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Comment Trump rallie les «suprémacistes blancs»

De nombreux groupes prônant un nationalisme blanc soutiennent la candidature du milliardaire républicain.

- Temps de lecture: 3 min

N e dites surtout pas que je suis un ‘suprémaciste blanc’. Je préfère le terme ‘nationaliste blanc’. Nous qualifier de ‘racistes’ ou de ‘suprémacistes’ est négatif et nous nuit. » La mise au point sémantique étant faite, William Johnson, président de la formation nationaliste American Freedom Party, commande avec le sourire un jus de pamplemousse dans un « diner » traditionnel d’une banlieue proprette de Los Angeles.

Sur les écrans télévisés derrière lui, le deuxième débat présidentiel commence tout juste. « Suprémaciste » ou non, le discours de William Johnson, avocat à Los Angeles, ne fait aucun doute sur ses intentions. « Je suis pour un Etat blanc et pour la balkanisation des Etats-Unis. L’immigration dans les pays blancs a été ouverte pendant des années et les immigrés et les réfugiés ont remplacé nos standards par les leurs  », expose-t-il tout de go. Derrière lui, le serveur latino jette un regard d’effroi.

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Comment alors vivre en Californie, l’Etat le plus diversifié des Etats-Unis, qui compte désormais plus de latinos que de blancs ? « Je n’ai aucun problème à habiter Los Angeles. Je me sens plus menacé dans des petites villes où des immigrés arrivent », explique-t-il, à la sortie de la messe, avant de rejoindre son vaste ranch.

Ce discours, qui il y a encore quelques temps n’aurait rencontré qu’un écho marginal côté républicain, a trouvé un relais dans cette campagne. « Avec Donald Trump, ces mouvements ont choisi leur candidat, décrypte Brian Levin, qui dirige le Centre pour l’étude de la haine et de l’extrémisme, à San Bernardino.Ils existent depuis des années, mais il leur manquait une célébrité charismatique à même de réunir autour d’elle une portion de l’électorat en colère, ajoute le spécialiste. Il a ouvert le champ politique à tous ces groupes (suprémacistes, néonazis, anciens du KKK), qui dans le passé, ne se seraient jamais rassemblés derrière un candidat. »

« Génocide blanc »

« Même s’il n’est pas élu, Trump réveille le géant assoupi de l’Amérique blanche, confirme Johnson, passionné par le Japon. C’est le leader d’un mouvement antimondialiste, populiste et nationaliste. » Ce sexagénaire discret aime d’ailleurs à raconter qu’il a été « un délégué de Trump pendant quatre heures  », avant que sa nomination ne fasse la une des médias et qu’il ne soit contraint de se retirer.

S’il refuse de dire combien de membres compte son mouvement, Johnson explique donner de l’argent à d’autres groupes que le sien, comme le Traditional Worker Party qu’il juge tout de même « trop violent  ». Comme eux, il dénonce un « génocide blanc  » et dit assister à « la mort de la race blanche, causée par les concepts de diversité et de multiculturalisme  », mais voit dans le controversé président philippin, Rodrigo Duterte, une sorte de héros. « Comme Trump, c’est un leader fort, typique de la prochaine génération  ».

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