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Femme? Un sexe qui vote, cher Donald

Si Hillary Clinton devient la première présidente des États-Unis, elle le devra moins au vote captif des femmes, qu’à leur rejet de son concurrent.

Édito - Editorialiste en chef Temps de lecture: 2 min

Si Hillary Clinton devient la première présidente des États-Unis, elle le devra moins au vote captif des femmes, qu’à leur rejet de son concurrent.

Donald Trump croyait tellement que son « authenticité » lui bétonnait la voie royale vers la popularité, qu’il en a oublié que les femmes ne sont pas que des « chattes » (sic) à agripper, mais aussi des citoyennes qui votent. Et voilà un candidat à la présidentielle qui risque de se rendre compte que, même quand on est une star, « elles » ne vous laissent pas toujours faire, et que non cher Donald, on ne peut pas faire avec elles tout ce qu’on veut.

Trump avait pourtant une carte à jouer sur ce terrain. Pas sur base de ses propres atouts : son passé de mâle à la libido primaire risquait de lui nuire. Mais sa rivale n’avait pas non plus de quoi se garantir l’électorat féminin. Hillary Clinton n’incarne ainsi pas aujourd’hui, auprès de la gent féminine, l’équivalent symbolique d’Obama à l’époque, auprès des minorités.

Membre clé de l’establishment politique et d’un système Clinton rompu aux jeux de pouvoir et d’argent, Hillary n’est ainsi pas devenue en cours de campagne, une égérie féministe portée vers la Maison-Blanche comme un trophée de portée mondiale de l’émancipation des sexes.

Mais comment des propos vieux de dix ans entre « hommes qui savent pourquoi » suscitent-ils tant de désapprobation ? Personne ne pouvait en effet douter que Trump, l’homme qui évoque les « grosses nulles » face caméra, soit un habitué de propos de macho lambda. Mais voilà, l’impunité n’existe visiblement pas dans ces matières.

Confrontées à un certain degré de cynisme, les femmes, – comme les « choses mexicaines », autre cible trumpienne –, sortent à un moment de la soumission à laquelle certains les destinent, et disent stop. Cette rébellion est revendiquée aujourd’hui notamment par les stars républicaines Carly Fiorina et Condoleezza Rice, au nom du respect qu’on doit à des êtres qui ne sont pas que des sexes à « baiser » (sic), mais des cerveaux à convaincre.

Attaquer Bill Clinton sur ce registre sexuel pour se défendre ne fait qu’aggraver la situation d’un Trump qui transforme définitivement la campagne pour la présidence en caniveau.

Ô ironie   ? Se pourrait-il donc qu’un candidat à la présidence des Etats-Unis contribue à rappeler des principes fondamentaux à force non de les pratiquer mais de les bafouer ?

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À lire aussi Christine Ockrent: «Trump, c’est l’irruption de la téléréalité dans la politique»

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2 Commentaires

  • Posté par Hawkins Danielle, lundi 10 octobre 2016, 12:19

    Alors là, pour une fois Madame Delvaux, chapeau!!!

  • Posté par Rahier Pierre, lundi 10 octobre 2016, 11:26

    "Pas sur base de ses propres atouts..." : ce calque malheureux et incorrect du néerlandais "op basis van" et que l'on lit et entend un peu partout en Belgique francophone, m'énerve au plus haut point. En français, on dit et écrit "sur la base de." Sacrebleu !

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