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Woodlands, l'oasis des millionnaires mexicains

Douze journalistes de six pays européens différents sillonnent l’Amérique avant les élections. Une banlieue chic au nord de Houston abrite des milliers de riches qui profitent de la sécurité et des services mais travaillent au Mexique.

- Temps de lecture: 3 min

C'est à Woodlands, une zone résidentielle au nord de Houston, que s'illustre l'extrême positif de l'immigration mexicaine qualifiée. Woodlands est le comble du mode de vie en banlieue: des maisons qui valent entre 200 000 et 16 millions de dollars et de petits lotissements résidentiels autour d'espaces commerciaux de luxe, le tout camouflé par des forêts. À moins de deux heures d'avion de Mexico D.F., Woodlands est l'oasis des millionnaires mexicains et des professionnels de haut niveau au Texas.

« Une forteresse économique »

«C'est une véritable forteresse économique», déclare Iván Arjona, un expert agent immobilier de Woodlands, qui compare l'endroit aux résidences réservées aux professionnels étrangers au Moyen-Orient. Avec son épouse, Natalia Arjona, il gère une agence immobilière florissante et a aidé beaucoup de Mexicains à s'installer. «Ici, il y a de quoi investir pour ceux qui ont de l'argent

La maison type a quatre chambre et trois à cinq salles de bains et 60 % d'entre elles ont une piscine. Arjona nous explique que la forteresse du client mexicain a fait son apparition ces dix dernières années. Au début, il s'agissait d'investissements pour le weekend, «lorsque le Mexique est devenu plus instable, ils ont voulu s'installer ici».

Dans Market Street, le centre commercial de boutiques de luxe de Woodlands, on entend principalement de l'espagnol. «Chaque fois qu'ils ouvrent une nouvelle boutique, je leur dis qu'ils doivent engager des personnes qui parlent espagnol» assure Noemi Gonzalez, responsable marketing de cet espace commercial. « C'est une communauté aisée et tout le monde sait que les hispaniques qui vivent ici ont de l'argent. C'est de l'argent nouveau, pas de l'argent qui vient de familles riches, mais de l'argent gagné par des professionnels qui ont travaillé dur. Woodlands casse le stéréotype du latino

« Une autre image de l’hispanique »

Jorge Cadena, éditeur du magazine Viva Woodlands, publié en espagnol pour cette communauté de riches, est arrivé il y a huit ans comme ses clients. Au Mexique, il travaillait dans la publicité. Puis il a vu une possibilité de faire des affaires ici, et il a décidé de rester. Il plaisante en disant que cette communauté est «la communauté la plus sûre de Ciudad de Mexico». Grâce à son magazine, il informe cette communauté hispanique qui comprend également de nombreux Vénézuéliens et Espagnols. «Nous voulons mettre en avant une autre image de l'hispanique, déclare Cadena, que l'homme d'affaires de Houston comprenne qui est ce Mexicain qui est maintenant son voisin

Plus de douze vols relient chaque jour Houston au D.F. Beaucoup de Mexicains de Woodlands vivent ici avec leurs familles et travaillent au Mexique, où sont implantées leurs entreprises. «Ils prennent l'avion le lundi matin et rentrent le jeudi ou le vendredi. C'est un trajet que beaucoup de gens font», explique Cadena. Donald Trump ne pense pas à Woodlands quand il fait des généralisations aberrantes sur les immigrés mexicains. «Nous achetons des maisons et nous payons des impôts. Nous sommes des citoyens modèles», se défend-il.

Échapper à l’insécurité du Mexique

Certains s'installent également à Woodlands pour échapper à l'insécurité de Mexico, bien que ce ne soit pas la raison principale. «On leur montre une maison et ils se disent que leur maison à Mexico est plus jolie que celle-là. On leur montre le terrain de golf et ils se disent que leur terrain de golf à Mexico est bien mieux que celui-ci. On leur montre l'école secondaire et ils se disent que l'école privée de leurs enfants à Mexico est mieux que celle-ci. Puis ils voient des enfants jouer au ballon dans la rue. Et c'est là qu'ils disent: ‘Je veux vivre ici’. Parce que c'est précisément ce qu'il leur manque à Mexico», expliquer Cadena. Ce qui pousse cette élite mexicaine à venir à Woodlands, c'est la qualité de vie, la manière de dépenser son argent et et la possibilité d'arborer fièrement leur luxe, une chose qu'ils ne peuvent pas se permettre à Mexico.

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