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Virus Zika: une ombre sinistre plane sur l’État ensoleillé

Douze journalistes de six pays européens différents sillonnent l’Amérique avant les élections. Zika plane telle une ombre sinistre sur l’« État ensoleillé ».

- Temps de lecture: 4 min

Les professionnels des relations publiques discutent très volontiers avec les journalistes touristiques dans les gîtes, des plus typiques jusqu’aux plus nobles, du célèbre quartier Art Déco de Miami Beach. Mais en cas de question sur « Zika » et l’impact du virus sur le nombre de visiteurs et le chiffre d’affaires, on est soudainement assuré d’être embarqué dans une réunion et ce, hélas, pour toute une soirée. On pourrait donc s’adresser au chargé de relations publiques – qui ferait savoir peu de temps après qu’il ne sait malheureusement rien sur le sujet.

Angel Solano, manager au « Chesterfield Hôtel », situé sur la Collins Avenue proche plage, fait exception. Pourtant, confirme-t-il, au cours des trois premières semaines de juillet, l’activité a enregistré un recul sensible par rapport à l’an dernier. Entre-temps, tout est néanmoins « rentré dans l’ordre », explique-t-il, sans toutefois communiquer de chiffres exacts.

Zika plane telle une ombre sinistre sur l’« État ensoleillé ». Le virus arrive en toute discrétion. La plupart des adultes qui sont infectés par certaines espèces de moustique Aedes aegypti ne présentent aucun symptôme. Chez d’autres, des symptômes tels que de la fièvre ou des maux de tête disparaissent après quelques jours. Toutefois, les femmes exposées à Zika pendant leur grossesse peuvent donner naissance à des enfants présentant des lésions cérébrales massives, une tête de taille réduite et une espérance de vie très limitée. On parle alors de microcéphalie. Des scientifiques ont entre-temps constaté qu’outre les enfants à naître, les bébés sont également vulnérables.

Le virus Zika, dont le nom est tiré de celui de la forêt située en Ouganda où il a été découvert pour la première fois en 1947, s’est propagé depuis l’Afrique jusqu’en Asie, en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Celui-ci représente également un problème depuis cette année aux États-Unis, en particulier dans le comté de Miami-Dade, dans le sud de la Floride. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) parle d’une « propagation explosive » et d’une évolution « préoccupante ».

Pablo, qui loue des chaises longues et des parasols sur la plage de South Beach, qui n’est pas surpeuplée à l’heure actuelle, n’est pas impressionné par cette agitation. « L’autre jour, des avions sont venus ici pour pulvériser du produit sur la plage », explique l’homme proche de la trentaine. « J’ai veillé à bien m’en sortir. Ce brouillard contre les moustiques me cause plus de soucis que le virus Zika en lui-même. »

Le microbiologiste Larry Lynam voit les choses différemment. Il craint que la situation de Zika ne soit systématiquement minimisée. « Le tourisme est une industrie très importante ici. »

En date de la semaine dernière, à l’échelle des États-Unis, 3712 infections étaient recensées chez des Américains qui avaient par exemple voyagé dans les Caraïbes. À cela s’ajoutent 105 cas de transmission par moustique aux États-Unis, bien que jusqu’à présent, ceux-ci se soient produits uniquement en Floride. En outre, le virus a été transmis à au moins 30 reprises par voie sexuelle. Néanmoins, affirme Lynam, qui dirige une société de conseil pour les sociétés de biotechnologie, les tests n’ont en fait été effectués que sur des femmes enceintes dans deux secteurs de Miami, à savoir le quartier de Wynwood et une partie centrale de South Beach, à proximité du jardin botanique. Bien qu’il existe des cas d’hommes présentant des symptômes clairs de Zika, ceux-ci ne sont pas soumis à un dépistage du virus car ils ne font pas partie du groupe des personnes vulnérables, explique-t-il. « Il est insensé de prétendre que Zika se limite à des secteurs aussi resserrés », prévient Lynam.

Jusqu’à présent, il n’existe pas de vaccin contre le virus. Alors que faire ? Lynam, qui vit lui-même en Floride, déconseille de céder à la panique. Toutefois, il recommande en particulier aux filles et aux jeunes femmes qui se rendent dans l’État fédéral ou y résident de prendre des précautions et, surtout, de ne pas lésiner sur les répulsifs antimoustiques.

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