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Plus forts après le massacre, les LGBT d’Orlando penchent pour Clinton

Douze journalistes de six pays européens différents sillonnent l’Amérique avant les élections.

- Temps de lecture: 3 min

La boîte de nuit aux murs peints en noir est couverte par une haute clôture. Des œuvres d’art sont accrochées, des cœurs, des oiseaux, des mains liées, souvent aux couleurs de l’arc-en-ciel. Comme dans un grand livre de condoléances, des parents, des personnes en deuil et des touristes se sont exprimés avec des feutres. « Nous ne vous oublions pas », peut-on lire, ou encore « L’amour est plus fort ».

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Nous sommes devant le Pulse à Orlando, la boîte de nuit de la scène gay où dans les premières heures du 11 juin, un Américain de 29 ans né de parents afghans a assassiné 49 personnes et fait 53 blessés.

« Nous sommes venus parce que nous ressentons un lien avec les morts », a déclaré un jeune homme à peine majeur d’apparence hispanique, qui indique venir de Jacksonville, dans le nord de la Floride. Son ami, qui se tient à côté de lui, est blanc et vit ici, à Orlando. Il dirige son regard vers le Pulse, fermé depuis l’attentat, et secoue la tête : « C’est terrible, cela ressemble à une plaie encore fraîche. »

La stupeur suscitée par le massacre, qui s'est produit il y a environ quatre mois, se lit également chez Alex Howell, directeur organisationnel du « LGBT Center of Central Florida » voisin, représentant la communauté lesbienne, gay, bi et trans. Mais il s’efforce de tirer une lueur d’espoir de l’horreur. « Quand je conduis dans Orlando, je suis touché lorsque je vois le drapeau arc-en-ciel dans beaucoup d’endroits et sur de nombreux bâtiments. Dans la ville, les gens sont devenus plus conscients que nous formons tous une communauté et que les LGBT forment une partie importante et vitale de celle-ci. Cette énergie qui en résulte, nous devons l’utiliser pour transformer le mal en quelque chose de bien. »

Les motivations de l’auteur des faits, qui s’est suicidé, restent incertaines. Il était musulman et fulminait contre les juifs. Un terroriste islamiste ? Il exprimait face à ses collègues de travail sa haine des Hispaniques et des homosexuels. Un xénophobe homophobe ? Des survivants qui fréquentaient le Pulse reconnaissent un client occasionnel. Un homosexuel qui combattait son orientation ? La police n’a trouvé aucune preuve à ce sujet. La première femme qui s’est séparée du tireur, quelques mois après leur mariage, a décrit un homme violent et « mentalement instable ».

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Âgé de 47 ans, Howell ne se livre pas à de telles spéculations. La communauté LGBT d’Orlando comporte aussi « naturellement » des musulmans, assure-t-il. Selon lui, il y a des extrémistes dans chaque groupe. En outre, les États-Unis sont bel et bien sur la bonne voie d’après lui, depuis que le président et la Cour suprême ont assimilé le mariage homosexuel et le mariage hétérosexuel. Mais Howell formule également une mise en garde : «Reparlons-en dans huit ans. Nous ne sommes qu’au début. Les droits que l’on vous donne peuvent également vous être repris. »

Howell semble serein pour les élections présidentielles. « Si je regarde Donald Trump en tant qu’homme d’affaires, j’ai l’impression qu’il donne à tout le monde les mêmes possibilités. Ce que les gens font dans leur vie privée ne l’intéresse pas. Je n’ai donc pas peur qu’il gagne. Cela dit, un président républicain ne nommerait pas les mêmes juges constitutionnels qu’un démocrate, ce qui m’inquiète déjà. Par conséquent, notre communauté aurait assurément une alliée plus forte avec Hillary Clinton. » Doit-on comprendre que s’il n’a pas peur de Trump, il ne votera pourtant pas pour lui ? « C’est une conclusion que vous pouvez tirer », répond Howell, souriant. « Mais je ne l’attesterai pas. »

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