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La restructuration d’ING: un prix trop lourd à payer

Le groupe hollandais va supprimer 3.158 postes de travail chez ING Belgique et Record Bank. Une nouvelle restructuration qui choque.

- Journaliste au service Economie Temps de lecture: 3 min

Il n’existe évidemment pas de restructuration « positive ». Certainement pas aux yeux de celles et ceux qui vont en payer les pots cassés. Mais il existe cependant des restructurations inévitables, voire utiles. Celles qu’a décrites l’économiste Joseph Schumpeter sous le concept de « destruction créatrice », par exemple : une innovation chasse l’autre, rendant cette dernière obsolète et entraînant son lot de pertes d’emplois, avant d’éventuellement en créer de nouveaux.

On pourrait penser que la restructuration annoncée chez ING relève de cette catégorie. Du moins dans la justification qu’en donne Rik Vandenberghe, son CEO en Belgique. Son objectif ? « Préserver l’avenir en tant que banque solide et d’avant-garde, en relevant de nombreux défis tels que la digitalisation croissante, le changement de comportement des consommateurs », entre autres. Autrement dit : le sacrifice d’un tiers des effectifs de la banque (soit 3.158 emplois…) n’aurait d’autre objectif que d’adapter cette entreprise à la révolution technologique qui déjà en sape les fondements.

De fait, nombreux sont ceux parmi nous qui ne vont plus en agence, au mieux, qu’une fois l’an. Et se contentent, il est vrai poussés dans le dos par les banquiers qui les ont progressivement chassés des agences, d’effectuer leurs opérations courantes ou même leurs placements via leur smartphone. La révolution technologique, sans qu’on le souhaite en tant que consommateur ou sans qu’on en soit nécessairement bien conscient, tendrait donc à générer, en rendant nombre d’emplois obsolètes, son lot de licenciements.

Mais la restructuration d’ING ne relève pas uniquement de ce souci affirmé de détruire pour mieux s’adapter. Elle s’inscrit aussi, et peut-être surtout, dans le souci de réaliser des économies de centaines de millions d’euros, « principalement en adaptant l’emploi aux exigences du marché ». Licencier pour économiser, donc. Mais économiser pour quoi ? La banque orange va-t-elle si mal que cela ? Pas le moins du monde. Sa filiale belge a fait remonter vers sa maison mère aux Pays-Bas plus de 7 milliards d’euros en dix ans, dont plus d’un milliard pour la seule année 2015.

Ce qui choque, dans cette restructuration, est fondamentalement comparable à ce qui avait provoqué l’émoi, début septembre, chez Caterpillar  : l’appétit des actionnaires, qu’il faut certes rémunérer, semble désormais sans limite. On objectera que les banques sont soumises à des réglementations de plus en plus strictes, qu’elles doivent rester en condition de faire appel aux marchés. Mais faut-il pour autant sabrer dans les effectifs pour garantir à ces actionnaires une rentabilité qu’ils se considèrent en droit d’exiger ?

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3 Commentaires

  • Posté par Hennaux Jean, samedi 8 octobre 2016, 10:10

    L'instant présent et le court terme monopolisent comme toujours nos horizons ... et pourtant la 'Banque en Ligne' se fera aussi chez ING comme elle s'est faite Delta Lloyd (redevenue Nagelmackers). ING changera aussi de nom., c'est la vie. Ce qui est surprenant c'est le manque de souplesse, d'adaptabilité de toute notre JEUNE SOCIETE DYNAMIQUE!

  • Posté par Temmerman Martine, mardi 4 octobre 2016, 13:41

    Des re-structurations d'une telle ampleur en une phase témoigne d'une très qualité du management... Manager, c'est prévoir & prévoir permet de TOUT faire en douceur.... !!!

  • Posté par Michiels-sudowicz , mardi 4 octobre 2016, 12:02

    Phosphorez, vous les jeunes. Ce ne sera certes pas facile (et de moins en moins), mais ne vous laisser pas abattre car il doit y avoir d'autres pistes. Bonne chance à tous.

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