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«Ni Clinton, ni Trump», ils choisissent la révolution verte

Avec le Parti vert, Jill Stein veut briser les anciens modèles : plus de questions environnementales et moins de capitalisme.

- Temps de lecture: 3 min

Révolution ! Liberté ! Révolte ! Ces mots sortent souvent de la bouche des fidèles du Parti vert. Ces derniers veulent se rebeller et sont lassés par les deux grands partis dominants. «  Ni Hillary Clinton, ni Donald Trump ne sont des options possibles pour moi. Je ne veux pas voter pour le moindre des deux maux, je veux faire un vrai choix », affirme un jeune étudiant à l’Evergreen State College. Il aborde ici un phénomène très répandu : beaucoup ne votent pas pour Clinton, mais contre Trump.

Et cela doit changer à l’avenir en Amérique. Au meeting électoral du Parti vert, beaucoup de personnes différentes se rencontrent. La Statue de la Liberté déambule tandis qu’un air des Beatles émane du magnétophone. «  Le choix est réduit aux démocrates ou aux républicains, mais les deux partis sont corrompus », crie le directeur de campagne du Parti vert, David Cobb, dans la foule. Des applaudissements se font entendre. Il sait de quoi il parle. En 2004, il était le candidat du Parti vert à la présidence.

Alice est du même avis. Elle était bénévole pour les démocrates lorsque Bernie Sanders était encore dans la course. «  Je ne me suis pas intéressée à la politique avant l’arrivée de Bernie », raconte la jeune femme. Il a pu éveiller en elle un feu politique, affirme-t-elle. Mais lorsqu’il n’a pas été élu candidat démocrate, il était clair pour elle qu’il ne pouvait pas entrer. «  Les démocrates voulaient Hillary, quel que fût le souhait du peuple », affirme-t-elle d’un ton indigné. Et c’est pour cela qu’elle milite désormais pour la candidate présidentielle du Parti vert, Jill Stein.

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Aux États-Unis, le Parti vert a promis de s’appuyer sur quatre piliers : la paix (réduction considérable du budget militaire), l’écologie (ralentissement du changement climatique et transition vers les énergies renouvelables), la justice sociale (augmentation du salaire minimum et mise en place d’un réseau social) et la démocratie (plus de débats publics et des systèmes électoraux plus représentatifs).

À l’Evergreen College, la salle n’est pas pleine. Mais le discours de David Cobb est soutenu par des applaudissements nourris et des cris. Beaucoup ne renvoient pas le problème vers les candidats présidentiels ou les partis en soi, mais vers le système. L’Amérique est en crise, déclare Cobb. Changement climatique, dettes des étudiants, crise économique. «  Le capitalisme ne peut pas résoudre ces crises, parce que le capitalisme est le problème », lance le directeur de campagne charismatique devant la salle. Tonnerre d’applaudissements.

Démocrates ou républicains, bleus ou rouges. Le système bipartite américain existe depuis plus de cent ans. Trois partis essaient sans cesse de casser ce système, mais n’y sont encore jamais parvenus. Pour le Parti vert, le tableau n’est pas rose non plus. Selon les sondages, Jill Stein recueille actuellement une part de 3 % à 4 % des suffrages. Au moment même du vote, les experts estiment que le parti n’obtiendra pas plus que deux pour cent.

De nombreux fidèles du Parti vert se formalisent précisément du système électoral. Leurs voix sont en effet considérées comme «  perdues » parce que de toute façon, soit le candidat républicain Donald Trump, soit la candidate démocrate Hillary Clinton remportera les élections. «  Beaucoup de mes amis votent Clinton pour des considérations stratégiques », explique David Lousteau, travailleur de campagne du Parti vert à Olympia, capitale de l’État de Washington. L’idée des Verts est donc la suivante : remplacer le vote «  à deux choix » par un vote de «  préférence ». Ainsi, aucune voix ne serait perdue et les gens seraient mieux écoutés, assure Lousteau.

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