Sarkozy, pourquoi tant de haine

Ce n’est plus une tuile. C’est tout le toit qui s’effondre en une semaine sur la maison Sarkozy. Trop gros pour ne pas être un lynchage organisé par ses adversaires ? C’est la ligne de défense de celui qui se pose en victime. «  Je m’étonne que personne n’ait cherché à l’impliquer dans l’assassinat de Kennedy ! », a même ironisé cette semaine Guillaume Larrivé, directeur adjoint de la campagne de l’ex-Président.

Il ne faut bien sûr pas être naïf. Les campagnes électorales ont toujours été des festivals de boules puantes et tous les coups bas sont permis pour atteindre l’adversaire. Des attaques peuvent être nourries par esprit de revanche. Voir Patrick Buisson, l’ex-âme damnée (et désormais répudiée) de Nicolas Sarkozy, vomir son fiel contre celui à qui il a jadis inspiré les pires accents maurassiens provoque d’ailleurs sa dose d’écœurement. Patrick Buisson, procureur et professeur de vertu politique ? On se pince. Il n’est pas faux non plus que Nicolas Sarkozy, deux fois mis en examen mais jamais condamné, a bénéficié de plusieurs non-lieux.

Mais enfin ! Quelle débauche d’affaires ! Oublions même le dicton populaire selon lequel « il n’y a pas de fumée sans feu ». À supposer même que l’ex-Président soit innocent de tout ce dont on l’accuse (supposons donc), pourquoi s’acharnerait-on ainsi contre lui sinon parce qu’il inspire plus de rejet qu’aucun autre, François Hollande mis à part, le discrédit de celui-là portant moins sur sa personne que sur le bilan de son quinquennat ? Pourquoi cette opération « tout sauf Sarkozy » serait-elle une machine perpétuellement alimentée ? Au point même que des électeurs de gauche en viendraient à se déplacer pour aller voter en faveur d’Alain Juppé à la primaire de droite ?

La campagne que l’ancien Président a livrée depuis son irruption sur les estrades fin août apporte une partie de la réponse. Un rouleau compresseur de démagogie où les valeurs n’ont plus aucune place, seul le calcul électoral tenant lieu de boussole. Les Gaulois, le burkini, le climatoscepticisme, l’enfermement préventif des individus radicalisés au mépris d’un État de droit ramené au rang de méprisable « argutie juridique  » : et puis quoi d’autre ?

Nicolas Sarkozy ne va plus seulement chercher les électeurs du Front national comme il l’avait fait dès 2007. Il fait la propre campagne du parti d’extrême droite. Laissant même à Marine Le Pen, qui cherche à incarner l’apaisement (sic), le loisir de se taire pendant qu’il s’agite. Et l’invraisemblable délice d’apparaître presque comme la plus modérée des deux.

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