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Espionnage chinois : Steven Creyelman se retire de la commission des achats militaires

Le député du Vlaams Belang, Steven Creyelman, est soupçonné d’avoir eu des liens avec un espion chinois par l’intermédiaire de son frère Frank, ancien sénateur.
Temps de lecture: 3 min

Steven Creyelman, a démissionné de la commission des Achats militaires, a annoncé jeudi le Vlaams Belang. Soupçonné à la suite de son frère Frank d’avoir été sous l’influence d’un espion chinois, il a fini par renoncer à son mandat dans cet organe, qu’il présidait et auquel sont soumis des informations confidentielles touchant à la sécurité nationale.

« Steven Creyelman a informé de manière incomplète et insuffisante le parti et son président sur les contacts avec son frère », a indiqué le Vlaams Belang dans un communiqué. À la Chambre, où le point a animé le début de la séance plénière, la cheffe de groupe, Barbara Pas, a parlé d’une « rupture de confiance ».

Depuis vendredi dernier, le parti d’extrême-droite est dans la tourmente. Non seulement les frères Creyelman sont mis en cause pour leurs liens avec un agent chinois mais Frank Creyelman s’était déjà distingué par le passé par des visites en Syrie ou en Russie à l’instar de l’une des anciennes figures de proue du parti, Filip Dewinter. L’Anversois aurait également eu des liens avec les services chinois. Et dans une interview accordée à l’agence de presse officielle Xinhua en 2018, il vante les initiatives chinoises comme les nouvelles Routes de la Soie et les réformes menées par le régime.

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Devant la Chambre, la députée Marijke Dillen a pourtant insisté sur les prises de position très critiques de son parti à l’égard de la Chine, qui se sont notamment traduites dans le soutien à des propositions de résolution. L’argument n’a toutefois pas convaincu beaucoup de monde. Le Premier ministre, Alexander De Croo, s’en est pris une nouvelle fois au Vlaams Belang et à ses sympathies avec les leaders autoritaires, assurant que ce parti « ne servait ni les intérêts de la Belgique ni ceux des Flamands ».

Le 6 décembre, la Sûreté de l’État a informé le Premier ministre ainsi que les ministres de la Justice, Paul Van Tigchelt, et des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, des informations « fiables » dont elle disposait sur « des faits sérieux qui pouvaient mettre en danger la sécurité de notre pays », a expliqué jeudi M. De Croo. Les procédures ont été suivies, notamment une réunion du Conseil national de sécurité qui rassemble responsables politiques et dirigeants des services de renseignement et de sécurité. Dix jours plus tard, les faits concernant Frank Creyelman et, dans une moindre mesure, son frère étaient révélés.

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Les 11 et 12 janvier, le chef du gouvernement se rendra à Pékin pour rencontrer les autorités chinoises. Il abordera ce cas d’ingérence, a-t-il assuré aux députés. « Il est inadmissible que l’on manipule de la sorte notre système démocratique », a-t-il dit.

Le ministre de la Justice souhaite que les articles du projet de nouveau Code pénal qui punissent l’ingérence en soient extraits pour être votés plus rapidement -le vote de l’ensemble de ce texte volumineux est attendu en principe en février. Ces dispositions compléteront l’arsenal déjà renforcé de la Sûreté de l’État dont les effectifs auront doublé à la fin de la législature.

La Chambre a demandé mardi en urgence un rapport au service de renseignement civil après les révélations sur les frères Creyelman. Un point particulier a retenu l’attention de plusieurs députés jeudi. Selon le Vlaams Belang, la Sûreté de l’État aurait informé au début du mois Steven Creyelman d’une tentative d’influence le visant. Ils ont voulu savoir si la présidente de l’assemblée, Eliane Tillieux, avait également été mise au courant. L’intéressée s’est refusée à répondre, expliquant que le dossier continuerait à être examiné en commission de suivi du Comité R (organe de contrôle des services de renseignement), qui tient ses séances à huis clos.

La présidente de la Chambre ignorait la tentative d’ingérence de la Chine

La présidente de la Chambre, Eliane Tillieux, n’était pas au courant de la possible ingérence chinoise au parlement par le biais du député Steven Creyelman (Vlaams Belang) alors que le Premier ministre avait été mis au courant du problème le 6 décembre, dix jours avant que des informations visant surtout le frère de M. Creyelman ne sortent dans la presse étrangère, est-il ressorti jeudi d’une réunion de la conférence de présidents de l’assemblée.

La réunion de la conférence a suivi l’heure des questions d’actualité à la Chambre. A l’ouverture de la séance plénière, le Vlaams Belang a annoncé la démission de Steven Creyelman de la commission des Achats militaires qu’il présidait.

Selon le parti d’extrême droite, le député a été mis au courant par la Sûreté de l’État de la tentative d’influence dont il faisait l’objet de la part d’un espion chinois. Les chefs de groupe Ecolo-Groen et N-VA, Wouter De Vriendt et Peter De Roover ont voulu savoir si la présidente de la Chambre, Eliane Tillieux, était également au courant de ces informations.

Il est apparu que non. Une situation incompréhensible, selon la N-VA alors que la tentative d’influence visait le parlement. Les Verts s’inquiètent aussi de cette absence d’information. À leurs yeux, une procédure doit être mise en place dès lors que l’intégrité de la Chambre est mise en danger. « Nous devons renforcer notre institution et mieux la protéger contre une ingérence malveillante de pays comme la Chine ou la Russie. Le parlement a été naïf trop longtemps », estime M. De Vriendt.

Les discussions autour de cette affaire se poursuivront en commission de suivi du comité R. La Chambre a demandé un rapport urgent à la Sûreté de l’État. Elle devrait également recevoir une enquête de contrôle sur les moyens dont disposent les services de renseignement belges à l’égard de l’ingérence étrangère.

 

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2 Commentaires

  • Posté par Raspe Eric, jeudi 21 décembre 2023, 18:08

    Le vrai visage de la droite extrême. Tous les moyens sont bon pour arriver à ses fins. Il n'y a que ceux chez qui seul fonctionne le second cerveau, celui du bas, pour croire leurs sornettes toxiques.

  • Posté par BRASSEUR Paul, jeudi 21 décembre 2023, 14:41

    Monsieur Creyelman n'est pas un petit employé obscur qui aurait profité d'une occasion pas très nette; non, il est PRESIDENT de la Commission des achats militaires....ce n'est pas rien. Dans une démocratie normale, si sa culpabilité devait être établie, il devrait se retrouver devant les tribunaux pour haute trahison!

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