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Cogner sur Sarkozy, un très mauvais calcul

Il n’a pratiquement été question que de tactique ou d’attaques personnelles lors de ce début de campagne présidentielle.

Commentaire - Envoyée permanente à Paris Temps de lecture: 2 min

Et maintenant les affaires ! Tous les candidats ne sont pas encore en piste que déjà cette présidentielle a pris un tour détestable. Un débat d’idées ? Une esquisse de vision alors que les attentats font de ces élections un scrutin sans précédent ? Non. Jusqu’ici, il n’a pratiquement été question que de tactique ou d’attaques personnelles.

Il y a huit jours déjà, François Fillon avait donné le ton. « Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? ». Le réquisitoire du parquet dans l’affaire Bygmalion pourrait donner aux rivaux de Nicolas Sarkozy l’envie de cogner sur l’ancien président. Ce serait un bien mauvais calcul. Non seulement les partisans de l’ex-chef de l’État se mobiliseraient davantage encore pour sauver celui qui passerait à leurs yeux pour un martyr mais toute la droite serait aspirée par le règlement de comptes. Alain Juppé n’a-t-il pas lui aussi été condamné pour les années Chirac ? Et l’on voit d’ici la riposte : la gauche serait aussitôt accusée d’avoir elle aussi triché. Qu’importe le peu de crédit que l’on peut donner à l’un des plus grands menteurs de la République, Jérôme Cahuzac ne vient-il pas de dire à l’ouverture de son procès que son compte en Suisse avait été ouvert pour financer Michel Rocard ?

Entrer dans ce jeu des affaires, ce serait surtout ramener cette campagne à hauteur de caniveau. Nicolas Sarkozy, mis deux fois en examen, ne s’estime pas disqualifié pour concourir. La responsabilité lui en revient. Mais avant que les juges soient amenés – ou pas – à décider de son sort, les électeurs de droite et du centre auront le loisir de dire en leur âme et conscience si l’ex-chef de l’État peut ou non rempiler.

C’est sur les programmes et la capacité à les appliquer que devrait se jouer la présidentielle. Emmanuel Macron n’est peut-être qu’une bulle. Mais ce que son échappée révèle déjà, c’est un ras-le-bol des vieux réflexes d’une classe politique usée. Pour reprendre le mot du général de Gaulle, ce n’est pas de « boules puantes » dont la campagne a besoin. C’est d’une espérance.

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1 Commentaire

  • Posté par Stenuit Fernand, mercredi 5 octobre 2016, 22:20

    C'est justement d'une espérance que nous avons besoin . Mais cet espoir ne peut que se passer dans la contestation du laisser faire ,et une main de fer . De Gaule n'était pas un joyeux luron , c'était avant tout un militaire et un dur . Et ce n'est pas avec une bulle ou avec un mou que la France ( et l'Europe ) résoudra ses problèmes .

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