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Les jeunes dans la rue: «Trump n’est pas notre président»

Dans tout le Midwest, et partout ailleurs, des centaines de jeunes, appartenant en majorité aux minorités ethniques, se sont spontanément réunis pour exprimer leurs peurs et leur frustration.

- Temps de lecture: 3 min

Le slogan choisi par le groupe de jeunes est sans équivoque : « Down Trump », « Trump n’est pas mon président. » Ils sont sortis les uns après les autres des classes des lycées de Des Moines, spontanément. À la fin de la matinée, ils étaient des centaines dans toute la ville. Un groupe multiethnique où l’on pouvait voir des jeunes filles voilées, afro-américaines et blanches se prenant dans les bras, se tenant par la main, agitant des drapeaux mexicains et américains ou tenant des pancartes fabriquées à la va-vite pour faire passer le message : « Nous sommes tous Américains. »

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Un mouvement anti-Trump qui se propage

Ce mouvement de protestation anti-Trump est en train de se propager dans tout le pays, de l’Oregon à New York. Ce qui domine, ce sont les inquiétudes des jeunes dont les parents ont immigré aux États-Unis, les enfants des latino-américains et des réfugiés musulmans issus des dernières vagues d’immigration. Tous ont peur que leurs camarades ou leurs propres familles soient expulsés. Et, par solidarité, beaucoup de jeunes gens blancs sont, eux aussi, descendus dans la rue. Tous scandent de vieux slogans du mouvement No Justice No Peace.

«  Il y a eu des tensions, explique une militante du lycée de East Des Moines, Jalesha Johnson. Nous voulions montrer que nous étions parfaitement conscients de tout ce qui se passait et que nous n’avions pas l’intention de rester gentiment assis, les bras croisés.  » La plupart de ces jeunes ne sont pas majeurs, ils n’ont donc pas pu voter. Mais ils sentent bien que ce qui vient de se passer aura des répercussions sur le long terme. «  J’ai peur de ce qui pourrait arriver, dit Jordan L. Nous en avons beaucoup parlé à la maison et nous craignons la montée des violences, même dans notre quartier. » Mais ce qui est sans doute le plus désolant pour ces jeunes, c’est de ne pas avoir trouvé en Hillary Clinton leur « champion ». Ils se sentent abandonnés par la politique et pas assez représentés.

Les observateurs redoutaient les tensions du « jour d’après », inquiétudes alimentées par les déclarations de Trump sur les « élections truquées ». Mais aucun d’eux ne semblaient alors imaginer que les protestations ne seraient pas organisées par des Blancs déçus et en colère mais par des jeunes, visages de l’Amérique multiculturelle.

« J’espère que Trump fera preuve d’empathie »

Les écoles des zones urbaines, en particulier dans le Midwest, sont en première ligne dans l’affrontement culturel qui a opposé le grand mouvement de Trump au reste du pays. Ce n’est donc pas un hasard si le recteur de la Drake University a écrit une lettre ouverte à l’attention de ses étudiants : « J’espère que Trump fera preuve d’empathie et s’efforcera de reconnaître la vérité dans les arguments de ses opposants. Et j’espère aussi qu’il s’entourera de serviteurs de l’État compétents. »

On redoute des coupures dans le budget alloué à l’enseignement public et l’augmentation des frais de scolarité, déjà si élevés que les jeunes doivent s’endetter ou renoncer aux études supérieures. D’ailleurs, les premières analyses du vote révèlent que le niveau d’instruction est l’un des signes distinctifs de chaque électorat. Ainsi, selon les sondages effectués à la sortie des urnes par Abc, 67 % de la population blanche sans diplôme a voté pour Trump contre 28 % pour Hillary Clinton. Cette marge n’avait plus été observée depuis les années 80. Et même Ronald Reagan n’avait pas réussi à l’atteindre

 

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