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Au Colorado, Jésus donne un meilleur spectacle que Trump

Nos envoyés spéciaux sillonnent l’Amérique avant les élections. Dans le Colorado, les électeurs républicains se trouvent face à un dilemme.

- Temps de lecture: 3 min

W e love Jesus, thank you, Jesus ! », rugissent les haut-parleurs placés à hauteur d’homme. Dix jeunes musiciens, tous très élégants et au look soigné, lèvent les mains en l’air. Les yeux fermés et souriants, ils tournent sur eux-mêmes, entraînant avec eux toute la salle.

© Fiona Endres
© Fiona Endres -

© Fiona Endres
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Il existe un service spécial pour les enfants en bas âge, pour les enfants en primaire et pour les étudiants de collège. © Fiona Endres
Il existe un service spécial pour les enfants en bas âge, pour les enfants en primaire et pour les étudiants de collège. © Fiona Endres -

Ses cheveux roux bouclés se balancent à chaque pas. Adam Meliski est dans son élément. Âgé de 28 ans, il est l’un des pasteurs de la New Life Church. Il y a neuf ans, il a quitté New York pour s’installer 2 800 km plus loin, à Colorado Springs. Parce qu’il veut seulement officier ici, dans le centre névralgique de l’Église évangélique aux États-Unis. « Je veux partager Jésus avec tout le monde », affirme Meliski. Les non-croyants sont pour lui une source de frustration : « C’est difficile lorsque les croyances des autres personnes m’intéressent plus qu’elles-mêmes. »

Adam Meliski est l’un des pasteurs. Il aide les fidèles. Un emploi à plein-temps. © Fiona Endres
Adam Meliski est l’un des pasteurs. Il aide les fidèles. Un emploi à plein-temps. © Fiona Endres -

Adam Meliski a grandi à New York. Il est ensuite parti pour dans le Colorado pour servir au sein de la New Life Church. © Fiona Endres
Adam Meliski a grandi à New York. Il est ensuite parti pour dans le Colorado pour servir au sein de la New Life Church. © Fiona Endres -

La New Life Church est souvent présentée comme une méga-église. 10 000 membres y prient. Et donnent de l’argent. Ils financent ainsi les projets de l’église, mais aussi les salaires des pasteurs et des membres du groupe. Ici, tout est professionnalisé au plus haut point. Les messes sont diffusées en direct sur Internet. Ceux qui s’y présentent pour la première fois reçoivent un cadeau lors de leur inscription. Et pendant la messe, le pasteur en chef de l’église met en vente son livre, qui promet une vie meilleure. Il s’agit de son cinquième ouvrage sur le sujet.

«
Take your time
»
: cette action prend place tous les dimanches. Les gens ont deux minutes pour connaître les personnes autour d’eux. L’église cherche à connecter les gens entre eux. © Fiona Endres
« Take your time » : cette action prend place tous les dimanches. Les gens ont deux minutes pour connaître les personnes autour d’eux. L’église cherche à connecter les gens entre eux. © Fiona Endres -

La New Life Church a été fondée en 1984 par Ted Haggard, qui prononçait au départ ses sermons depuis son salon. Le fondateur de l’église en a cependant été exclu en 2006. Il aurait payé pendant trois ans un escort boy pour des relations sexuelles. Un grave interdit pour la New Life Church, qui ne se contente pas de prôner l’abstinence sexuelle jusqu’au mariage, mais l’applique également.

« Les relations sexuelles avant le mariage ont des conséquences spirituelles et émotionnelles », soutient Meliski. Spirituelles dans la mesure où la Bible interdit d’avoir des relations sexuelles avec la femme d’un autre homme. « Si la femme est toujours célibataire, il se pourrait qu’elle se marie avec quelqu’un d’autre plus tard », a expliqué Meliski, qui est déjà marié depuis deux ans et qui s’apprête à devenir père pour la première fois dans les prochains jours.

Un dilemme...

La plupart des membres de l’église pensent comme Meliski. Les valeurs conservatrices sont tenues en haute estime. La consommation modérée d’alcool et de tabac est acceptée. Mais le sexe avant le mariage et l’avortement sont des sujets tabous. Par conséquent, les fidèles votent traditionnellement républicain, explique le jeune pasteur. Pourtant, cette année, les personnes comme Meliski se trouvent face à un dilemme. S’il ne souhaite pas révéler le nom du candidat auquel il accordera sa voix, il laisse toutefois transparaître son opinion : « Je souhaite que le candidat qui sera élu s’engage en faveur des pauvres et des personnes qui sont opprimées dans notre pays. »

À la question de savoir si la proposition de Donald Trump de construire un mur à la frontière mexicaine est pieuse, Meliski sourit simplement : « Nous prierons pour les deux candidats. Telle est notre responsabilité. »

Meliski referme alors les yeux. Il sourit, lève les bras et les agite, suivant la cadence de la musique. Jésus donne un meilleur spectacle que Donald Trump.

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1 Commentaire

  • Posté par Hennaux Jean, lundi 12 septembre 2016, 15:14

    A tous nos médias occidentaux, abandonnez cette dénégation systématique, .... ce n'est pas nous qui allons coter, mais les américains. Elle, votre favorite, la candidate des embrouilles et de l'Establishment, est hors circuit ... Il fallait supporter , l'autre, le minable , le vieillard, ... l'homme, socialiste... Adieu, veau, vache, couvée, une fois de plus vous vous êtes plantés.!

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