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Standard - Anderlecht: un Clasico aux allures de bal des débutants

Près de la moitié des acteurs sur la pelouse liégeoise va découvrir un Standard – Anderlecht. Une tendance qui va en s’accentuant depuis la disparition des clubmen.

Dossier - Temps de lecture: 3 min

Les maillots sont repassés, les écharpes prennent le frais et les cafetiers font le plein de bière : c’est l’heure du Clasico à la sauce belge. La date d’un Standard-Anderlecht, et vice-versa, est toujours soigneusement notée et soulignée dans l’agenda d’un supporter qui se respecte. Dimanche, ils seront plus de 27.000 fans à s’égosiller dans les travées de Sclessin, même si avec l’instauration des Playoffs, l’affrontement en phase classique a perdu un peu de saveur malgré les amplifications médiatiques un tantinet assourdies cette semaine par les compétitions continentales.

Revenus d’Amsterdam et de Saint-Etienne, Liégeois et Bruxellois auront à cœur d’oublier leur désillusion européenne mais aussi leur bilan national contrasté. Après un début en mode mineur, le Standard vient de faire un 9 sur 9. Alors que les analystes commençaient à ériger le Sporting en grand favori pour le titre, il s’est fait piéger, le week-end dernier, par la lanterne rouge. A domicile !

Néanmoins, le premier Clasico de la saison revêt toujours un caractère particulier. Pour les supporters des deux camps, c’est l’heure des retrouvailles. Pour les joueurs, et le virage a surtout été pris dès 2010, il a plutôt le parfum de la découverte. Depuis six ans, à l’occasion de la première rencontre de la saison entre Rouches et Mauves, huit joueurs au minimum reçoivent leur baptême dans ce qui reste le duel historique du championnat.

Et il faut attendre véritablement les Playoffs, quand le Standard s’y présente évidemment, pour que les deux formations s’alignent avec des éléments œuvrant en terrain connu. Ce qui n’est pas arrivé la saison dernière puisqu’on n’a eu droit qu’à deux duels entre le Standard et Anderlecht durant lesquels… 22 joueurs ont joué leurs premières minutes dans un Clasico. Habitué aux Barcelone-Real, Victor Valdés a dû se demander si l’appellation n’était pas usurpée...

Ce 2 octobre ne va pas déroger à l’habitude récente puisque la tendance, chaque saison, est à un renouvellement des cadres. Et c’est loin d’être un épiphénomène puisque cette rencontre de dimanche pourrait battre des records avec une accumulation de joueurs, dès le départ ou en fin de rencontre, n’ayant aucune notion, si ce n’est par ouï-dire, de la rivalité ancestrale entre Liégeois et Bruxellois. Si on se base sur le dernier match de championnat du Standard et d’Anderlecht, onze néophytes dans le Clasico pourraient commencer la rencontre alors que quatre remplaçants n’ayant jamais disputé un tel match pourraient également y participer. Et on ne parle évidemment pas des deux coachs étrangers qui seront à la barre même si Jankovic, depuis quelques années en Belgique, a sans doute plus conscience de l’importance de l’événement que Weiler.

Cette situation n’est évidemment pas surprenante. La notion de clubmen n’est plus utilisée que par les anciens combattants du ballon rond. A l’exception de Deschacht d’un côté et de Goreux de l’autre (avec un court passage par la Russie), les noyaux actuels ne sont plus constitués que par un contingent d’étrangers, pour la plupart en transit, et par des jeunes qui, persuadés de posséder le talent nécessaire pour évoluer dans des grands championnats, ne s’éternisent plus dans deux des clubs historiques du Royaume.

Malgré tout, cela ne nuit nullement à la ferveur populaire qui accompagne ce genre d’affrontements quelle que soit la situation sportive des protagonistes. Une ferveur qui, parfois, a eu certains excès. A cet égard, les départs de Defour à Burnley et de Proto à Ostende devraient enfin apaiser des débats. Tout le monde espère que la rencontre de dimanche sera une belle propagande pour le foot, pendant 90 minutes…

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Standard - Anderlecht: Davy Roef, le pari risqué

Souvent fébrile depuis le début de saison, Davy Roef a coûté une victoire européenne jeudi soir à Saint-Etienne. Il sera normalement titulaire au Standard.

Journaliste sportif Temps de lecture: 4 min

Davy Roef, c’est forcément celui qui était pointé du doigt après les deux points stupidement perdus durant les arrêts de jeu à Saint-Etienne jeudi soir. L’erreur qui a conduit au but miraculeux de Nolan Roux est évidemment collective. Elle débute d’abord par une perte de balle inutile d’Hamdi Harbaoui en milieu de terrain, alors que le Tunisien venait à plusieurs reprises d’avoir la balle de 0-2 au bout du pied. Cette fois, Bram Nuytinck ne peut par contre pas vraiment être matraqué. Si Davy Roef n’intervient pas, le Néerlandais remporte sans doute son duel de la tête sans trop de problème et l’arbitre siffle la fin de la rencontre sur le score de 0-1. Le souci majeur, c’est évidemment la sortie hasardeuse de l’international Espoirs. Non seulement, il n’était pas obligé de sortir. Mais, surtout, à partir du moment où il se lançait, il devait le faire avec autorité. Or, il est intervenu sans crier, sans s’imposer, et l’ambiance de Geoffroy-Guichard ne peut pas servir d’excuse. Par le passé, Davy Roef s’en était sorti avec brio dans un contexte tout aussi infernal à Galatasaray. On en revient donc à ce manque de charisme, cette absence de personnalité, qui ne font pas encore de lui un grand gardien.

L’ombre de Proto

Cela fait pourtant quelques années que la direction préparait le terrain pour lui. Mais cet argument reposait essentiellement sur deux rencontres que Davy Roef avait disputées il y a deux ans. En Ligue des champions à Galatasaray, et en playoffs face à Bruges. A deux reprises, dans des conditions difficiles, il avait été brillant. Mais, c’était l’arbre qui cachait la forêt. En Coupe, notamment lors d’un match à Maasmechelen, il avait déjà montré quelques faiblesses, notamment sur les sorties aériennes. A 21 ans, Davy Roef est un bon gardien, car il est moyennement supérieur dans tous les domaines. Pour le moment, il ne reste en réalité qu’un bon deuxième, mais pas le gardien qui, sur une saison, parviendra à faire remporter le titre à son équipe.

Tout le contraire donc de son prédécesseur, Silvio Proto. Souvent placé mais jamais gagnant au Soulier d’Or, et vainqueur du trophée de « gardien de l’année » à trois reprises (2005, 2012 et 2013), celui-ci remportait des matchs à lui seul. En 371 matches disputés pour Anderlecht, il avait encaissé 378 buts mais avait surtout gardé ses filets inviolés à 147 reprises. A Anderlecht, personne n’a fait mieux. Et surtout, il avait aussi un caractère fort. Quand Silvio Proto élevait le ton, les murs du vestiaire tremblaient. Davy Roef, lui, est tellement timoré qu’il n’essaie même pas. Anderlecht a rarement fait confiance à un gardien aussi jeune. Quand Silvio Proto est arrivé, il était âgé de 22 ans. Mais il a dû faire face à la concurrence de Daniel Zitka. Au point de, lors de sa troisième saison anderlechtoise, devoir aller faire ses preuves pendant un an au Beerschot pour ensuite revenir vraiment dans la peau d’un titulaire.

Svilar en attente

Avant Silvio Proto, c’est Daniel Zitka qui gardait les filets du Sporting. Il était arrivé bien plus mature, à 27 ans, et avait déjà porté les couleurs de Lokeren pendant trois ans auparavant. Il n’avait certes pas le talent du Silvio Proto des grandes années, mais il en imposait aussi. Avec autorité et humour, il parvenait à rassurer sa défense. Silvio Proto avait d’ailleurs eu beaucoup de mal à le détrôner. En 8 ans à Anderlecht, il était parvenu à ne pas encaisser dans 80 des 197 matches disputés. Des statistiques que possédait également Filip De Wilde, l’autre gardien « monument »  du parc Astrid, du moins durant son premier passage (40 matches sans encaisser). En 23 matches officiels, Davy Roef s’est retourné à 30 reprises. Il n’est parvenu à garder sa cage inviolée qu’à 5 reprises. C’est encore trop peu, même si on doit tout de même rappeler qu’il était l’homme du match contre La Gantoise et à Genk. Tous les buts encaissés ne sont cependant pas pour sa pomme. Il n’est pas question ici de faire son procès. D’autant qu’il n’a pas la baraka. Comme sur ce ballon qui lui retombe sur la tête à Eupen, ou qu’il reprend juste derrière la ligne contre Westerlo. Ce n’est évidemment pas sa sortie ratée de jeudi qui risque de le remettre en confiance. Pendant ce temps, Mile Svilar attend patiemment son tour, comme Davy Roef avant lui. Car si Anderlecht a investi financièrement pour que Svilar ne parte pas se perdre dans un grand club européen, ce n’est évidemment pas pour le laisser moisir indéfiniment sur le banc….

Aleksander Jankovic «Ce n’est pas mon premier derby»

Temps de lecture: 2 min

Un premier Clasico comme coach du Standard est une motivation très secondaire pour Aleksandar Jankovic.« Ce n’est pas le premier derby (NDLR : en Serbie, on désigne un grand match par ce terme) de ma vie. C’est avant tout le dernier match dans ce premier bloc de sept rencontres avant la trêve internationale. O n doit être content de ce qu’on a montré jeudi à Amsterdam. Il faut garder cet état d’esprit, cette mentalité, l’attitude sur le terrain, la générosité, la discipline, la rigueur et l’intensité dans les duels. »

À la tête de Malines, il a connu un rendez-vous assez spécial avec un match à Bruxelles qui avait vu Jean-François Gillet arrêter trois penalties. « En quatre matchs avec Malines, je n’ai pas perdu une seule fois. Je le dis toujours : chaque match a sa vérité et un bon score en général ne va pas m’aider à gagner dimanche. Dimanche, c’est onze contre onze, la mentalité, le plan de jeu, la générosité et c’est tout. Le reste tombe à l’eau. On devra respecter le plan de jeu qui sera présenté, se focaliser sur le rendement défensif et offensif. On l’a fait à l’Ajax où on n’a pas caché nos ambitions, on n’a pas eu peur de dire qu’on voulait gagner même si on ne l’a pas fait. »

Dimanche, il retrouvera peut-être Sofiane Hanni du côté d’Anderlecht. « Je suis fier de lui et de son parcours il le mérite. J’ai appris qu’il était touché aux adducteurs, mais j’espère qu’il va jouer. Et ce même si, avec le retour de Tielemans sur le terrain, Anderlecht est plus solide au milieu.  »

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