La réforme de la Ligue des Champions qui pourrait rapporter gros aux clubs belges

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Entre les déboires de Michel Platini et le péril jaune – deux sociétés chinoises agitaient un projet dissident de Super League européenne –, l’UEFA a cédé au bras de fer avec l’ECA, l’European Club Associations.

Le 26 août dernier, l’instance européenne a communiqué que son Comité exécutif avait approuvé la refonte de l’actuelle Ligue des champions, qui fera la part belle aux 4 grands championnats : la Liga, la Bundesliga, la Premier League et la Serie A dès la saison 2018-2019. Le « Big Four » enverra d’office les 4 premiers de son championnat dans les phases de poules, et non 3 + 1 barrage pour les 3 premiers à l’indice UEFA et 2 + 1 barrage pour les 2 suivants. Il trustera désormais 50 % des strapontins (16 équipes sur 32). Pour la seconde partie du tableau final, le nombre de participants par pays et le système de qualification – les préliminaires sont maintenus – devraient être annoncés pour le 12 décembre à Nyon au moment du tirage au sort des huitièmes de finale.

Une volonté d’augmenter les recettes

La route des champions (des petites nations) dégagée par Platini avait surtout créé un bouchon insoluble pour le développement financier de la compétition. Avec les présences « exotiques » d’Astana, Limassol, Pilsen, de Haïfa ou encore du Bate Borisov, la Ligue des champions avait atteint son plafond de rentabilité… La réforme les élimine « à la régulière » et ouvre dès lors de nouveaux débouchés.

Les recettes UEFA sont ainsi annoncées à la hausse : des 2,3 milliards d’euros actuels à quasiment 3 milliards. Karl-Heinz Rummenigge a rejeté l’objection évidente que ce nouveau modèle favorise les grands clubs. « C’est un compromis plus juste. » Le nº1 du Bayern faisait en fait allusion au paradoxe de la saison dernière quand Manchester City, sorti en demis, avait gagné plus que le Real Madrid, pourtant vainqueur de la finale, justement grâce aux droits TV.

Lors de la communication de l’accord, l’UEFA a également repoussé cet argument. « La hausse des recettes augmentera de facto le fond de solidarité pour les clubs éliminés avant les phases de poules. En outre, la moindre incidence des droits TV permettra à tous les clubs de percevoir plus d’argent sur base de leurs seules performances sportives, réduisant l’impact du marché télévisuel auquel ils appartiennent. Grâce aux playoffs, la Ligue des champions reste ouverte à tous les clubs sans exception. »

Rummenigge a en revanche exclu que des rencontres soient avancées à l’après-midi pour satisfaire le marché asiatique, à l’instar du récent derby de Manchester joué à l’heure de l’apéro.

Ce qui changera

1

Le vainqueur de l’Europa League sera qualifié d’office pour les poules. Il ne devra plus passer par les playoffs.

2

Les 4 premiers des 4 grands championnats (Premier League, Bundesliga, Liga, Serie A) accèderont directement à la phase de poules.

3

Un nouveau système de coefficients, uniquement basé sur les résultats des clubs (et plus d’un pays via ses clubs) entrera en vigueur.

4

Le palmarès d’un club, avec une pondération entre un succès en C1 et en C3, entrera également en ligne de compte pour le calcul de ce nouveau coefficient

5

Les primes seront sensiblement revues à la hausse aussi bien pour la Ligue des champions que pour l’Europa League.

6

La nouvelle clef de répartition des gains reposera sur 4 piliers : prime de participation, résultats, coefficient par club et market pool.

7

Les performances sportives auront plus de poids que le market pool (actuellement le rapport est de 60/40).

Ce qui ne changera pas

1

Maintien des tours préliminaires.

2

La Ligue des champions accueillera toujours 32 équipes dans sa phase de poules et l’Europa League, 48.

3

Instauration de l’UEFA Competitions SA pour gérer ces compétitions avec 50 % des membres désignés par l’UEFA et 50 % par l’ECA (les clubs).

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En Belgique: sans doute toujours un qualifié direct

Si les grandes lignes de la réforme sont déjà connues, certains éléments doivent encore être précisés. Comme le nombre de représentants sur lequel pourront compter les autres pays que ceux du top-4. Pour la Belgique, il semble que la réforme ne devrait pas changer grand-chose sur le plan sportif, et même, au contraire, apporter des gains financiers supérieurs à ses meilleurs clubs.

Selon les premières indiscrétions qui ont filtré des murs de Nyon, les équipes dans le top-10 du ranking UEFA – la Belgique est actuellement 9e – devraient toujours bénéficier d’un qualifié direct et d’un autre ticket pour les préliminaires.

Rien ne changerait donc. A condition que la Belgique conserve son rang à l’issue de la saison en cours, bien entendu. Avec plus de deux points d’avance sur le 11e (la République tchèque) et le 12e (la Suisse), l’affaire ne s’annonce pas trop compliquée. D’autant que ces deux nations n’ont plus que 3 équipes sur 5 en lice, au contraire de la Belgique, encore avec un contingent au complet (5 sur 5).

L’UEFA devrait apporter une réponse définitive à la distribution des places au-delà du 4e rang le 12 décembre prochain à Nyon à l’occasion du tirage au sort des huitièmes de finale de la Ligue des champions.

 
 
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