Bruxelles: 40 ans que le métro file sous terre

Métro, un diminutif issu du terme « métropolitain » qui était utilisé pour nommer un chemin de fer métropolitain, c’est-à-dire qui circule en ville. Une appellation que Bruxelles a fort logiquement adoptée tout comme l’avaient fait bien avant elle Paris ou New York. La comparaison s’arrête là sachant que le réseau bruxellois fait office de Petit Poucet au regard de celui développé dans les deux autres… métropoles. La capitale dispose d’un parcours souterrain de 40 kilomètres comprenant 59 stations. Et quatre lignes : les 2 et 6 et les lignes 1 et 5.

La ligne 3, reliant le nord (Bordet, Evere) au Sud (Albert, Forest) viendra étoffer ce dispositif à l’horizon 2025. Plus tard, le réseau devrait encore poursuivre sa route vers Uccle, des études de désirabilité vont bientôt être lancées pour étudier le futur tracé.

Invalid Scald ID.

Vous l’aimez orange ou argenté ?

Attention, sujet sensible. Les goûts, on ne sait pas, mais les couleurs : on ne rigole pas ! On se souvient du tollé lorsque Pascal Smet, déjà ministre (SP.A) à l’époque, décida de virer le jaune et bleu des bus et des trams pour le grisé. « On efface le symbole bruxellois (l’Iris) », dit-on alors ici. « Grisé égale danger pour les mal-voyants » cria-t-on par là. Côté métro, la pilule est mieux passée, l’orange vif cédant la place au gris /doré sans faire rougir de colère les usagers.

Invalid Scald ID.

Un peu d’air ?

Ça ne sent pas toujours la rose dans les couloirs stibiens. D’ailleurs depuis peu, des diffuseurs de parfums sont en test, notamment à De Brouckère. Généralement, c’est une aération naturelle qui est mise en place, commente la Stib. Celle-ci n’est pas donc pas dépendante d’équipements électromécaniques. Pour des métros plus profonds, on utilise couramment des systèmes de ventilation forcée, avec des ventilateurs électriques. Qui servent notamment à chasser les fumées d’un tunnel pour les diriger vers les puits d’évacuation.

Invalid Scald ID.

Si petit mais si sexy

Petit par la taille (40 kilomètres), le réseau de métro tient la dragée haute à ses comparses bus et trams. Avec 135 millions de voyages réalisés en 2015, il comptabilise 36,5 % du trafic enregistré sur l’ensemble du réseau. Alors que des projets d’extension sont au programme, la Stib planche surtout sur une plus grande automatisation de ses rames qui, à terme, lui permettra de booster les fréquences de passage durant les heures de pointe sur les lignes 1 et 5 au départ, les 2 et 6 ensuite.

Invalid Scald ID.

Pourquoi le rail et non le pneu ?

A Paris, le métro est chaussé de pneus. Bruxelles, elle, a préféré le rail. « Paris a opté pour des trains sur pneus dans le but de pouvoir faire accélérer et freiner les métros dans des pentes conséquentes, sans équiper toutes les voitures de moteurs, indique la Stib. Les rames mises en service à Bruxelles en 1976 sont entièrement motorisées avec un système de traction à l’époque révolutionnaire : le hacheur électronique. Il permet de récupérer l’énergie d’un train qui freine pour la réinjecter sur le réseau et alimenter un train qui accélère. »

Les escalators, une galère ?

Caramba, encore en rade ! Parmi les ratés les plus agaçants : les escalators aux abonnés absents. Le parc actuel est constitué de 579 escalators dont l’âge moyen est des plus vénérables : 32 ans. A la Stib, on signale que la principale cause des arrêts est liée à un dysfonctionnement d’un organe. « Pour y remédier, de la maintenance préventive est prévue et des travaux sont régulièrement effectués afin de remplacer ces organes importants en fin de vie. Il faut savoir également que de nombreux arrêts sont liés à des incivilités (transport de charges lourdes sur les escalators, abus de la poignée de secours/du bouton d’arrêt) ». Mais alors, les escalators en panne permanente, mythe ou réalité ? « Le taux de disponibilité des escalators était de 94,95 % en 2015. La fermeture partielle des stations suite aux attentats de mars dernier et la mise hors service des escalators peut expliquer que les voyageurs aient le sentiment qu’ils ont été moins disponibles », explique la Stib.

Invalid Scald ID.

Aérien et sans chauffeur ?

On se souvient, il y a quelques semaines, de ce bus aérien chinois censé révolutionner la mobilité en ville en surplombant nos routes. Une info venue d’Asie qui affola la Toile avant de tourner à l’annonce bidon. Reste que le métro aérien, lui, n’a rien d’une utopie et a déjà fait ses preuves depuis… des lustres dans nombre de villes comme Düsseldorf (Allemagne), Vancouver (Canada) ou Sydney (Australie). Et à Bruxelles, le ministre Pascal Smet (SP.A) ne cache pas son intérêt pour le skytrain qu’il juge à la fois racé mais surtout beaucoup moins onéreux que son pote souterrain. Verra-t-on par ailleurs bientôt des rames sans chauffeur, comme c’est le cas à Paris ? L’idée fut longtemps sur la table des décideurs bruxellois avant de prendre du plomb dans l’aile. Aujourd’hui, on parle d’un métro automatisé plutôt qu’automatique. De quoi améliorer encore les fréquences grâce à la technologie sans pour autant éjecter le conducteur.

Invalid Scald ID.

Jeune ou vieux ?

A 40 ans, l’homme est à l’apogée de son existence. Plutôt mûr donc au contraire de notre réseau souterrain qui fait office de jeune pousse aux côtés de nombre de ses homologues. Jugez plutôt, le métro de Londres, premier du genre sur la planète terre, est né au XIXe siècle, en 1863. Le très parisien métropolitain a, lui, été inauguré dans une version certes réduite dès 1900, histoire de briller durant l’Exposition universelle. Le métro de New York date, lui, de 1904. Créée en 1976, l’installation bruxelloise a donc des allures de ketje tout comme les métros de Francfort, Lyon, Marseille ou Vienne qui datent de la même époque. La capitale dispose aussi d’un prémétro. Une spécificité bruxelloise. La première de ces lignes réservées au tram fut inaugurée fin 1969 entre Schuman et De Brouckère. Les tunnels ont été conçus en vue d’accueillir un métro lorsque le besoin s’en ferait sentir. Ce fut le cas en 1976 lors de la création de la 1re ligne de métro puis en 1988 lors de la création de la ligne 2.

Je fais des trous, des gros trous…

Pour la future ligne Nord qui doit relier Bordet à la gare du Nord, les ingénieurs vont opter pour le tunnelier à pression soit de boue soit de terre, une technique déjà utilisée notamment dans les quartiers denses. « Elle est connue et éprouvée avec l’avantage de diminuer les risques de tassements, le bruit et les vibrations », explique Marianne Hiernaux de Beliris. Autre avantage évident : elle permet de ne pas ouvrir la voirie. « Avec comme par le passé des cicatrices et des barrières infranchissables dans la ville. » L’engin va creuser à 30 mètres sous la surface. « La machine est composée d’une tête, une grande foreuse de dix mètres de diamètre avec des outils de coupe, couteaux et racleurs. Elle est également équipée d’un bouclier permettant aux ouvriers de travailler en étant protégés. » Derrière la tête, un long boa de 70 mètres qui va digérer les terres et les recracher à l’arrière. Le monstre avance au rythme de dix mètres par jour, sept jours sur sept.

Invalid Scald ID.

T’as un beau nom, tu sais ?

C’est au ministre de tutelle de la Stib qu’il revient de désigner le nom des stations. La plupart sont choisis par toponymie, sur la base du quartier ou d’une artère situé à proximité, comme c’est le cas pour Sainte-Catherine. « Les noms propres ont l’avantage d’être bilingues. Ceux à rallonge sont à éviter car ils ne sont pas facilement lisibles sur un plan du réseau », dit-on à la Stib. La station Eddy Merckx est la première station à porter le nom d’une personnalité de son vivant. L’autre Belge célèbre à porter le nom d’une station est Jacques Brel, qui travaillait non loin, dans la cartonnerie Vanneste et Brel. « C’est là qu’il écrivit ses premières chansons en regardant le tram 33. » Il se dit que Toots Thielemans pourrait donner son nom à une station de la future ligne nord. Alors que l’arrêt Amandier a été rebaptisé Roi Baudouin à la mort du souverain, une station peut aussi marquer son environnement : « Construite sur un terrain en forme de triangle, la station Delta à Auderghem a donné son nom au quartier. »

Invalid Scald ID.

La nuit, le métro fait dodo

A Bruxelles, pas question de voir débouler le métro en nocturne comme c’est le cas à Londres, par exemple, où l’on roule non-stop les vendredis et samedis. « Le potentiel de clientèle est beaucoup plus élevé à Londres qu’à Bruxelles et la vie nocturne plus développée, assure Françoise Ledune de la Stib. Nous avons dès lors opté pour un réseau de bus Noctis complété par le système Collecto (taxi collectif) qui correspond mieux à la demande de la population. » Noctis accueille entre 2.000 et 3.000 voyageurs par week-end.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Tenues de protection et masques faciaux de rigueur pour les participants au carnaval de Venise, où toutes les festivités ont été annulées à partir de ce dimanche.

    Coronavirus: l’Italie sous cloche pour contenir l’épidémie, l’angoisse monte

  2. 10857368-171

    Au carnaval d’Alost, l’incompréhension entre opposants et partisans

  3. Bernie Sanders embrasse son épouse Jane après son triomphe dans le Nevada
: «
Laiisez-moi vous présenter la prochaine Première Dame des Etats-Unis
!
»

    Etats-Unis: Bernie Sanders s’avance en grand favori vers le «Super Tuesday»

La chronique
  • Lettre d’Europe: le continent englouti

    L’Europe fut autrefois un lieu très différent, géographiquement parlant. Jusqu’à il y a huit mille ans, une bande de terre désormais engloutie appelée Doggerland unissait l’actuelle Grande-Bretagne au continent. Si cet endroit reste très difficile à étudier avec les moyens techniques actuels, des passionnés consacrent tout leur temps libre à la recherche de traces humaines sur cet immense territoire aujourd’hui recouvert par la mer – l’année dernière, l’auteure britannique Julia Blackburn leur a dédié un livre illustré intitulé Time Song : Journeys in Search of a Submerged Land .

    Des pêcheurs de la mer du Nord ont retrouvé des os de mammouth, de nombreux vestiges archéologiques sont apparus sur les plages, et des traces d’êtres humains ont même été observées sur les fonds marins. La montée du niveau de la mer survenue à la fin de la dernière glaciation a inondé cet espace et créé une terre fantôme. Cet Atlantide de la Préhistoire constitue une preuve irréfutable s’il en est de l’impact qu’a pu...

    Lire la suite

  • Et si on mettait le cap sur Broadway?

    Il y a deux façons de considérer la communication avec les autres : avec le souci de les tirer vers le bas ou avec la volonté de les porter vers le haut.

    La première option est évidemment la plus facile. C’est celle adoptée, sauf bonne surprise de dernière minute, par certains groupes carnavaliers d’Alost soutenus par leurs autorités locales. Ce dimanche, cette petite ville ne sera pas regardée comme un de ces lieux si typiquement belges où l’on fait défiler des chars et des déguisements dans la...

    Lire la suite