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Face à la crise, 70% des jeunes envisagent de s’installer à l’étranger

Les 18-24 ans ont une vision assez sombre de leur avenir. C’est ce que révèle l’enquête « Génération quoi » de la RTBF et du Soir.

- Journaliste Sciences et Santé Temps de lecture: 7 min

La RTBF et Le Soir ont sondé les 18-34 ans. L’enquête « Génération Quoi » dépeint une jeunesse marquée par les crises (environnementale et économique) qui n’a plus confiance dans les institutions mais continue à croire au couple et à la famille.

1 70 % des jeunes sont prêts à partir pour un meilleur avenir

Les jeunes ont une vision assez sombre de leur avenir en raison de la crise économique et des taux de chômage. Un jeune sur deux (51 %) pense ainsi que, par rapport à la vie de leurs parents, leur avenir sera pire. Et ils ne sont pas plus optimistes quant à l’avenir de leurs propres enfants : 58 % pensent que l’avenir de leurs enfants sera pire encore. Face à cette situation peu engageante, les jeunes sont nombreux à envisager de partir s’installer à l’étranger. C’est le cas d’un jeune sur deux (« un jour peut-être je partirai »). Un sur cinq est même catégorique : « dès que je peux, je me barre de Belgique ! ». Un quart des jeunes interrogés ne souhaitent a priori pas s’installer à l’étranger mais « il faut voir ». Seuls 5 % affirment être trop bien ici que pour vouloir partir à l’étranger.

2 L’environnement est la préoccupation numéro une des jeunes

L’environnement est ce qui préoccupe le plus les jeunes (46 % d’entre eux) devant l’accès à l’emploi (44 %), le système éducatif (36 %) ou encore la crise économique et financière (26 %). Pour les auteurs de l’étude, on voit que « les jeunes s’inquiètent et de la crise écologique et, là derrière, on peut en faire l’hypothèse, de la dégradation de leurs conditions environnementales de vie et de l’avenir du monde. Quand on parle d’une Génération de la crise, on devrait plutôt parler d’une Génération DES crises économique et écologique, notamment ».

3 Pour 56 % des jeunes, le travail est d’abord un moyen de gagner de l’argent

La génération Y est souvent décrite comme cherchant à s’épanouir dans le travail. Le choix des études s’inscrit aussi dans cette philosophie. Et pourtant, les jeunes qui se sont exprimés dans cette étude affirment que le travail est avant tout un moyen de gagner de l’argent (56 %). 43 % voient le travail comme un moyen de s’épanouir personnellement. Les chiffres varient cependant en fonction du niveau de formation des jeunes. Un jeune diplômé du supérieur sur deux (53 %) associe le travail à l’épanouissement tandis que pour les ouvriers par exemple, le travail est largement (pour 73 %) un moyen de gagner de l’argent.

4 82 % pensent que l’école ne prépare pas efficacement au monde du travail

Le regard posé par les jeunes dans cette enquête sur l’école est assez sévère. Elle est qualifiée d’inégalitaire : 63 % des personnes interrogées pensent que l’école ne donne pas sa chance à tous. Les filles sont plus nombreuses à le penser (66 %) que les garçons (60 %). Enfin, l’école est aussi jugée inefficace pour préparer au monde du travail. Seuls 2 % des jeunes trouvent que l’école est « tout à fait » efficace à ce niveau-là. Notons encore qu’un jeune sur trois s’est senti seul durant sa scolarité. Un sur quatre a souffert durant cette période de la vie.

5 58 % pensent que les générations précédentes sont responsables de leurs difficultés

Crise écologique, crise économique, les jeunes sont bien conscients de vivre dans un monde troublé. On l’a vu les jeunes pensent que leur vie future sera moins bonne que celle de leurs parents. Et que la vie de leurs propres enfants sera pire encore. Pour eux, les générations successives sont marquées par un déclin successif. Et en ce qui concerne les problèmes que les jeunes connaissent actuellement, les responsables sont les générations précédentes. C’est ce que pensent 58 % des personnes sondées. Seule note positive, plus de la moitié des jeunes interrogés (57 %) pensent qu’ils connaîtront autre chose que la crise durant leur existence.

6 8 jeunes sur 10 sont favorables à un service civil obligatoire

L’école ne prépare pas suffisamment au travail. Et les politiques n’ont plus la confiance des jeunes : seuls 10 % ont plutôt ou tout à fait confiance en eux. 50 % des jeunes pensent que presque tous les hommes politiques sont corrompus. Et 48 % que quelques-uns le sont. Les institutions religieuses, les médias, les syndicats, la justice ou encore l’Europe n’obtiennent pas non plus la confiance des jeunes. Les institutions qui obtiennent davantage de crédit sont : les organisations humanitaires, l’armée et la police. En quatrième place vient, paradoxalement à ce qui a été dit plus haut, l’école. La confiance dans les ONG est confirmée par ce chiffre : 80 % des jeunes sont pour la création d’un service civil obligatoire. Tandis que quatre jeunes sur dix sont favorables au retour du service militaire obligatoire.

7 8 jeunes sur dix ont au moins un ami dans un autre pays européen

On les décrit régulièrement comme la génération Erasmus. Et pourtant, lorsqu’on les questionne sur leur identité, l’appartenance à l’Europe ne vient pas en tête des réponses. Loin de là. Ils se sentent avant tout appartenir à leur pays (37 %), au monde (32 %) ou à leur ville ou région (8 %). Le sentiment d’appartenance à l’Europe n’a été exprimé que par 8 % des sondés. Par contre, lorsqu’on leur demande s’ils se sentent européens, ils répondent majoritairement (68 %) par l’affirmative. Il y a donc bien une relation ambiguë à l’Europe qui est avant tout perçue à travers la monnaie unique. La mobilité qu’elle favorise tant pour les études que pour le travail ou les voyages est également mise en avant (48 %). Suivent de très près le gaspillage d’argent que représentent pour eux les institutions européennes (43 %) et la diversité culturelle. Enfin, 8 jeunes sur dix ont au moins un ami dans un autre pays européen. Sans surprise, c’est parmi ces jeunes que le sentiment européen est le plus marqué.

8 3 jeunes sur quatre ne pourraient pas vivre sans livres

Qu’est-ce qui rend les jeunes heureux ? Non, ce ne sont pas forcément les GSM, Internet et le sexe. Un peu à la manière du « si tu devais partir sur une île déserte et n’emporter que trois choses, quelles seraient-elles ? », il a été demandé aux jeunes s’ils pouvaient vivre heureux sans… Résultats : ils ne pourraient pas être heureux sans amis (90 % l’affirment). Juste derrière (89 %) viennent la musique et l’amour (88 %). Pour compléter le top 5, citons le sexe (76 %) et… les livres (75 %) ! Ce dernier choix vient questionner les préjugés qui collent généralement à cette génération Y aussi appelée génération connectée. En effet, le cinéma ne vient qu’après (62 %), de même qu’Internet (53 %). Le téléphone portable est, lui, complètement à la traîne avec seulement 39 %. Concernant les livres, on observe une différence entre les femmes et les hommes. Elles sont 82 % à ne pas s’imaginer heureuses sans livres contre 68 % des hommes.

9 4 jeunes sur dix pourraient être heureux sans fonder une famille

Le mariage n’a plus la cote chez les jeunes : seuls 35 % en rêvent encore. « Ce n’est pas pour moi », affirment un tiers des sondés (32 %) alors que pour un autre tiers (33 %), le mariage est juste « un bout de papier ». Cela ne signifie pas pour autant la fin du couple. Ainsi une majorité des jeunes y croit encore. Les relations amoureuses sont importantes pour un peu plus de la moitié des jeunes (54 %) et même primordiales pour un jeune sur cinq (21 %). Le couple est défini comme un engagement renouvelé au quotidien (44 %) ou la condition sine qua non au bonheur (35 %). Et la fidélité est indispensable dans le couple (pour 76 % des jeunes). Enfin, le fait de fonder une famille reste important pour les jeunes même si un jeune sur quatre affirme pouvoir être heureux sans avoir réalisé cela. Le profil des jeunes interrogés a un impact sur ce dernier point : les jeunes au chômage ou en contrat à durée déterminée sont plus nombreux à envisager un avenir sans enfant que les autres.

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10 4 jeunes sur 10 ont déjà fait l’amour avec un inconnu

76 % des jeunes n’imaginent pas être heureux sans le sexe. Mais de quelle sexualité parle-t-on ? On dit que leur génération est décomplexée sexuellement, qu’ils bénéficient de la révolution sexuelle des années 60. L’enquête montre que « le plan cul » est considéré comme « impossible, jamais le premier jour » par un jeune sur trois alors que 60 % y voient une « rencontre qui se termine au lit, sans prise de tête ». Au niveau des pratiques sexuelles, 90 % des jeunes se masturbent ou l’ont déjà fait. Parmi eux, 16 % affirment qu’ils l’ont déjà fait mais que ça ne les intéresse plus. Près de la moitié des jeunes (49 %) ont déjà fait l’amour dans un lieu public et 4 jeunes sur 10 ont déjà fait l’amour avec un inconnu. Les pratiques tels que l’amour à plusieurs, le sado-masochisme ou l’échangisme restent marginales. L’amour à plusieurs est toutefois un fantasme (« j’ai envie d’essayer ») pour un jeune sur trois.

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