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Les p’tits Belges ont fait taire le Stade de France

Les Diables sont prêts pour aller défier le pays de Galles vendredi. Avec pour héros à Paris, un Nainggolan phénoménal et un Fellaini auteur de 5 buts en 3 matchs.

Chef de service adjoint Sports et chef de la cellule foot Temps de lecture: 4 min

Battre la France devant son public et entendre un virage entier de 6 à 7.000 joyeux bariolés entonner «  Allez Paris, chante avec nous » a dû un peu plus contribuer à faire monter les pulsations des Diables qui, sous l’œil de leur capitaine Vincent Kompany spécialement venu de Manchester pour les soutenir, ont signé la 30e victoire belge en 73 confrontations entre voisins. Ce succès est évidemment symbolique, mais, pour la petite histoire et le grand livre des statistiques, il prolonge l’invincibilité de l’équipe nationale sur le sol français en match amical qui perdure depuis… 1947 !

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Ce résultat forgé dimanche soir au prix de quatre buts (mais d’une fin de match à l’arrachée alors que le score logique aura dû être de 1-4 voire 1-5 sans les 6 changements belges) fait suite à un double 0-0 entre la France et la Belgique lors des rencontres de novembre 2011 (à Saint-Denis) et d’août 2013 (au Heysel). Mais s’il démontre que la motivation ambiante et le physique semblent intacts en cette fin de saison qui n’en finit plus, il s’inscrit également dans le contexte de l’indécision qui règne autour du vrai faux départ du sélectionneur.

Marc Wilmots a beau tenter de maintenir le couvercle sur la casserole, la pression devient de plus en plus importante autour de la question de son futur. Les signes d’une démission prochaine se multiplient tout comme le contraire d’ailleurs. Ce qui débouche chaque jour sur toutes sortes d’interprétations de la part de ceux qui pensent détenir la vérité et en réalité, ne font que supputer. Ou espérer, comme cette colonie de supporters belges qui ont hurlé leur affection pour le sélectionneur en y allant d’un vibrant « Allez Willie, reste avec nous », peu après l’heure de jeu.

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Une attente interminable dont se délecte sans doute moins le sélectionneur national que de cette victoire parisienne qu’il a cette fois vécue depuis le petit banc. Treize ans après avoir emplafonné son ancien équipier bordelais Ulrich Ramé d’une volée sans pitié pour sceller un succès plus que symbolique sur le score de 1-2, Marc Wilmots pourra se dire qu’il sera peut-être pour longtemps le seul Belge à avoir assisté deux fois au même spectacle sous autant d’angles différents.

Marc Wilmots lors du match amical de ce dimanche à Paris.
Marc Wilmots lors du match amical de ce dimanche à Paris. - Benoit Tessier

Au terme d’une semaine de stage au Haillan où les organismes ont été parfois durement sollicités, l’équipe belge a parfaitement passé l’écueil d’un match amical pas comme les autres. Face à un adversaire de prestige, dans une enceinte mythique et surtout à cinq jours d’un déplacement au pays de Galles susceptible de constituer un tournant décisif dans la campagne éliminatoire pour l’Euro 2016.

Hormis Kevin De Bruyne plus tracassé psychologiquement que médicalement par la cicatrisation de sa blessure encourue en finale de la Coupe d’Allemagne, le onze qui devrait être aligné vendredi au Cardiff City Stadium a démontré toute sa consistance. Le retour annoncé du rouquin de Wolfsburg devrait encore conférer cette petite touche de liant supplémentaire… qui n’a même pas fait défaut face à un adversaire qui, hormis dans une fin de match marquée par l’incessant balai des permutations autorisées dans les matchs amicaux, n’a jamais justifié les commentaires élogieux par rapport à son retour en force dans la hiérarchie mondiale depuis son quart de finale de Coupe du monde perdu contre l’Allemagne, futur vainqueur de l’épreuve.

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Au cœur de la folle soirée parisienne qui fera date malgré son absence de signification réelle, il est évidemment difficile de ne pas parler en termes de performance collective. Mais si parmi les joueurs qui ont particulièrement brillé dans la ville lumière (Nainggolan, Courtois, Alderweireld et Denayer), le sélectionneur devait souligner la vaillance d’un seul de ses Diables, nul doute qu’il sortirait du lot la tête (tignasse) qui dépasse déjà naturellement : celle de Marouane Fellaini, à nouveau (double) buteur dimanche soir dans la capitale française. On pourra forcément y trouver à y redire sur son goal d’ouverture, entaché d’un hors-jeu, mais comment ne pas s’incliner par la suite (les Bleus seront contraints de le faire) devant l’abattage phénoménal et le réalisme des gâchettes les plus impitoyables qui sont l’apanage du beatnik d’Old Trafford ?

Marouane Fellaini face au gardien des Bleus, Hugo Lloris.
Marouane Fellaini face au gardien des Bleus, Hugo Lloris. - Gwendoline Le Goff

En l’espace de trois matchs (Chypre, Israël et France), le grand Marouane a inscrit 50 % des buts inscrits par les Diables (5 sur 10). Le tout en disputant les trois derniers mois de compétition avec un début de pubalgie. Ceux qui doutaient encore du fait que ce footballeur atypique est bel et bien indispensable aux Diables, quel que soit le système de jeu, peuvent être définitivement considérés comme des cas incurables de mauvaise foi.

Marc Wilmots: «Je continuerai à faire mon travail»

La fiesta belge dans les tribunes a touché le sélectionneur mais pas au point de le faire sortir du bois par rapport à son avenir. Il prévient qu’il faut s’attendre à un tout autre match à Cardiff.

Temps de lecture: 3 min

Malgré la fin de match où les permutations incessantes ont modifié la donne en introduisant le déséquilibre dans le jeu, le coach fédéral a déboulé en conférence de presse en se montrant extrêmement satisfait sur l’ensemble de la partie.

Marc Wilmots, le plus sûr moyen de conserver un résultat est-il bien de continuer à défendre haut ?

Défendre vers l’avant : c’est sur ce clou que je tape depuis trois ans et, malgré l’adversité de fin de match, j’ai vu un des titulaires et des remplaçants ne pas se désunir sur ce plan-là. Si on avait reculé, on aurait pu prendre ce but qui aurait un peu gâché la fête. Ou en tout cas qui nous aurait contraints à concéder un partage pas du tout mérité. A 1-4, on a largement la place pour continuer à empiler. C’est un très gros résultat, avec des joueurs qui, malgré la fin de saison, ont largement démontré qu’ils avaient encore envie de bien faire leur travail et d’aller au bout. Qu’ils aient ou non commencé la rencontre. La manière dont Lukaku est entré au jeu, le prouve. J’ai vraiment bien aimé.

Les Diables ont inscrit 4 buts mais ne sont finalement jamais mis définitivement à l’abri : pourquoi ?

Parce qu’à l’image de la tête de Benteke à 0-1, en première mi-temps, il nous manque encore l’instinct de tueur.

Le triangle médian est-il le bon… pour de bon ?

Je dois bien avouer que l’harmonie n’a pas été loin d’être parfaite dans ce secteur de jeu où mon homologue Didier Deschamps avait pourtant massé du beau monde. L’avantage avec Fellaini, Nainggolan et Witsel, c’est qu’ils peuvent tous évoluer, comme nos6, 8 et 10. ce qui offre des solutions, à la fois en termes de permutations, mais aussi de pénétration. On a clairement gagné la bataille de l’entrejeu ce soir. j’avais dit avant le match que ce serait le secteur clé et ce le fut.

Marc Wilmots au Stade de France ce dimanche.
Marc Wilmots au Stade de France ce dimanche. - Benoît Tessier

La première de Hazard comme capitaine ?

Je suis satisfait. A part deux ou trois replacements, mais je l’ai trouvé très impliqué dans son nouveau rôle.

Denayer a été l’auteur d’une très grosse première mi-temps : une vraie alternative à Kompany ?

Oui. Pour une première titularisation, je dirais que sa prestation a été énorme. Il a de la vitesse, ne se jette pas, ne commet pas beaucoup de fautes et reste calme. J’avais dit que s’il y avait eu un problème de son côté, je l’aurais pris pour moi. Et bien, je ne prends rien du tout ! Et tout le mérite lui revient. Comme Benteke ou De Bruyne avant lui, Denayer symbolise bien le fait que si je n’avais pas pris le risque de lancer des jeunes de moins de 20 ans, on n’en serait peut-être pas là aujourd’hui. J’ai toujours dit que j’avais des solutions quand l’un ou l’autre n’était pas là : c’est bien la preuve.

Entendre ce public belge vous demander de rester sur l’air des lampions, ça ne vous donne pas envie de ne pas partir ?

J’ai dit que je ne m’exprimerai pas sur le sujet. Je fais mon travail comme je dois le faire. Et c’est ce que je vais continuer à faire. Après, vous pouvez penser ce que vous voulez.

Ready pour Cardiff ?

Oui. Mais j’ai déjà prévenu mes joueurs que ça allait être un tout autre match. A la limite, je n’avais même pas besoin de le dire. On devra montrer aux Gallois qu’on est là.

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