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«Si Trump est élu président, les Californiens chercheront à faire sécession»

Douze journalistes de six pays européens différents sillonnent l’Amérique avant les élections. Pour Marcus Ruiz Evans, il est un dessein politique beaucoup plus important que la présidentielle du 8 novembre : celui de l’indépendance de la Californie.

- Temps de lecture: 3 min

À l’heure où les Britanniques cherchent péniblement les modalités du Brexit (British Exit), il est un homme que la tâche ne rebuterait pas. « La Californie ferait mieux que le Royaume-Uni. On ferait plus attention à notre économie, qui dépend de 25 à 40 % de l’international », assure Marcus Ruiz Evans, vice-président du mouvement Yes California, qui prône l’indépendance du Golden State, parfois surnommée « Calexit ». « Mais le Brexit vise à s’affranchir des règles de l’UE, alors que pour nous, ce serait l’occasion d’obtenir plus d’accords commerciaux et d’encourager l’immigration. »

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Les propos de ce chercheur et auteur d’un livre sur le sujet publié en 2011 ont de quoi surprendre. Mais le mouvement suit de près les débats autour du Brexit, les indépendantistes catalans et les nationalistes écossais qu’ils prennent comme modèle (leur nom est d’ailleurs un clin d’œil à Yes Scotland). « La Californie est l’équivalent de la 6e puissance mondiale (selon le FMI, après le Royaume-Uni et devant la France). Alors, si nous arrivons à nous faire entendre des 40 millions de Californiens, cela peut vraiment changer la donne ! » s’enthousiasme-t-il.

Yes California compte actuellement une dizaine de membres permanents, affiche 12 000 « like » sur son compte Facebook, une mailing list de 12 000 abonnés, mais affirme au doigt mouillé s’être déjà fait entendre auprès de 5 millions de Californiens, notamment grâce à un dessin représentant le divorce entre l’État et le reste du pays. L’un de ses arguments phares est que le Golden State est « l’endroit le plus diversifié et le plus avant-gardiste de la planète, qui jouit de sa propre culture ». Mais aussi que les Californiens reversent de « 15 à 50 milliards de dollars depuis trente ans à l’État fédéral, sans rien récupérer en retour ». Le mouvement vise 2019 pour obtenir les quelque 400 000 signatures qui permettront l’organisation d’un référendum sur le sujet, grâce au système de démocratie directe dont bénéficie la Californie.

La Californie devient une marque

En attendant ce rendez-vous tant espéré, Marcus est à l’affût du moindre signe allant dans le sens de sa cause. À commencer par les déclarations du gouverneur de la Californie, Jerry Brown, qui a affirmé en mars, sur le ton de la plaisanterie, que « si Trump était élu, il faudrait peut-être construire un mur autour de la Californie pour se défendre du reste du pays. » « Ces propos sont pour nous une forme de soutien », affirme Marcus, qui relève encore : « Même à la Conférence de Paris sur le climat, il y avait une table pour les Etats-Unis et une autre pour la Californie ! » Et d’enchaîner : « Et puis, regardez tous ces gens avec des t-shirts « Cali » ou « California Republic », c’est un phénomène très récent et cela veut bien dire quelque chose ! », pointe-t-il dans l’allée du mythique Universal City Walk, à Los Angeles.

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Mais à quelques jours de la présidentielle, Marcus, 39 ans, affiche moins d’enthousiasme. « La Californie déteste Trump et n’aime pas vraiment Clinton non plus. Mais que ce soit l’un ou l’autre, cela ne changera rien dans la façon dont les Californiens sont traités. » D’ailleurs, ce militant d’origine mexicaine, anglaise et indienne (native) ne votera pas pour le scrutin présidentiel (il participera en revanche aux référendums d’initiatives locaux). « La Californie n’a pas influencé une élection présidentielle depuis 1870 ! », déplore-t-il, citant un article récent du New York Times qui fait également ce constat. Avant de concéder : « On ne peut souhaiter un cancer à personne et nous sommes une organisation libérale de gauche. Mais si Trump est élu, il faut reconnaître que cela servirait notre cause, car les Californiens chercheront immédiatement à faire sécession ! »

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