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L’Arizona dit au revoir au shérif le plus impitoyable à l’égard des immigrés

Paul Penzone met fin au règne de Joe Arpaio et fait la promesse suivante aux hispaniques : « Je vais traiter vos familles comme j’aimerais qu’on traite la mienne ».

- Temps de lecture: 4 min

Le shérif Joe Arpaio, qui s’est autoproclamé « shérif le plus dur d’Amérique » a été écarté mardi par les électeurs de Phoenix, dans l’Arizona. Paul Penzone, ancien policier du camp démocrate, sera le nouveau chef d’une force de police marquée par le racisme après le passage du chef Joe Arpaio, qui encourageait la chasse aux immigrés sans papiers. Les agents de police pouvaient interpeller une personne uniquement en raison de la couleur de sa peau afin de lui demander ses papiers.

Mardi à 8h du matin, Penzone a rendu visite à un syndicat hôtelier de la ville. La majorité des personnes présentes étaient hispaniques. Il a déclaré : « Je vais traiter vos familles comme j’aimerais qu’on traite la mienne. Il n’y aura plus d’identifications en fonction de la race. » Arpaio exerçait cette fonction depuis 23 ans. C’est « la personne la plus malveillante que j’ai connu dans ma vie », a déclaré le maire de Phoenix, Greg Stanton.

Penzone n’envisageait pas du tout de reprendre le service après avoir pris sa retraite de la police de Phoenix, après 21 ans, « mais quand on voit une personne abuser de son autorité et manquer de respect à la communauté au service de laquelle elle travaille, il faut agir. Et je ne demanderai jamais à quelqu’un de se mettre en première ligne à ma place, parce que je suis qualifié, passionné, et que je suis un homme de service. »

Mobilisation

La victoire de Penzone est la conséquence d’une mobilisation toujours plus importante de l’électorat latino dans un État où les hispaniques représentent 30 % de la population et 20 % de l’électorat. De plus, Phoenix et le comté de Maricopa sont de plus en plus démocrates. « L’augmentation de la communauté hispanique est importante, mais il s’agit ici de nous considérer comme une seule communauté. C’est ce qui fait la grandeur des États-Unis, notre diversité  », expliquait Penzone, quelques heures avant d’apprendre sa victoire. « Avoir le pouvoir d’influencer une élection de manière positive afin d’être respecté et traité en tout égalité est une responsabilité. Je pense que la communauté hispanique a la possibilité d’exercer une bonne influence et j’espère que l’Arizona sera le premier endroit où celle-ci se manifestera. »

Penzone expliquait que si une ville aussi progressiste et cosmopolite que Phoenix continuait à voter pour Arpaio, c’était en raison des banlieues blanches et conservatrices qui l’entourent. La montée d’Arpaio s’explique, selon lui, par le fait qu’il «  a donné, dans un premier temps, une voix aux forces de sécurité à une époque où elles étaient très conservatrices dans leurs relations avec le public ». « Il est devenu quelqu’un de charismatique, mais il était davantage un personnage qu’un leader. Son règne fut celui de la peur, la peur d’un épouvantail contre lequel il nous protégeait  », a ajouté Penzone. « Mais ses paroles n’ont jamais été en accord avec ses actes. Je pense que la population veut voir de l’intégrité et du professionnalisme, et qu’elle en a assez de l’inaction, de la rhétorique et des bêtises. »

Arpaio, qui participe aux meetings de Trump et constitue la source d’inspiration de sa rhétorique anti-immigrés, est allé tellement loin dans ce personnage qu’il a été accusé d’outrage par un tribunal fédéral. Le shérif a désobéi consciemment aux décisions judiciaires qui l’obligeaient à arrêter de s’attaquer aux latinos en raison de leurs origines.

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Dans les locaux du syndicat culinaire, des t-shirts et des affiches étaient distribués avec le slogan « Adiós Arpaio » (au revoir Arpaio). Personne ne représente le pouvoir des hispaniques insultés par Arpaio et par Donald Trump mieux que Félix Trejo, âgé de 20 ans. En 2009, des agents d’Arpaio ont arrêté son père sans raison apparente et ont découvert qu’il avait une amende de circulation non payée. Il n’avait pas de papiers. Ils l’ont envoyé en prison puis il a été déporté. Face à la fureur anti-immigrés d’Arpaio, les gens « se contentent d’aller du travail à la maison et de la maison au travail  » pour éviter les problèmes. Mardi, Félix Trejo a pris sa revanche. Il a voté pour la première fois, avec des milliers d’autres personnes, pour en finir avec Arpaio.

 

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