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«Ni Trump ni Clinton ne veulent réunir le pays. C’est inquiétant»

Douze journalistes de six pays européens différents sillonnent l’Amérique avant les élections. Fin d’étape dans la capitale, où convergent les touristes américains. Comment envisagent-ils l’après-élection ?

- Temps de lecture: 3 min

Je suis à la fin de mon périple aux Etats-Unis. Les mots de Harry Wilson, professeur au Roanoke College, en Virginie me reviennent en tête : « Notre pays est plus divisé que jamais. Je ne sais pas comment nous en sommes arrivés là.  

Quand il s’est installé en Virginie il y a trente ans, me disait-il, les mineurs votaient massivement pour le parti démocrate. Ce dernier a choisi de se tourner vers les minorités que sont les Afro-Américains et les femmes, continuait le professeur. Les ouvriers se seraient sentis abandonnés : « Il y a beaucoup de blancs en colère, dans le vote Trump. » Le candidat républicain a su canaliser cette rage, mais son parti ne sait pas quoi faire de ces « déplorables », comme les a appelés Hillary Clinton, qui à moins d’un mois du vote, ne s’est toujours pas réellement intéressée à cette catégorie. « Aucun des deux candidats n’a la capacité ou la volonté de réunir le pays. Je suis très inquiet », concluait Harry Wilson.

Les Américains, le sont-ils également ? Quel meilleur endroit pour le leur demander que la Maison Blanche ? Stanley Laguerre, 26 ans, et Mashuka Elie, 24 ans, viennent de visiter les appartements qu’Obama occupera jusqu’en décembre. Ils se reposent dans le parc adjacent. Ils arrivent de Miami et ont réservé leurs billets il y a six mois. L’après-élection ne les rassure pas. « Obama et Romney avaient au moins quelques points sur lesquels ils pouvaient être d’accord, lance Stanley. Mais Clinton et Trump sont à l’exacte opposé. Le style très agressif et hargneux de Trump me fait craindre le pire, s’il gagne. »

Stanley La guerre (à gauche) et Mashuka Elie, de Miami. © David Haeberli.
Stanley La guerre (à gauche) et Mashuka Elie, de Miami. © David Haeberli. -

Loraine Salerno et Bernie Posner passent le week end dans la capitale à l’occasion d’un mariage. Elle vient du Connecticut, lui de New York. Ils profitent du soleil dans le même parc. Est-ce la proximité des institutions fédérales ? La sagesse de l’âge ? Bernie ne veut pas peindre le diable sur la muraille : « Le président élu ne pourra pas mener d’action unilatérale. Le pouvoir du président est contrebalancé par d’autres, comme le Congrès. » « Et nous, Américains, nous nous réunissons toujours derrière le président une fois l’élection passée, se rassure Loraine. Nous sommes comme cela. »

BerniePosner (à gauche) et Loraine Salerno, de New York et du Connecticut. © David Haeberli.
BerniePosner (à gauche) et Loraine Salerno, de New York et du Connecticut. © David Haeberli. -

Enfin, il y a ceux que cette élection indiffère, ou presque. Ils n’en attendent rien. Comme la famille Krood, de Chicago. Le nom du vainqueur ne changera rien, selon eux. Hillary, « qui est au moins un être humain décent », dit Madame, continuerait à faire ce qu’elle fait depuis des âges, et si c’est Trump, « les gens parleront d’autre chose très rapidement », dit Monsieur. « A Chicago, la victoire des Cubs (l’équipe de baseball, en demi-finale du championnat national, ndlr) aurait bien plus d’impact que l’issue de l’élection présidentielle. Nous attendons cela depuis une vie ! », conclut un des jeunes adultes qui les accompagne.

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