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Primaires: Droite 1 - Gauche 0

La droite républicaine s’offre avec cette primaire un triomphe incontestable. Et la gauche dans tout ça ?

Rédacteur en chef Temps de lecture: 3 min

Ce n’est pas un succès, c’est un triomphe.

Un triomphe incontestable, d’abord, pour la droite républicaine. C’était la première fois qu’elle se pliait à cet exercice bien particulier de la primaire, exercice presque contre-nature pour un parti très souvent habitué à suivre un chef charismatique. Et cette première s’est transformée en énorme succès : plus de quatre millions de votants deux dimanches d’affilée, une campagne plutôt digne (à part quelques dérapages regrettables dans la dernière ligne droite) et un résultat net, clair, probant, qui permettra aux Républicains d’aborder la campagne présidentielle en position de force.

Un triomphe personnel et tout aussi incontestable, ensuite, pour un homme sorti non pas de nulle part, mais d’une grisaille de laquelle on pensait qu’il n’émergerait jamais. François Fillon, Premier ministre quasi invisible de Nicolas Sarkozy pendant 5 ans, puis candidat malheureux à la présidence du parti, a dribblé tous ses concurrents et tous les observateurs (la plupart des médias français se demandaient, il y a à peine un mois, si Juppé avait déjà gagné la primaire…) pour incarner aujourd’hui une droite qui s’assume, une droite libérale au niveau économique, conservatrice au niveau sociétal. Personne n’attendait Fillon, et pourtant ce matin, l’ex- « Monsieur Nobody » apparaît comme le favori de l’élection présidentielle, balayant les deux hommes forts de la droite depuis 10 ans, Sarkozy et Juppé… Et, vu l’ampleur incroyable de sa victoire, Fillon va être au centre de toute la campagne, l’homme face auquel tout le monde va devoir se positionner : Marine Le Pen, qui n’a pas manqué de l’attaquer violemment dès dimanche soir, mais aussi Emmanuel Macron et même… François Bayrou, qui pourrait tenter une fois encore la carte du centre.

Et la gauche, dans tout cela ? Que dire… sinon qu’elle semble foncer droit dans le mur avec le pied sur l’accélérateur. François Hollande est au sommet de son impopularité, mais devrait annoncer sa candidature cette semaine. Alors que Manuel Valls a accordé une interview surréaliste au Journal du Dimanche où il explique qu’il se prépare, après avoir joué la carte de la loyauté pendant des mois. On ne se souvient pas d’un tel antagonisme entre un Président et un Premier ministre d’un même parti. Ça promet, pour les derniers mois du quinquennat.

En 2011, la primaire de la gauche avait permis de créer une véritable dynamique autour de François Hollande, lui aussi parti de nulle part pour arriver finalement à l’Elysée.

Cinq ans plus tard, la gauche semble en lambeaux. Peut-être la personnalité clivante de Fillon lui permettra-t-elle de se ressouder autour de ses valeurs. Mais avec quel capitaine pour lui apporter du souffle et de la cohérence ?

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