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Élections américaines: et Dieu dans tout ça?

La religion n’influence plus les votes comme avant.

Chronique - Chroniqueur Temps de lecture: 3 min

En 1976, le candidat démocrate et pieux baptiste, Jimmy Carter, avait confessé à Playboy qu’il lui était arrivé de « regarder des femmes avec luxure ». A cette époque, tourmentée, post-Vietnam, post-Watergate, Donald Trump, le sybarite, le concupiscent, l’impie, n’aurait eu aucune chance. L’Amérique, cette « nation unie sous l’autorité de Dieu », l’aurait voué aux gémonies.

2016, une rupture

Mais comme sur tant d’autres enjeux, l’année 2016 marque une rupture. La foi, qui avait dominé les élections depuis l’émergence, dans les années 1980, de la Majorité morale, « blanche, évangélique et anglo-saxonne », a fait un pas de côté. Lors des primaires, Trump, grand pécheur devant l’Eternel, a éliminé tous les chrétiens fiévreux, le prédicateur Mike Huckabee, le légionnaire de la foi Ted Cruz. Et il conserve aujourd’hui le soutien de 80 % des évangéliques blancs, qui constituent 25 % de l’électorat.

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Les catholiques, par contre, ne l’apprécient guère. Certes, les « évêques de Jean-Paul II » s’obstinent à appeler leurs ouailles à voter Républicain, comme ils l’avaient fait en 2004 lorsqu’ils « excommunièrent » le catholique « libéral » John Kerry, rival de George W. Bush. Mais ils sont de plus en plus démodés et débordés. Les Hispaniques, qui constituent la force montante au sein de l’Eglise, n’ont pas oublié les invectives de Donald Trump contre les Mexicains ni son manque de respect pour le très latino Pape François.

Hillary Clinton se frotte les mains comme un oblat béat. Les Catholiques représentent 20 % de l’électorat et les sondages sur le « vote papiste » la créditent d’une avance de 17 points sur son rival, bien mieux qu’Obama, qui, en 2012, n’avait fait que 2 % de plus que son rival républicain et mormon, Mitt Romney.

Tim Kaine, un atout pour Clinton

Un effet « Tim Kaine » ? Ancien coopérant des Jésuites au Honduras, le candidat à la vice-présidence conforte l’avance démocrate chez les Latinos. Mais il apporte aussi un correctif bienvenu à l’image négative, froide, privilégiée, dont souffre Hillary Clinton. Bien ancré au sein de la Middle America, chaleureux, il inspire la confiance au sein d’un monde catholique américain sensible au discours sur le Bien commun et la justice sociale. Ni populiste ni élitiste, il propose une alternative humaniste, modérée, à des millions de citoyens qui brûlent d’envie d’envoyer un message à l’Establishment, sans risquer de projeter l’Amérique dans le Feu de la Géhenne.

« Les catholiques vont assurer la victoire d’Hillary », écrivait il y a quelques jours un hebdomadaire catholique. Prudence ! Le vote catholique reste volatil. Au-dessus des clochers, la girouette pourrait encore tourner.

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