son ultime bond en longueur à 6,58 m, autant de moments clés. Il n’y a qu’au javelot, l’avant-dernière épreuve, qu’elle a frappé d’entrée, assommant la concurrence qui espérait encore.

Une ultime épreuve qui allait se transformer en vrai suspense, avec une course poursuite entre Ennis et elle qui allait tenir tout le stade en haleine avant le dénouement qu’on connaît.

La reine du monde

La réussite exceptionnelle de Nafi Thiam, c’est la conjonction de plusieurs facteurs. Un vrai talent pour commencer, découvert très jeune et couvé patiemment. Un physique, ensuite. Avec son 1,87 m et ses longues jambes , qu’elle a dû apprivoiser pour réussir les gestes de l’athlétisme, c’est un « monstre » qui a un net avantage sur les autres en lancers et en sauts. La personnalité et la compétence de son entraîneur, l’«old school» Roger Lespagnard, ensuite, qui parvient, année après année, à la faire progresser. Son esprit de compétition, enfin. Elle n’est jamais mieux que quand elle se retrouve le dos au mur et parvient à se sublimer quand les grandes échéances arrivent.

L’ ensemble de ces facteurs ont fait d’elle la championne qu’elle est aujourd’hui. Celle qui ne savait pas qu’elle pouvait devenir « Superwoman » est désormais la reine du monde. La plus grande athlète de la planète.

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4 Commentaires

  • Posté par Monsieur Alain, lundi 15 août 2016, 8:08

    A déguster sans modération.

  • Posté par Vanham Eliane, lundi 15 août 2016, 0:26

    Bravo.

  • Posté par Wiesen Daniel, dimanche 14 août 2016, 14:59

    SUBLIMISSIME ! Félicitations, Nafi, notre championne olympique ! Dans l'art et la manière ! Aussi, quel exemple magnifique pour nos jeunes ! Bravo, bravo, bravo et merci !

  • Posté par De Berraly Anne , dimanche 14 août 2016, 10:41

    Magnifique

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