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Les parents sont-ils angoissés pour l’avenir de leurs enfants?

64 % des jeunes pensent que leurs parents sont inquiets pour leur avenir. L’avis des parents n’est pourtant pas aussi tranché.

- Journaliste Sciences et Santé Temps de lecture: 4 min

Les parents jouent un rôle important pour leurs (grands) enfants : que ce soit pour leur construction personnelle ou, si nécessaire, un soutien financier. C’est ce qui ressort de l’enquête « Génération Quoi ? ». Peut-être cette grande implication des parents est-elle due à une angoisse de leur part ? Angoisse par rapport au parcours scolaire de leurs rejetons ou au fait qu’ils puissent trouver un travail et s’en sortir. Parmi les jeunes sondés, 64 % estiment que leurs parents sont angoissés pour leur avenir. Ce chiffre varie, chez les travailleurs, en fonction du type de contrat : 69 % des indépendants et des personnes en CDD contre 53 % des jeunes ayant un CDI. Les chômeurs, eux, sont très majoritairement (88 %) persuadés que leurs parents s’inquiètent pour eux.

« J’ai effectivement l’impression que mon père s’inquiète », confie Adèle, une étudiante de 20 ans. « Je sais qu’il met des choses en place pour plus tard et qu’il ne nous laissera pas tomber. Par exemple ma sœur, qui a 27 ans, a dû s’acheter une voiture. Au lieu d’emprunter la somme à une banque, elle s’est tournée vers mes parents. Donc même à 27 ans, on compte encore sur papa et maman », sourit-elle.

« Mes parents s’inquiètent de savoir si je vais trouver du travail, déclare pour sa part Mathilde. Ils se renseignent de leur côté pour savoir s’il y a des places qui se libèrent. De même quand je me suis mise en ménage, ils étaient un peu inquiets mais ils ont vu que ça se passait bien. Ils sont là pour me guider dans certains choix importants mais pas pour les faire à ma place. » Mathilde a 23 ans. Elle a fait des études pour devenir institutrice maternelle.

Son frère, Augustin, 18 ans, est en première année d’ingénieur civil. Lui n’a pas l’impression que ses parents s’inquiètent pour son avenir : « ils savent que je m’arrangerai pour trouver du boulot. Ils doivent se dire que ce sera plus dur pour nous que pour eux dans la vie mais de là à s’inquiéter, je ne crois pas. Je ne ressens pas d’inquiétudes de leur part en tout cas ».

« Je crains que leur vie soit moins facile que la nôtre »

Guy, le père d’Adèle, avoue être (ou avoir été) parfois inquiet concernant la scolarité de ses quatre enfants parce que leur parcours n’a pas toujours été rectiligne. En revanche, il ne se fait pas trop de soucis concernant leur avenir professionnel. « J’ai étudié les romanes et le journalisme à la fin des années 70, début 80. On disait alors qu’il n’y avait pas de débouchés pour ces filières. Or, je n’ai jamais chômé un jour depuis la fin de mes études. Je me dis que mes enfants sont assez souples intellectuellement pour s’en sortir. Par leur capacité à s’adapter, individuellement, ils s’en sortiront. Est-ce que la société évolue dans le bon sens ? Ça, c’est un autre débat. Je crains que leur vie soit moins facile que la nôtre : ils n’auront pas tous les avantages de l’État providence qu’on a pu avoir. Cela dit, je n’en ai jamais eu besoin. Autre différence : dans notre génération, on pensait que le progrès allait tout régler et on ne parlait pas de problèmes environnementaux. Je pense que nos enfants sont plus lucides que nous. Mais cela ne veut pas dire que leur vie sera moins belle », estime Guy.

Nathalie, maman de trois enfants (dont Mathilde et Augustin) n’est pas inquiète non plus. « Je pense que dans leur secteur (droit et ingénieur civil), les deux derniers trouveront du boulot. Je m’inquiète un peu plus pour Mathilde parce que c’est bouché mais je pense qu’elle va finir par trouver ». Étant elle-même institutrice maternelle, c’est plutôt sur la profession elle-même qu’elle porte un regard inquiet et particulièrement sur l’évolution des enfants et des parents ; plus difficiles à gérer qu’auparavant. Ce qui la tracasse aussi, c’est la société : « les attentats, les décisions que le gouvernement belge prend, l’élection de Donald Trump qui aura sûrement des répercussions chez nous ou encore les licenciements collectifs. Mes enfants sont conscients de tout cela mais à la maison, on essaye plutôt de se concentrer sur le positif pour qu’ils puissent mener leur petit bout de chemin ».

Mustapha, lui, a six enfants âgés de 12 à 30 ans. « Angoissé est un mot très fort », réagit-il. « Si je devais m’angoisser à chaque fois qu’un rentre tard ou autre, je n’en finirais pas. Je pense qu’il faut outiller ses enfants pour qu’ils abordent la vie de façon sereine. Mon père m’a toujours dit qu’il avait parcouru 3.000 kilomètres pour trouver du travail et que mes enfants en feront 10.000. Moi je viens d’une famille nombreuse (12 enfants). Mes parents étaient pauvres. Ils ont pris la responsabilité de faire des enfants et de leur transmettre des valeurs. Finalement, nous avons une vie meilleure que la leur. Et je ne pense pas que mes enfants aient une vie moins bonne que la mienne », assure Mustapha.

 

Des jeunes très proches de leurs parents

Sept jeunes sur dix ont une vision positive de leurs relations avec leurs parents.

Temps de lecture: 2 min

M es parents et moi on s’entend super bien », clame Adèle, 20 ans. « Ils sont encore ensemble, cela joue peut-être », avance-t-elle. Mais la réussite de sa relation avec ses parents tient aussi à la communication. « On parle beaucoup. Durant la semaine, on se tient au courant, on s’envoie des photos… », raconte la jeune femme. Adèle étudie à Namur mais revient chez ses parents à Mouscron tous les week-ends. « Sinon, ils me manquent trop, confie-t-elle. Je ne sais pas si c’est exceptionnel comme situation. »

À en croire l’enquête « Génération quoi ? » Adèle n’est pas une exception. 51 % des jeunes interrogés affirment que leurs relations avec leurs parents sont « cool ». Pour 19 %, elles sont même qualifiées d’« idéales ». Au total, sept jeunes sur dix ont donc une vision positive de leurs relations avec les parents. Seuls 4 % les jugent « inexistantes » et 4 % « hypertendues ».

Le niveau d’études des jeunes a une légère influence sur ces relations. Au plus le niveau est élevé, au plus les relations sont bonnes.

Les jeunes estiment de manière très majoritaire (83 %) que leurs parents les soutiennent dans leurs choix. C’est le cas d’Adèle : « par exemple, l’année dernière j’ai arrêté mes études de vétérinaire pour entamer une formation d’infirmière. On en a beaucoup parlé. Ils voulaient comprendre cette décision. Je suis super contente de voir qu’ils m’ont soutenue ».

Mathilde, 23 ans a fait des études pour être institutrice maternelle. Pour l’instant, elle est en recherche d’emploi. « Je m’entends bien avec eux et je suis sûre que je peux toujours compter sur eux en cas de besoin. Leurs conseils me sont utiles car ils sont passés par là avant : ils peuvent donc me conseiller sur la vie en couple ou sur comment trouver un travail », pense la jeune femme.

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